OBSERVATION
En terminant laîescription de ces chétodons, nous en signalerons une espèce , que nous avons bien regretté de ne pouvoir nous procurer, et qu’on trouve à Guam devant Agagna, dans l'espace de mer paisible qui est en dedans des récifs. Nous l’avons nommé belliqueux [ chœtodon belücosus ] , parce qu’un jour que nous étions dans l’eau à la recherche des mollusques, nous fûmes assaillis par les coups qu’il nous donnoit avec le museau, en cherchant à défendre l’approche du rocher sous lequel U logeoit avec plusieurs autres. Nous lui tendîmes la main, et il se précipita dessus de la même manière. Cherchant à nous en emparer, nous lui portâmes plusieurs coups qui le firent reculer sans l'épouvanter, car il revint à la charge. Enfin il finit par se retirer tout-à-fait dans un trou formé par les coraux. > •
Nous n’avions jamais remontré un semblable courage dans desespèces aussi petites. Celle-ci étoit à peine grande comme la main ; et ses couleurs, quoique brunes, étoient cependant agréables.
Sous-genre SÉSÉRINUS. — Seserinvs. Cuv.
SÊSÉRINUS QUEUE JAUNE. — Seserinus xanthurus. N.
Ststnnus, corporc orbiculari , maxime compressa, argenteo ; primis radiis uni dorsique longis ; caudâ jlavâ, vald'c bifurcatâ.
B. 6. D. P. ii. A. fc. C. i0
Ce poisson a Je corps orbicuJaire, très - comprimé , pourvu de grandes nageoires en dessus et en dessous; son museau est tellement obtus et arrondi, qu’on a de la peine à distinguer la bouche lorsqu’elle est close; ce n’est que quand elle est ouverte que la mâchoire inférieure paroit plus avancée que celle d’en haut, sous laquelle elle se porte cependant. Les narines et l’œil sont fort rapprochés de la bouche , qui est ronde. Le front présente une petite carène en saillie, et les ouvertures des branchies sont très-grandes.
La dorsale est d’abord composée de quatre aiguillons, dont les deux premiers sont triangulaires ; puis viennent quarante-cinq rayons branchus, dont les six premiers s’alongent en filamens. La nageoire de l’anus, aussi grande, affecte la meme disposition fàlciforme: elle est composée de trois épines, dont ‘deux sont triangulaires, et de quarante-quatre rayons mous. Les ventrales sont remplacées par une seule pointe osseuse, derrière laquelle est l’anus. Les pectorales ont vingt-un rayons, et la caudale, très-échancrée, dix-neuf.
Les écailles sont imperceptibles. La ligne latérale supérieure est très-recourbée vers le haut , tandis que l’inférieure est horizontale et à peine sensible.
La couleur de cet individu est d’un blanc argenté fort éclatant ; les nageoires sont plombées, à l’exception de la caudale, qui est
jaune, d’où lui vient son nom spécifique De petits points se remarquent à la base de la dorsale et de l’anale. L’œil est doré: Au-dessus de la nuque est un capuchon membraneux grisâtre.
Longueur, quatre pouces quatre lignes; hauteur, deux pouces deux lignes; épaisseur, quatre lignes.
Nous l’avons pris dans la baie de Rio de Janeiro. Sa chair est peu ferme.
f yïtfg* tU f (Jtanir , — Zoologie.
Genre PIMÉLEPTÈRE. — Pimelepterus. Lacép.
PIMÉLEPTÉRE MARC1AC. — Pimelepterus vaigiensis. N. PLANCHE 62, fîg. 4.
Pimelepterus fusais ; pltirimis lineis longiludinalibus submgris ; ctiudn bifidâ.
Ce poisson est assez épais , sa forme ovalaire , son museau peu saillant , ses mâchoires égales , munies de dents sétacées. Les narines ont chacune une seule ouverture imperceptible, placée au devant de l'œil, qui est grand et arrondi. Le préopercule est triangulaire, finement dentelé, et l’opercule muni d’un appendice peu saillant en arrière. La membrane des ouïes a trois arceaux.
