‹ Voyages, relations et mémoires originaux pour servir à l'histoire de la découverte de l'Amérique, publiés pour la première fois en français (volume 3)Chapitre 8 sur 75 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Nous arrirons à la Floride.

Le même jour, le cotitador Alotizo Enrriquez débarqua dans une ile située dans la même baie. Il appela les Indiens : ceux-ci restèrent avec lui assez longtemps, lui donnèrent en échange du poisson et quelques pièces de viande de cerfs. Le lendeipain , c'était le v^^

dredi-saint, le gouverneur débarqua avec le plus de monde qu'il put faire entrer dans les chaloupes. Quand nous arrivâmes aux bio- • hios ou cases dindiens que nous avions aperçus, nous les trouvâmes abandonnés, car les habitants s'étaient enfuis la nuit même dans leurs canots. Un de ces buhios était si grand , qu'il pouvait contenir plus de trois cents personnes : les autres étaient moins vastes ; nous v trouvâmes une clochette en or parmi des filets. Le lendemain, le gouverneur planta l'étendard royal , puis il prit possession du pays au nom de votre majesté :

il donna connaissance de ses lettres de nomination, et on le reconnut pour gouverneur du roi en vertu de ces oixlres. Nous-mêmes nous fîmes lire les nôtres en sa présence , et il les reconnut suivant leur teneur. Après quoi il donna Tordre de débarquer et de faire mettre a terre les quarante^eux chevaux qui nous étaient restés : la longue traversée et les gros temps avaient fait pôîr les autres. Ces che-

DALYAR MUNEZ GABEÇA DE VAGA. 25

vaux étaient si malades et si faibles qu'ils ne pouvaient nous être d'une grande utilité pour le présent. Le lendemain les Indiens du village vinrent nous trouver : ils nous parlèrent ; mais , comme nous n'avions pas d'interprètes , on ne les comprit pas. Ils nous firent des signes et des menaces , et nous crûmes qu'ils nous disaient de sortir du pays ; cependant ils nous quittèrent sans commettre aucun acte de violence.

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