ACTE II, SCENE II
Menacent d'en"vahir ces lieux ; Au loin déjà la foudre gronde ; Ton peuple superstitieux, Pressé comme les flots , inonde Le parvis sacré de nos dieux.
ATAR
De vils brigands une poignée , Sortant d'une terre éloignée , Pourroit-elle envahir ces lieux .'' Pontife , votre ame étonnée...
Cependant , parlez , Artlienée :
Que dit l'interprète des dieux ?
A.RTHENÉE, vivemciit.
Qu'il faut combattre ,
Qu'il faut abattre Un ennemi présomptueux :
Le sol aride
De la Torride A soif de son sang odieux.
Par des mesures
Promptes et sûres , Que l'armée ait un commandant
Vaillant , fidèle ,
Rempli de zèle :
Mais sur ce devoir important ,
Que le caprice
De ta milice Ne règle point le choix d'Atar ;
Que le murmure ,
Comme une injure , Soit puni d'un coup de poignard.
ATA.R
Apprends-moi donc , ô chef des brames ! Ce qu'Atar doit penser de toi.
Ardent zélateur (Je la foi Du passage éternel des âmes !
«EAUAIÂ&GHÀI». 3. x5
I70 TARARE
Le plus vil animal est nourri de ta main ; Tu craindrois d'en purger la terre !
Et cependant tu briiles, dans la guerre. De voir couler des flots de sang humain !
XRTHEWtE.
Ah ! d'une antique absurdité Laissons à ITndou les chimères.
Rrame et Soudan doivent en frères , Soutenir leur autorité. Tant qu'ils s'accordent bien ensemble , Que l'esclave ainsi garrotté , Souffre , obéit , et croit , et tremble , Le pouvoir est en siareté.
ATA R
Dans ta politique nouvelle.
Comment mes intérêts sont-ils unis aux tiens ?
Ah ! si ta couronne chancelle , Mon temple, à moi , tombe avec elle.
Atar, ces farouches chrétiens Auront des dieux jaloux des miens :
Ainsi qu'au trône , tout partage , Enfijit de culte , est un outrage.
Ponr les domter, fais que nos Indiens Pensent que le ciel même a conduit nos mesures : Le nom du chef lîont nous serons d'accord , Je l'insinue aux enfants des Augures.
Qui veux-tu nommer?
ATA R
Altamort.
ARTHENÉE.
Mon fils !
ATAR
J'acquitte un grand service,
ARTHENÉE.
Que devient Tarare ?