I.A COMTESSE, timidement
.T'ai cru , monsieur , que nous serions plus libres dans ce cabinet que chez vous.
TiE COMTE.
M'y voilà , madame , parlez.
T. A COMTESSE , Iremljlauîc.
Assevons-nous , monsieur , -je vous conjure , et prêtez-moi votre attention.
LE COMTE, impatient.
Non . j'entendrai debout : vous savez qu'en parlant je ne saurois tenir en place.
LA COMTESSE s'assejaiit , avec un soupir , et jjarîant bas.
Il s'agit de mon fils monsieur.
LE COMTE, hrusqucincnt.
Df votre fjls , madame ?
LA COMTESSE
Et quel autre intrrct pdurroit vaincre ma répnetiance à en^^ager un entretien que vous ne recherchez jamais ? M.ùs je A^ens de le voir dans un état à faire compassion ; l'esprit troublé , le cœur serré de Tordre que vous lui donnez de partir sur-lechamp : sur-tout du Ion de dureté qui accompagne crt exil. Eh ! comment a-t-il encouru la disgrâce
<i nu p d'un horume si juste ? Depuis qu'un
exécrable duel nous a ravi notre autre lils
LE COMTE, les mains sur le visage , avec un air de douleur.
Ah :
I,A COMTESSÎ.
Celui-ci , qui jamais ne .dut connoître le chagrin, a redoublé de soins et d'attentions pour adoucir l'amertume des nôtres.
LE COMTE, se promenant doucement.
Ah !
LA. COMTESSE
Le caractère emporté de son frère, son désordre , ses goûts et sa conduite déréglée nous en donnoient souvent de bien cruels. Le ciel sévère, mais sage en ses décrets , en nous privant de cet enfant , nous en a peut-être épargné de plus cuisants pour l'avenir.
LE COMTE , avec douleur.
Ah! Ah!
LA COMTESSE
Mais enfin celui qui nous reste a-t-il jamais manqué à ses devoirs.^ Jamais le plus léger reproche fut-il mérité de sa part .'' Exemple des hommes de son âge , il a l'estime universelle : il est airaé , recherché, consulté. Son p.... protecteur naturel , mon époux seul , paroit avoir les yeux fermés sur un mérite transcendant , dont l'éclat frappe tout le monde. (Le Comte se promené plus vite sans j^arler. La Comtesse , prenant courage de sou silence , continue d'un ton plus ferme, et l'élevé par degre's.) En tout autre sujet, monsieur, je tiendrois à fort grand honneur de vous soumettre mon avis , de modeler mes sentiments, ma fuible ojtiuion sur la vôtre ; mais il s'agit... d'un ills... (Le Comte s'agite en marcliant.) Quand il avoit un frère aine , l'orgueil d'un très
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grand nom le condamnant au célibat: , l'ordre de Malte étoit son sort. Le préjugé seiobloit alors oou- Trir l'injustice de ce partage entre deux fils (timidement) égaux en droits.