AS TA SI E
Et c'est la récompense , O mon époux , de ta fidélité !
ATAB.
Mes bienfaits laveront celte légei-e offense.
AS TA s I E.
Quoi , cruel ! par cet attentat , Vous payez la foi d'un soldat Qui vous a conservé la vie !
Vous lui ravissez Astasie !
( Levant les yeux au ciel.) Grand Dieu ! ton pouvoir infini Laissera-t-il donc impuni Ce crime atroce d'un parjure , Et la plus odieuse injure!
O Brama ! Dieu vengeur... !
(Elle s'évanouit ; des femmes la souticnucnî ; ou
l'assied.)
i6o TARARE.
C ALPIGI.
Quel effrayant transport î VV ESCI.A.VE, accourant.
Le voile de la mort a couvert sa paupière. ATAR tire sou poignard.
Qxioi , malheureux ! tu m'annonces sa mort ! Meurs toi-même.
( 11 le poignarde (i). Courant vers Astasie.)
Et vous tous, rendez à la lumière L'objet de mon funeste amour.
A sa douleur tremblez qu'il ne succombe ; Répondez-moi de son retour.
Ou je lui fais de tous un horrible hécatombe. ASTASIE, revenant à elle , aperçoit l'esclave reuversé qu'on enlevé.
Dieux I quel spectacle a glacé mes esprits !
ATAR
Je suis heureux, vous êtes ranimée.
Un lâche esclave par ses cris M'alarmoit sur ma bien-aimée ; De son vil sang la terre est arrosée : Un coup de poignard est le prix De la frayeur qu'il m'a causée.
ASTASIE, joignant les mains.
O Tarare ! ô Brama , Brama !
(Elle relomhe, on l'assied.)
ATAR
Dans le sérail qu'on la transporte :
Que cent eunuques, à sa porte , Attendent les ordres d'Irza (2).
(i) Lisez Chardin et bs autres voyageurs.
(2) Le nom d'irza signifie : « La plus belle fleur des « plus belles fleurs écloses aux premiers soleils du prin- « temps de l'orient de l'Asie » : tant les langues orientales ont d'avantages sur les nôtres ! Lisez les Mille et une Nuits , et tous les Contes Arabes.