DE L’ÉDITEUR FRANÇAIS
La relation d’Hans Staden, dont nous donnons aujourd hui la première version française, parut en allemand à RJarboure, en 1 55*, petit iii-40. De Bry la fit traduire en latin, et 1 inséra dans la collection des grands voyages, dont elle forme la troisième partie. Elle lut publiée, pour la première fois, par Jean Eychman, professeur de médecine à ! u~ Diversité deMarbourg, qui, selon ! usage du
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PRÉFACE
temps, avait pris le nom de Dryander. 11 la lit précéder d’une longue préface, plus savante qu’utile, et que je n’ai pas cru devoir conserver, parce quelle ne contient aucun renseignement important pour nous. Cette édition allemande, dédiée à l’électeur de Hesse, est ornée de figures en bois, très-curieuses et assez bien exécutées; elle est de la plus grande rareté, et n’a pas été inutile à Jean de Léry,qui
en parle en ces termes:
« Et faut que j’adjouste encores ici , pour le
contentement des lecteurs et confirmation de tout ce que j’ai traitté en ceste histoire , qu estant à Basle en Suysse , au mois de mars x 586, M. le docteur Félix Platerus , personnage rare par son savoir et amateur de toutes singularitez , dont il a scs salles, chambres et cabinets parez, tant de choses naturel les qu artificielles comme j’ai veu : apres ni avoir lait un très bon accueil en sa maison des plus
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DE LÉ I ) I T E U h F R A JJC C A i S .
belles qui soyent en la dite ville, lui et moi ayons discouru bien au long de mon voyage en Amérique, dont il avait Fliistoire imprimée, il m’a dit que, Savant conférée avec ce que Jean Siaden , Allemand de nation , qui avoit esté fort long temps en ce pays là, en avoit escrit, il trouvoit que nous nous convenions très bien en la description, et façons de faire des sauvages amériquains : et là-dessus me bailla le livre dudit S laden,- figuré et imprimé en allemand , à la charge . tontesfois (pour ce qu’il s’en recou vroit: malaisément), que je lui renvoyerois, comme je fis après que Théodore Turquet, Seigneur de Mayerne, qui entend fort bien la langue alemande (et qui est aussi verse en toute bonne science), le m’eust traduit en françois, au moins la plus grande partie, et les principales matières qui y sont traittees. Ce que je leu avec le plus grand plaisir, pour ee que Jean Sta-
PREFACE
den, qui a esté environ huict ans, en ce pays là, en deux voyages qu’il y a faits (car, comme il l’a dit, il partit.au premier 1 547et revint en 1 555. , la même annee que Villegagnon s’embarqua pour y aller; et deux
ans avant que nous y arrivissions) , ayant esté détenu prisonnier plus de six mois par les Tououpinambaoults qui Font voulu manger plusieurs fois, mesme ceux que j’ai cognus depuis, nom par nom, aux environs de la rivière de Geneure , qui estovent nos alliez et ennemis des Portugais, avec lesquels Jean Staden estoit quand il fut prins, comme il les descrit, je remarquai qu’il en parloit du tout à la vérité; bien aise aussi que je fus, de ce qu’ayant mis mon histoire en lumière, plus de huict ans avant que j’eusse jamais ouv parlei
de Jean Staden , moins qu’il eust voyagé en Amérique , je vis que nous a\ ions si bien rencontré en la description des Sauvages bré-