‹ Voyages, relations et mémoires originaux pour servir à l'histoire de la découverte de l'Amérique, publiés pour la première fois en français (volume 2)Chapitre 20 sur 25 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Rfetour à Goro.

Quand le gouverneur eut appris notre arrivée , et que nous avions beaucoup de blesses et de malades 9 il nous ordonna de nous diriger sur-le-champ vers Coro , dont nous étions encore à soixante-cinq milles, en suivant le bord de la mer. Le pays était ha^ I. i4

2 I O RELATIOX

bité pai^ les .Caquetios , nos alliés , comme je lai dit plus haut : ils nous firent partout un excellent accueil , et nous donnèrent ce qu'ils avaient de meilleur. Je fis embarquer les plus faibles et les plus malades sur deux canots, c'est ainsi que l'on nomme les bateaux des Indiens : je les envoyai par mer à Coro , afin de leur procurer plus vite les secours dont ils avaient besoin et je me mis en marche avec le reste, par la route de terre. Nous fîmes alliance avec une nation que nous rencontrâmes : elle habite la montagne et se nomme Atycares , elle est confédérée avec deux villages de Caquetios : elle nous fit quelques présents.

Enfin, le 17 mars i53i, nous arrivâmics sains et saufs à Coro , où je trouvai le gouverneur.

Nous fîmes d'abord, comme on l'a vu, Un v^y^gç 4^ soixante-dix milles, et nous visitâmes les natioqs Xidebaras, Ayamanes et Xaguas ; de là, dans les plaines, les Caquetios , Içs

PK FËDERMANN. 211

Cuybas et les Guayacaries,etnous allâmes ju$qu'$iu dernier village de ceux-ci , ce que j'estime environ cinquante milles en droite ligne. Pendant tout ce temps, nous nous dirigeâmes constamment vers le midi. D'ftabana nous revînmes par le même chemin jusqu'à Variquecemeto; nous traversâmes le territoire des Caquetios , de la vallée de Vararida ; puis celui des Cyparicotes jusqu'au village de Xaraxaragua (i), situé ^ sur la mer du Nord, à trente-cinq milles de ce Variquecemeto : <fe là à Coro on en compte soixante-cinq. Voilà toute la route que nous avons faite , en ajou-

(i) Federmann veut sans doute parler de Xaragua dont il est question, page 206. On observera qu il y est dit que cet endroit est à quatre-vingts milles de Coro ( achtzig meilen ), et qu'ici l'auteur indique une distance de soixante-cinq milles {JUnffund schechtzig) ; mais cette différence est une des nombreuses erreurs que la négligence de l'éditeur allemand , ou peut-être un respect mal entendu pour le texte de Federmann, ont laissé subsister dans cet ouvrage. Quant à nous, nous avons cru devoir restituer les passages erronés et nous l'avons fait avec réserve. Nous avons orthographié les noms propres comme Federmann , avec cette seule différence , cependant , qu'il varie presque à chaque page , et que nous les avons écrits constamment de même.

2t2 RELATION DE FEDERMANN.

tant encore douze milles depuis Coro jusqu'au territoire des Xidéharas. Depuis là, jusqu'à notre arrivée à Martinico , tout le pays que nous traversâmes n'avait encore été visité par aucun chrétien.

Page 1