VAUDEVILLE
y^irtie la coutiedanse du Ballet des Pierrots.
REF RAIÎÎ.
s E R tout dire , oser tout faire , C'est le bon siècle d'à présent ; M.iis blâmer nVst pas mon affaire :
Rions ; moi , je suis né plaisant.
Faut-il toujour- d'un fade éloge Bercer le sexe eu nos chansons .•* Tout n'est qu'un p'^it martyrologe De Tircis et de Céladons ; Quittons de r;iriette imbécille Le jargon trop accrédité; JB-amenons l'ancien vaudeville, Qui dit gaîment la vérité.
Oser tout dire , oser tout faire , etc.
Traitons , sans méthode suivie.
Quelque poiiit joyeux et moral ; Toujours le même style ennuie, Eùt-on la plume de Pascal.
Chantons les belles , leurs maximes Galants forfaits, goûts délicats ; Et quant à Iturs vertus sublimes , Lisons beaucoup monsieur Thomas.
Je vois ce grand panégyriste '^
Couvert de baisers et de fleurs;
Et moi , trop badin coloriste,
L'éternel objet des rigueurs.
Qui le craindroit ne connoît guère
Ce sexe et ces retours flatteurs ;
L'art de provoquer sa colère
Conduit souvent à ses faveurs.
Rose , timide , tendre et bonne , Reçoit son amant dans ses bras ; L'amant admire , et ma friponne Devient vaine de ses appas :
N'est-il donc qu'un bon juge au monde ? Dit-elle en trahissant l'Amour.
Rose fait si bien qu'à la ronde Chaque homme l 'admire à son tour.
Au sortir de l'Académie ,
Le cœur gonflé de sentiments,
On niaudiroit sa douce amie
Au seul soupçon d'un autre amant ; ^
N'est-il pas plaisant qu'on prétende
Etre aimé seul , et le dernier,
Parcequ'une fejume est friande
Des premiers feux duu écolier ?
Tant de larmes pour une belle , Jeune homme , est bien loin de nos mœurs ; Rose a changé, changez comme elle ; Elle est volage... aimez ailleurs.
â34 POESIES DIVETISES.
Nos dames ne sout point cruelles ; Vne ol)l. géante uibanité Tient lieu d'amour et fait chez elles Les hoaneurs de la chasteté.
D'un li^n ôter l'importance , Jouir de tout , voilà leur mot; Aux yeux d; s femmes, la constanc© Est presque l'afliche d'un sot ; On vous couroit , on vous évite , D'un autre on a les sens épris ; E. qu'importe que l'on nous quitte !
Le giaud objet c'est d être piis.
Dès qu'un jeune homme s'achalande , La coquette veut l'asservir; Pendant que la prude marchande , La galante court s'en saisir.
Au lieu d'un temple où l'Amour brille, Cythere aujourd'hui n'est qu'un hois Où sans pudeur on vole , on pille Comme aux finances de nos rois,
Ici la fermière opulente
Défraye un galant de la cour ;
Plus loin , la marquise indigente
S'affuble d'un financier lourd.
La noble vend , la riche acheté...
O temp-i ! à mœurs I Amour n'est plus!
Toute femme adore .en cachette
Le dieu de Larapsaque ou Plutus,
Distinguons la fille ingénue De la femme au hardi maintien ; L'une a tout notre sexe en vue ,
L'nne ne rougit pas encore , L'autre ne sait plus qu'on rougit; L'une nous peint la douce aurore , L'autre un jour ardent qui tiuit.
Un goût s'éteint , nn autre perce , Pendant qu'un troisième a son cours ; Joignez bs paris de traverse...
Voià Jes femmes de nos jours.
J'en connois même une si tendre, Si délicate dans ses choix, Qu'elle fait scrupuie de prendre Moins de quatre amants à la fois.
.l'en sais une, autre plus sensée , Qui ne s'effarouche de rien ; tJn soir, une foule empressée Voulut déranger son maintien ; Sans étoanement , sans surprise.
Elle s'adresse au cercle entier:
Messieurs , soumies-nous dans l'église;?
Me prend-on pour un bénitier?
