‹ vres choisies de Beaumarchais (volume 3)Chapitre 52 sur 237 · B ART HO · texte numérisé non relu

B ART HO

Vous voulez me faire prendre le change et détourner mon attention du billet , qui , sans douîe, est une missive de quelque amant : mais je le verrai, je vous assure.

ROS I JT E.

Vous ne le verrez pas. Si vous m'approchez , je m'enfuis de cette m?ison , et je demande retraite au premier venu.

BARTHOLO

Qui ne vous recevra point . \

ROSINE

C'est ce qu'il faudra voir.

B AR THO I. o.

Nous ne sommes pas ici en France , où l'on donne toujours raisOEi aux femmes: mais pour vous ea ôter la fantaisie, je vais fermer la porte. ROSINE, pendant qu'il y va.

Ah , ciel ! que faire...? Mettons vite à la place 1& lettre de mon cousin , et donnons-lui beau jeu à là prendre. (Elle fait r«fchange, et met la lettre du cousi» dans la pochette , de façon qu'elle sort un peu.")

ge LE BARBIER DE SEVILLE.

BARTHOLO, revenant.

Ah ! j'espere maintenaut la voir.

ROSIK E.

De quel droit , s'il vous plaît?

BARTHOLO

Du droit le plus uaiversellement reconnu , celai du plus fort.

ROSINE

On me tnera plutôt que de l'obtenir de moi.

BARTHOLO, frappant Ju pied.

IMadame I madame... !

ROSINE tombe sur un fauteuil , et feint de se trouver mal. Ah! quelle indiguité... !

B ARTHOL O.

Donnez cette lettre , ou craignez ma colère,

R o s I ?î E , renversée.

Malheureuse Rosine !

BA&THOLO.

Qu'avez-vous donc.'*

Quel avenir affreux !

B AR THO LO

Rosine î

ROSINE

J'étonffe de fureur,

BARTHOLO

Elle se trouve mal.

ROSIWE.

Je m'affolblis , je meurs.

BARTHOLO lui lâte le pouh , ft dit a part. Dieux ! la lettre ! Lisons-la sans qu elle en soit instruite. (Il continue à lui tâter le pouls, et prend la lettre , qu'il tâche de lire en se tournant un peu.) ROSINE, toujours renversée.

Infortunée.' ah...!

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