‹ Voyages, relations et mémoires originaux pour servir à l'histoire de la découverte de l'Amérique, publiés pour la première fois en français (volume 3)Chapitre 31 sur 75 · CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV

Les Indiens sont d'une yigilance extrême pendant la guerre.

De toutes les nations que j'ai vues au monde, aucune ne montre autant de prudence qu eux, lorsqu'ils craignent d'être attaques. Ils sont sur pied toute la nuit, ils ne quittent point leur arc , et sont munis d'une douzaine de flèches : même lorsqu'ils dorment , ils ne

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les laissentpas, et si leurs arcs ne sont pas bandés, du moins ils les tiennent toujours prêts à l'être. Souvent ils sortent de leur cabane en se courbant vers la terre ^ de iaçon à ne pas être yus; ils regardent et ils écoutent de tous côtés pour observer ce qui se passe. Aussitôt qu'ils entendent le moindre bruit , tous sont sur pied avec leurs arcs et leurs flèches; ils courent ainsi pendant la . nuit entière de côté et d'autre, où ils pensent pouvoir trouver leurs ennemis. Lorsque le jour arrive , ils détendent leurs arcs jusqu'au moment où ils se mettent en campagne. Les cordes dont ils se servent sont faites avec des nerfs de cerfs. Us combattent baissés à terre , et ils tirent leurs arcs en parlant et en sautant à droite et à gauche pour éviter \eé fléchée de l'efnnefni, ri bien que les arbalète» c^l les arquebuses leur foBijyeu de dommage^ et ifiême le$ Indiens en font un sujet de plaitontei^ie. iuissi qes aartms sontt'ieUeà fort peu utile» qontro eirtxi dans te^plainiert^où ilft sdiitAîsràniné»/ Ce» 9fmQ& fie

d'alvar nunez gabeça de yaga. 193

sont bonnes que dans les défilés et dans les endroits où il y a de l'eau : dans tout autre circonstance il n'y a que les chevaux qui puissent les vaincre; tous en ont la plus grande frayeur* Ceux qui voudront les combattre devront faire la plus grande attention de ne laisser apercevoir ni faiblesse ni la moindre avarice , et pendant toute la guerre de ne pas les épargner, car si les Indiens s'aperçoivent que l'on ait la moindre crainte, ou que Ton veuille prendre ce qu'ils ont, ils savent saisir l'occasion pour se venger, et ils profitent du manque de courage de leurs ennemis.

Lorsqu'après s'être battus à coups de flèches, ils manquent de munition , chaque ar mée s'en va de son côté sans être poursuivie par l'autre , quand bien même l'une se rait considérable et l'autre en petit nombre. Souvent les flèches leur percent le corps d'outre en outre sans qu'ils meurent de leur blessure. A moins qu'ils ne soient frappés dans les 7. i3

> DALVIR >'L>'£Z CABEÇA M 'AU.

.1.. .Li au ccBur, ils guérissent ti-ef-ritc. . . .cut et ils entendent beaucoup niipiu v.'U te autre nation : leur odorat esi uusà . .u» par&it. Us supportent trés-aisemeni la laïui , la soif et le froid , aucun peuple s étant plus qu'eux accoutumé à la misère Jii voulu rapporter tout cela, parce que doqseulement les hommes désirent conoaiti-e jiar curiosité les mœurs des autres peuples et la manière de combattre , mais aussi parce que, dans certaines circonstances, il peut nous être fort utile d'être instruits des mœurs et des ruses de guerre des peuples cbec lesquels nous nous trouvons.

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