‹ Voyages, relations et mémoires originaux pour servirChapitre 47 sur 87 · CHAPITRE XLVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLVII

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Comment un jour que j'étais à la pêche avec deux sauvages , Dieu fit un grand miracle pour moi à l'occasion d'un, orage.

Un soir que j étais à la pêche avec Parwaa» un des principaux du village, le même qui avait fait rôtir le pauvre Jérôme et un autre Indien , un orage se forma non loin de nous , et s'approcha avec rapidité. Ils me dirent alors de prier mon Dieu d'écarter la pluie qui

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empêcherait notre pêche , et que cependant je savais bien qu'il n'y avait rien à manger dans la cabane. Ces paroles me touchèrent, et je commençai à prier Dieu , qui m'avait si souvent comblé de ses faveurs , de leur accorder ce qu'ils demandaient, afin qu'ils vissent qu'il me protégeait : ce qui eut lieu en effet, car bien que la pluie tombât à six pas de là , elle n'arriva pas jusqu'à nous. Parwaa me dit alors : « On voit bien que tu as parlé à ton jl Dieu. » •

Nous prîmes encore quelques poissons , et nous retournâmes au village , où ces deux Indiens racontèrent aux autres ce qui était arrivé : cela les remplit d'admiration.

' •> i CHAPITRE XLVHI.

Comment les Indiens dévorèrent le second des chrétiens qui avaient été tués.

Dès que Parwaa eut réuni tout ce qu'il lui fallait , il fît préparer la boisson qui devait être consommée en mangeant le corps de Jérôme , et il rassembla les sauvages. Quand ceuxci se furent enivrés , ils firent amener les deux frères dont j'ai parlé , ainsi qu'un nommé Antonio, qui avait été pris par le fils de mon

ao4 RELATiorr de hans staden.

maître, et ils nous firent boire avec eux. Mais, avant de boire , nous eûmes soin d'adresser notre prière à Dieu , le priant d'avoir pitié de son âme ainsi que de la nôtre quand notre heure serait venue. Les sauvages riaient et se réjouissaient , mais nous souffrions beaucoup. La fête recommença le lendemain jusqu'à ce que tout fût dévoré. . , "

Le même jour ils m'emmenèrent pour me donner en présent. Quand je pris congé des ^ deux frères, ils me supplièrent de prier Dieu pour eux. Je leur enseignai la route qu'ils devaient suivre pour traverser les montagnes sans qu'on pût retrouver leurs traces s'ils parvenaient à s'échapper. J'ai appris depuis qu'ils avaient trouvé moyen d'en profiter et de prendre la fuite , mais j'ignore encore aujourd'hui s'ils ont été repris. * ,^

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%e l'endroit ou lei sauTage* me conduisirent pour me donner.

Nous nous mîmes donc en route pour Tackwara Sutibi , l'endroit où ils voulaient me donner. Après avoir marché pendant quelque temps, je me retournai, et je vis un nuage noir qui s'étendait sur leur village. Je le leur montrai , en leur disant que mon Dieu était irrité contre eux parce qu'ils avaient dévoré des chrétiens.

Quand nous fûmes arrivés à ce village , ils m'offrirent en présent à un chef, nommé Abbati Bossange, en lui disant de ne pas me faire de mal et de ne pas souff'rir qu'on m'en fît, car mon Dieu punissait cruellement ceux qui me maltraitaient; ce qu'ils avaient eu occasion d'éprouver pendant le temps que j'avais passé parmi eux. Je lui dis ; de mon côté , que mon frère et mes amis devaient venir avec un vaisseau plein de marchandises, que j'en donnerais à ceux qui me traiteraient bien , et que mon Dieu m'avait promis qu'il^ arriverait bientôt. Cela leur plut beaucoup. Le roi m'appela son fils, et m'envoya à la chasse avec les siens. . •

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