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CHAPITRE XXf

Comment je fus traité parles sauvages le jour où ils arriTèrent à leur village.

Le lendemain vers le soir nous arrivâmes à leur village , à peu près à l'heure des vêpres, car cet endroit est situé à trente milles de Brikioka, où j'avais été pris. Ce village, qui se nommait Uwattibi, n'était composé que de sept cabanes ( i ). Nous abordâmes sur une

(i) H faut remarquer qu'il s'agit de grandes cabanes

pointe de terre , près de laquelle leurs femmes étaient occupées à travailler dans des champs de racines qu'ils nomment , mandioha et elles en arrachaient ; on me força de leur crier : A Junesche been ermi pramme ; Voici otre nourriture qui vous arrive.

Quand nous fûmes à terre, tous, jeunes et vieux , quittèrent les cabanes qui sont situées sur une colline, pour venir me regarder. Puis les hommes s'en allèrent dans leurs demeures avec leurs arcs et leurs flèches , me laissant à la garde des femmes , qui me prirent au milieu d'elles. Quelques-unes marchèrent devant et d'autres derrière, en dansant et en chantant la chanson qu'ils ont l'habitude de chanter à leurs prisonniers quand ils veulent les dévorer.

Quand je fus arrivé à Wwara, ou à l'espèce de retranchement qu'ils font autour de

communes, dont chacune contenait plusieurs familles, déserte qu'un village de sept cabanes était assez populeux.

DE IIANS STADEN. lOI

leurs cabanes , qui consiste en fortes pièces de bois et ressemble à une palissade, ces femmes tombèrent sur moi , m'accablèrent de coups , m'arrachèrent la barbe , en disant dans leur langue : Sche innamme pepike a e. Je te bats au nom de mon ami qui a été tué par les tiens.

Ils me conduisirent ensuite dans une cabane , et me couchèrent dans un Inni , où les femmes recommencèrent à me battre et à me maltraiter, disant qu'elles me mangeraient bientôt.

Pendant ce temps, les hommes étaient rassemblés dans une autre cabane , et buvaient leur boisson , nommée Kawiy en présence de leurs idoles, qu'ils appellent Tamerka (i), et ils chantaient en action de grâce de ce qu'ils m'avaient fait prisonnier , comme elles le leur avaient promis.

(i) Hans Staden écrit aussi Tammerka. Tammaraka et Maraka.

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