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4 Mon départ pour Paris :—Rochester. Cantorbéry, Ë Douvres, Calais, Boulogne, Montreuil, Abbeville,
Beauvais, Beaumont-sur-Oise. Saint-Denis, Paris. —Hôtel Voltaire. —Fètes de juillet.—Le Louvre, le Carrousel, les Tuileries et ses jardins, la Place de la Concorde et les monuments qui l'environnent,
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Je voulais assister à la dernière partie des fêtes qu’on allait donner à Paris pour célébrer l'anniversaire de la révolution de l’année précédente ; mais je me mis trop tard en route comme on va le voir.
(t} Le Chap. IT est fondu dans le Chap. précédent. (Notes des Editeurs.)
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Pour voyager en France il faut avoir un passeport de son ambassadeur. Sans que vous vous en aperceviez, et dans un clin d'œil, son secrétaire a décrit votre personne. Ïn ouvrant mon passeport je me trouvai ainsi dépeint: Taille 5 pieds à pouces anglais, âgé de 22 ans, cheveux châtains, front haut, sourcils et veux “hâtains,nez moyen, menton rond, visage ovale, teint brun. Lorsque je retournai à Paris l’année suivante, mon signalement avait deux variantes ; j'avais les cheveux noirs et les yeux gris. Peut-être cela pouvait-il être attribué à l’état plus ou moins clair ou plus ou moins voilé du ciel brumeux d’Albion.
Des centaines de stages partent tous les jours de Londres pour toutes les parties de l'Angleterre, Ce sont de grands carrosses tirés par quatre chevaux à grandes guides, qui font ordinairement
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trois lieues à l'heure. Je montai à heures du matin, le 26, dans celui de Douvres. Je pris un siége à l'extérieur afin de mieux voir la campagne : nous lâchâmes nos chevaux et à trois heurvs de l'après-midi nous arrivions sur la Manche. Les relais sont fréquents sur la route. Le pays que nous avions traversé, accidenté ça et là, était parsoiut de villes, de villages, de châteaux et de maisons de plaisance. Les champs me parurent partout magnifiques. [ls sont entrecoupés de haies vives et d'arbres dont la tente vert foncé augmente encore les grâces du tableau. Une culture soignée. l'air de propreté et de richesse qui régnait partout, avaient pour moi d'autant plus de charme, que je venais de passer six à sept semaines sur la mer ou dans les rues enfumées de Londres.
Nous avions traversé Rochester et
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Cantorbéry, Cantorbéry cette ancienne ville, dont l’archevêque est le primat de tous les prélats de l'Angleterre, et le premier pair du royaume après les princes du sang. Silencieuse et grave malgré quelques manufactures. elle me parut avoir conservé cet air épiscopal qui re répandait sur les mœurs et la civilisation, lorsque la crosse faisait trembler l'épée des princes et des nobles jusque dans les châteaux crénelés du moyen-âge. La cathédrale que je pus aller voir un instant, est à tout prendre un superbe monument gothique, dont la construction remonte à Langfranc, premier primat d'Angleterre après la conquête. Elle à 360 pieds de longueur, et la nef principale en à 80 de hauter. Trois tours quarrées, dont deux massives à la façade, donnent à l'extérieur une apparence très imposante quoique l’une d'elles soit inachevée.
La grande fenêtre est ornée des plus
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beaux vitraux coloriés du royaume. L'on trouve dans cette église des monuments au prince noir, à Henri IV, à sa femme, au cardinal Pole, et à plusieurs autres grands personnages.
est dans lu cathédrale de Cantorbéry que l'archevêque Thomas Becket fut assassiné au pied de l’antel de Saint- Bénédict, par Guillaume de Tracey, Hugues de Moraville et autres, sur l’odre de Henri II. La querelle provenait de la rivalité entre le pouvoir civil et le pouvoir religieux. Le roi fut obligé par le pape de se soumettre sans condition, de mener une armée en terre Sainte, et d'aller pieds nus, habillé en pèlerin, à la tombe de Becket pour être battu de verges par les moines. Tous ceux qui étaient présents lui donnèrent de trois à cinq coups ; il coucha une nuit sur la terre nue au pied du mausolée.
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Malgré son antiquité, la ville n'avait en 1831, qu'une population de douze à quinze mille âmes. Elle doit sa grande renommée à son université, la plus riche peut-être du royaume, et la plus fréquentée par la noblesse.
Douvres n'a de remarquable que es falaises qui ressemblent à celles sur lesquelles la citadelle de Québec est assise, et ses vieilles fortifications qui en couronnent le sommet et qui couvrent un espace de trente-cinq acres. Ce sont des ouvrages romains, saxons, français,
hérissés de tours qui portent encore des
noms normands.
On trouve dans la ville qui est au pied du Cap, des bains, un théâtre et une salle d'assemblée. Le grand nombre de voyageurs qui vont en France alimentent le commerce des habitants.
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Le 27, je traversai sur le paquebot le Courrier, à Calais où je couchai. J'avais hâte de fouler cette vieille terre de France dont j'avais tant entendu parler par nos pères, et dont le souvenir se prolongeant de génération en génération, laisse après lui cet intérêt plein de tristesse qui a quelque chose de l'exil.
Je parcourus une partie des rues, dans
lesquelles je me reconnaissais à chaque :
pas dans le style des maisons et la physionomie des habitants. La langue que j'entendais parler me rappelait aussi des compatriotes, quoiqu'à travers la similitude des grands traits, je découvrisse quelques variantes dans les détails, qui iront probrblement en augmentant.
Le grasseyment général me paraissait quelque peu étrange. On sait, du reste, que la prononciation populaire varie dans plusieurs parties de la France, et