Les nageoires pectorales, petites, ont dix-huit rayons. La dorsale; qui commence à-peu-près au même niveau qu’elles, en a dix aiguillonnés et quinze branchus, presque entièrement couverts de pedtes écajlles. La queue a environ dix-sept rayons ; elle est échancrée : les ventrales en ont six, et l’anale, seize, dont les trois premiers sont fortement aiguillonnés.
La couleur de l’animal est un brun foncé sur le dos, qui s’éclaircit inférieurement sous le ventre. Une foule de lignes longitudinales de la même couleur occupent tout Je corps , les joues exceptées. Les écailles sont fines et serrées. Les opercules en sont recouverts.de même que l’origine des rayons de plusieurs nageoires. La ligne latérale suit la courbure du dos et se termine à l'extrémité de la queue.
Ce piméleptère habite les i'Ies des Papous. Nous l’avons pris dans une course que nous fîmes sur la petite île Bony. Il a beaucoup de rapports avec le bosquien de M. de Lacépcde.
Nous l’avons dédié à la mémoire de M.'Marciac, chirurgien de la marine, mort de la fièvre jaune.
Genre GLYPHJSODON. — Glyphisodon. Lacép.
GLYPHISODON VIDAL. — Glyphisodon lacrymatus. N.
.. PLANCHE 6z, fig. 7.
Glyphisodon , corporc elevato, subrotundo , nigrieanU, occllis albtdis verfuso ; caudâ bifurcutâ.
Cet élégant petit glyphisodon a le corps assez épais, et tellement élevé, que, lorsque ses nageoires sont étendues, il est presque orbiculaire ; son front est haut et large , sa bouche excessivement petite , ses mâchoires égales , ses dents plates , carrées et bien rangées sur une seule ligne. L’oeil est grand et placé au sommet de la tête. Les ouïes sont bien détachées.
La dorsale, arrondie, a treize rayons aiguillonnés et quinze branchus ; l’anale , deux et quatorze ; les pectorales , vingt ; et la ca,udaJe, formée de deux lobes, dix-huit.
Les écailles, grandes et un peu lâches, couvrent ia tête et le corps; celles qui enveloppent la dorsale et l’anale sont plus petites. La ligne latérale, placée haut, ne suit pas exactement la courbure du, dos; du reste, elle finit avec la dorsale.
Le fond de la couleur est un brun trcs-foncé, avec une légère teinte rougeâtre, agréablement parsemée de petits points blancs opalins, et bleuâtres sous la gorge. *
La longueur de cet individu est de dix-huit lignes; sa hauteur, de huit , et son épaisseur , de quatre.
Nous l'avons rapporté de l’île Guam. Malgré sa petitesse , il est
du nombre de ceux que les pauvres femmes vont rechercher dans les coraux au milieu desquels ils se plaisent.
Nous le dédions à la mémoire de M. Vidal jeune, chirurgien de la marine, mort de la fièvre jaune.
GLYPHISODON BIOCELLÉ. - Gutphisodon BIOCELLATUS. N.
Gfyphisodon , dorso lunults duabus cœruleis ; caudâ tnUgrâ.
D. fj. P. 17. V. 6. A. C. 18.
Ce très-petit poisson , à peine long de quinze lignes, beaucoup moins élégant que les précédens, a le corps assez épais, le front élevé. Sa nageoire dorsale, grande et arrondie, a treize aiguillons et le même nombre de rayons. Le deuxième rayon des ventrales présente un filament qui atteint jusqua l’anale. Cette derniere nageoire est formée de deux aiguillons, le second beaucoup plus grand,' et' de douze rayons branchus. La caudale, carrée, en compte environ dix-huit, et les pectorales, dix-sept.