Les femmes sur leur contenanc*
Ont le pius absolu pouvoir ;
On porte au (^trcle une décence
Qu'on méj rise dans le boudoir.
C'est là qu'on donne et prend le change
Sur l'amour et la voiupté ;
Là tout plaît , pourvu qu'on s'y venge
Des ennuis ue l'honnêteté.
Dans cet oubli de la nature , Au fort de ses galants chats.
Si l'on voit rentrer la voiture De l'époux, qu'on n'atteudoit pas ,
Eteignez vite ; on range , on serre , L'une est morte , l'autre s'enfuit.
Ainsi Ton voit un commissaire ^ Effrayer des tendrons la nuit.
Mais que les fêtes sont cruelles !
Vieux énoux , je plains votre sort, Si vous y conduisez vos belles ; Les coniier... c'est pis encor.
La poule alerte , aisée à vivre , Perce la foule en arrivant :
Le coq usé , qui ne peut suivre, Gratte sa tète en l'attendant.
Aux cris que le vieux singe élevé, On la lui rend tout comme elle est; Tout comme elle est il vous l'enleva Aux vœux ardents de vingt plumets, Plus ravissante qu'A[»lirodise , TraîuanI tout le bal après soi, Lui coiffé comme on peint iVloïse Charge des tables de la loi.
Vovez cet le dévote altiere.
Au teint pâle , au front sourcilleux,
Déchirer la naiure entière
D'un ton humblement orgueilleux j
Bien est-il vrai que plus parfaite,
Euyant le monde et ses attraits ,
Elle ne brûle , en sa retraite ,
Que pour Dieu seul... et son laquais.
Du même désir animées De tromper amants et maris , Deux belles s étoient tant aimées.
Qu'on les citoit dans tout Paris :
POESIES DIVERSES. a37
Ua fat survient : elles s'abhorrent ; L'intérêt rompt ce qu'il a joint.
Ma foi , deux belles qui s'adoreat , Tout bien compté , ne s'aiment point.'
Chez une duchesse en colère, L'autre soir un mauvais plaisant Disoit d'une vois, df faux frère :
L'autetir est un grand méJisant.
MéJisant, lui ? c'est cent fois pire.
Pensez-vous qu'un tel chansonnier Se fût contenté de médire , S'il eut pu vous calomnier ?
Point de belles que l'on n'acquière Ou par Je l'or ou par des soius ; La moindre ou la meilleure affaire Coûte toujours ; c'est plus , c'est moins : Et quant aux mœurs , la différence Des filles aux femmes d'honneur, Est celle qu'on remarque eu France Entre l'artiste et l'amateur.
Oh! si chacune osoit écrire
Les bons tours qu'elle se permet,
Quel plaisir on auroit à lire ,
Cet ouvrage utile et follet!
On y verroit du gai , du leste;
Pour du sentiment , serviteur!
C^ar la femiue la plus modeste
N'est qu'un vrai page au fond du cœur.'^
Vous changeriez bien de système , Me dit un Céladon d'amant , Si je nommois celle que j'aime...
Ah ! c'est une ame , ua sentiment î
C'est h\ vertu la plus auguste...
Je:reconnois son pavillon:
La friponne s'est peinte eu buste ; Tu n'as vu que sou médaillon.
Vous , jeune homme que je conseille.
Gardez-vous bien de me citer ; Ce que je vous dis à l'oreille IVe doit jamais se répéter.
Retenez ce bon mot d'un sage , Des mœurs il est le grand secret :
Toute femme vaut un bommage, Bien peu sont dignes d'un regret.
Pour égayer ma poésie ,
Au hasard j'assemble des traits ;
J'en iais , peintre de fantaisie ,
Des tableaux. , jamais des portraits.
La femme d'esprit qui s'en moque
Sourit finement à Fauteur;
Pour Timprudenle qui s'en choque, ]
Sa colère est son délateur.
Sexe charmant , si je décelé Votre cœur en proie au désir, Souvent à l'amour infidèle , Mais toujours fidèle au plaisir.
D'un badinage , 6 mes déesses !
JSe cherchez j)oint à vous venger :
Tel glose , hélas ! .sur vos toiblesses , Qui brûle de les paitager !