‹ Voyages, relations et mémoires originaux pour servir à l'histoire de la découverte de l'Amérique (volume 5)Chapitre 26 sur 96 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

Comment mes deux maîtres vinrent me trouver pour m’annoneer qu ils m avaient donné à un de leur amis, qui devait me garder, et me tuer quand le temps serait venu de me mander

Je ne connaissais pas alors les usages des Indiens comme je les ai appris depuis, et je pensais qu on allait me tuer, quand je vis arriver mes deux maîtres, dont l’un se nommait

/ eppipo JVasu , et l’autre , qui était son frère, dlkindar Mi ri. Ils m’annocèrent qu’ils m’a-

voient donné, comme marque d’amitié, au frère de leur père, Ipperu JVasu , pour qu’il me gardât et me tuât quand je devrais être mangé, ce qui illustrerait son nom; car l’année précédente, Ipperu IVasu avait aussi fait un prisonnier, et l’avait offert par amitié à A Ikindar Miri , qui l’avait assommé, et s’était rendu célèbre par ce moyen. C’est pourquoi celui-ci lui avait promis de lui donner à son tour le premier prisonnier qu’il ferait, et ce fut moi.

Ils ajoutèrent ensuite : Les femmes vont te conduire Aprassé. Je ne compris pas alors ce mot, mais il veut dire danser. Ils me condui-

sirent donc hors de la hutte et sur la place , en me tirant par la corde que j’avais au cou. Toutes les femmes qui étaient dans les sept cabanes vinrent s’emparer de moi , et les hommes nous laissèrent. Les femmes m’entraînèrent, me prenant les unes par les bras,

ment, que j’avais de la peine à respirer. Je ne

savais pas ce quelles voulaient faire de moi ; mais je me consolais en pensant aux souffrances de Notre Seigneur Jésus-Christ, et à a manière dont il avait été traité par les juifs. Elles me conduisirent ainsi devant la cabane lu roi, qui se nommait Vratinge TVasu , c’esti~dire le Grand Oiseau Blanc; elles me coudèrent sur un grand tas de terre qui se trouait devant la porte. Croyant que ma dernière leure était venue, je regardais de tous côtés >our voir si on n’apportait pas Ylwera pemme\ est ainsi qu on appelle l’espèce de massue vec laquelle on assomme les prisonniers. Une ?mme s’approcha alors avec un morceau de ristal attaché entre deux baguettes , et me asa les sourcils; elle voulut aussi me couper i barbe, mais je 1 en empêchai en disant que ; \oulais mourir avec ma barbe. Elles réponirent qu elles ne voulaient pas encore me iei , et consentirent à me la laisser. Cepenant, quelques jours après, elles me la couvrent avec des ciseaux que les Français leur raient donnés.

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