Les écailles qui couvrent le corps et la tête sont larges , pressées , très-finement et profondément denticulées sur leur bord libre. La ligne latérale, placée très -haut, atteint à peine l’extrémité de la nageoire dorsale.
La couleur de ce poisson est un brun rougeâtre, avec des points azurés à la poitrine et sur les joues ; mais ce qui le distingue surtout, ce sont deux lunules, d’un beau bleu foncé bordé d’azur, qui occupent la base de la dorsale, à sa partie postérieure.
II provient aussi de l’île Guam.
GLYPHISODON ABDOMINAL. — Glyphisodon abdominaus. N.
Gfyphisodort , corport compresso , supra elevato ; fasciis fiiscis quatuor transver st s ; rostro surs 'um retorto ; caudâ longâ, èifurcatâ.
Ce glyphisodon a le corps élevé et comprimé des chétodons; son museau, avancé, recourbé en haut, présente vers le front un enfoncement. Les mâchoires sont arrondies; l’inférieure va audevant de la supérieure , sous laquelle elle s’emboîte. La bouche est ovale ; les dents sont petites, tranchantes, échancrées; et sur une seule rangée. Le pharynx en est aussi muni. L’œil est grand, l’opercule bien détaché ; les branchies ont cinq rayons. Le ventre est très-saillant, d’où ce poisson a reçu son nom.
Les nageoires pectorales, petites , ont dix-neuf rayons ; les ventrales atteignent jusqu’à l’anale, qui est formée de seize rayons, dont deux épineux. La dorsale en a treize aiguillonnés et seize articulés ; la caudale, longue, profondément échancrée, compte dix -sept rayons, dont les supérieurs et les inférieurs se prolongent un peu en filamens.
Les écailles sont grandes, plus hautes que larges, très-légèrement ciliées. La ligne latérale suit la courbure du dos et se termine à la fin de la dorsale.
La couleur de cet individu est d’un brun sale; quatre bandes transversales de cette couleur, mais plus foncées, occupent le haut du corps sans dépasser les pectorales.
Sa longueur est de cinq pouces; sa hauteur de deux, et son épaisseur, seulement de quatre lignes.
Nous l’avons rapporté des îles Sandwich.
GLYPHISODON DE VAIGIOU. — Glyphisodon vaigiensis. N.
Gtyphtsodon , corporc subalbido , fasciis transversalibus ni gris quinis notato ; rostro rotundo; caudâ bijitrcalâ.
B. 6. D. fj. P. 20. V. 6. A. J,. C. 1 6.
Cette espèce est marquée de bandes transversales comme la précédente, mais sa forme et ses couleurs sont différentes; son front est élevé, arrondi ; son museau gros et très-obtus; la bouche et les dents semblables à celles du glyphisodon abdominal. La gorge est saillante ; les pectorales sont larges , triangulaires, foiînées de vingt rayons ; la dorsale en a treize aiguillonnés et quatorze articulés; l’anale, deux des premiers et treize des derniers. La queue, en forme de croissant, en a seize.
Les écailles, plus hautes que larges, sont ciliées sur leur bord. La ligne latérale est la même que dans les poissons de ce genre.
La couleur est d’un blanc bleuâtre légèrement argenté ; cinq lignes transversales, nettement tranchées , occupent tout le corps. Le bout du museau est noir , de meme que la base de la nageoire caudale.
Nous avons remis au Muséum cinq individus de cette espèce , dont le plus long a trois pouces et demi, seize lignes de hauteur et trois seulement d’épaisseur.
Les glyphisodons qui habitent les îles des Papous, suivent quelquefois assez long-temps les navires, sous les flancs desquels ils se placent de manière à être à l'abri des rayons du soleil.
GLYPH1SODON AZUR. — Glyphisodon ctaneus. N. PLANCHE 64, fig. 3.
Glyphisodon, toto corpore tyaneo; pinrùs pectoraûbus , abdominalibus caudaüque flavis.
