ACTE î, SCENE X. 2i
LE C O M T E
Mais c'est à condition qu'il partira sur-le-cliamp pour rejoindre en Catalogne.
FIGARO
Ah .' Monseigneur, dejuain. ,'
LE COMTE insiste. .
Je le veux.
CHÉRUBIN
J'obéis.
LE COMTE
Saluez votre maraine, et demandez sa protection. • ( Clierubiu met un genou eu terre devaut Li Comtesse, ^t ue peut parler.)
LA COMTESSE, craue.
Puisqu'on ne peut vous garder seulement aujourd'hui, partez, jeune homme. Un nouvel état vous appelle ; allez le remplir dignement. Honorez votre bienfaiteur. Souvenez-vous de cette iuai.>>oa , où voire jeunesse a trouvé tant d'indulgence. Soyez soumis , honnête et brave", nous prendrons part à vos succès. ( Chérulnn se relevé , et relourue à sa place. )
LE COMTE
Tous êtes bien émue , madame
LA COMTESSE
Je ne m'en défends pas. Qui sait le sort d'un enfant jeté dans une carrière aussi dangereuse! Il est allié de mes parents; et de plus, il est mon lilleul.
• LE COMTE, à part.
Je vois que Bazile avoit raison. (Haut.) Jeune homme , embrassez Suzanne... pour la dernière fois.
FIGARO
Pourquoi cela , Monseigneur ? Il viendra passer ses hivers. Baise-moi donc aussi , capitaine ! ( Il
2i4 LE MARIAGE DE FIGARO.
remLrasse.) Adieu , mon petit Chérabin. Tu vas mener un train dévie bien, différent, mon enfant: dame! tu ne roderas plus tout le jour au quartier des femmes ; plus d'échaudés, de goûtés à la crème; plus de main-chaude, de colin-raaillard. De bons .soldats , morbleu ! basanés , mal vêtus ; un grand fusil bien lourd: tourne à droite, tourne à gauche, en avant , marche à la gloire ; et ne va pas broncher en chemin ; à moins qu'un bon coup de feu...
SUZ ANNE
Fi donc , l'horreur !
LA. <;OM TllE SS E.
Quel pronostic!
T, E COMTE
où donc est Marceline ? Il est bien singulier qu'elle ne soit pas des vôtres 1