Rien n’est joli comme de voir ces petits poissons , que ia mer en se retirant a laissés dans de petites mares , varier par mille positions le brillant de leurs couleurs. Ceux que nous avons à décrire reflètent l’azur le plus pur, sur lequel tranchent le jaune et quelques légères teintes de noir.
Le glyphisodon azur a le corps alongé , pas trop comprimé. Le contour du dos s’abaisse rapidement vers le front La bouche est petite; les dents serrées et crénelées. L’opercule est armé de deux petites épines en arrière , et la membrane branchiostége a cinq rayons.
La nageoire dorsale çst très-étendue , assez uniforme , excepté vers la fin , où les rayons s’alongent davantage ; elle est composée de treize rayons épineux et de onze articulés; celle de l’anus en a quatorze, dont deux sont aiguillonnés; les pectorales, environ quinze, et les ventrales, six.
Les écailles sont serrées, et présentent leur plus grand diamètre transversalement. La couleur du corps est d’un bleu d’azur, et toutes les nageoires sont jaunes; celle de la queue est presque droite. On voit sur le museau une tache jaune.
Une variété de cette espèce a le front plus élevé et le museau plus obtus.
GLYPHISODON UNIOCELLÉ. — Glyphisodon umocellatus. N.
PLANCHE 64, 6g. 4.
Glyphisodon, corpore cyaneo ; pinnis pectoralibus h abdominalibus caudnTujuc Jiavis ; puncto nigro ad cxtremitiitcm pinné dor salis.
D. fJ. A. -pp.
Sans la tache nt>irc que ce glyphisodon porte à la fin de la dorsale, on ne le distingueroit pas de l’espèce précédente, tant est grande la ressemblance qu’il offre avec elle.
La différence porte principalement sur les nageoires du dos et de fanus , dont le nombre des rayons n’est pas le même. Dans la première, il y en a treize aiguillonnés et dix articulés; dans la seconde, treize en comptant les deux épines qui précèdent. Toutes les nageoires sont jaunes; celle de la queue est coupée droit. La petitesse de l’individu ne nous a pas permis de donner les détails des rayons de cette dernière nageoire, non plus que de ceux des pectorales.
Ces deux poissons, représentés de grandeur naturelle, ne nous paroissent pas susceptibles d’atteindre une beaucoup plus grande dimension ; du moins ne lavons-nous jamais vu. Ils ont été pris dans la rade de Coupang^Jil y en a aussi aux îles Mariannes.
GLYPHISODON SPAROÏDE. — Glïphisodon sparoïdes. N.
Glypfiisodon , rostro supra compresso ; fronte eltvatû ; macula nigrâ ad caudam ; caudâ valdc bifurcatâ.
B. 6. D. fj. P. .8. V. 6. A. J,. C. .6.
Ce poisson ressemble un peu aux spares , comme l’indique son nom ; il est moins comprimé que les précédens ; sa queue est profondément fourchue; son front s’élève en "^arrondissant ; ton museau , un peu moins obtus, présente un enfoncement en-dessus.. Du reste, les dents, les nageoires, les écailles et la ligne latérale, sont celles des glyphisodons.
Cet individu, qui n’est qu’une variété du sparaillon de M. Lacé- • pède ( val. 4 , pl. /), se distingue par sa couleur bleuâtre
argentée, plus blanche sous la gorge et au ventre, et sur tout par • une tache noire qui occupe le lobe de la queue.
Sa longueur est de trois pouces trois lignes ; sa hauteur , de quinze lignes , et son épaisseur , de cinq.
Nous l'avons rapporté de l’Ile-de-France. ...
Genre POMACENTRE. — Pûmacæntkl's. Lacép.
POMACENTRE PONCTUÉ. — Pomacentrus punctatus. N.
PI ANCHE 6 4, fig. J.
Pomacentrus fuscus; corpore punctis cœruteis irrorato ; macula nlgrâ tasi dur sali s. "* * '