‹ vres choisies de Beaumarchais (volume 3)Chapitre 82 sur 237 · ACTE IV, SCEISE VI. i · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCEISE VI. i

de vous en informer. Ah , Rosine ! il est donc vrai tjue vous jii 'aimez véritablement... !

FIGARO

IMonseigneur, vous (îherchiez une femme qui vous aimât pour vous-même...

Monseio^neur ! Que dit-il... ?

LE COMTE, jetant sou large manteau, paroît en habit

magnifique.

O la plus aimée des femmes ! il n'est plus temps de vous abuser : l'heureux homme que vous voyez à vos pieds n'est point Lindor ; je suis le comte Almaviva , qui meurt d'amour , et vous cherche en vain depuis six mois.

ROSINE tuniLe dans les bras du Comte.

Ah...! \

LE COMTE, effravé.

Fi aro.'

FIGARO

Point d'inquiétude , Mouseigneur; la douce émotion de la joie n'a jamais de suites fâcheuses; la voilà, la voilà qui reprend ses sens ; Morbleu ! qu'elle est belle !

ROSINE

Ah , Lindor... ! Ah , monsieur ! que je suis coupable ! J'allois me donner cette nuit même à mou tuteur.

Vous , Rosine ! .

ROSINE

Ne voyez que ma punition ! J'aurois passé ma vie à VOUS détester. Ah, Lindor! le plus affreux supplice n'est-iJ pas de haïr, quand ou seut qu'on est faite pour aimer ?

i34 LE EAI-LBIER DE SEVILLE.

I j G A E. o regarde à la fenêtre.

Monseigneur, le re4;our est feriné: l'ëclielie est éûlevée.

LE c o ;j; T E.

Enlevée 1

RO si::? E , trouLlée.

Oui , c'est moi... c'est le docteur. Toilà le fruit de ma crédulité. Il ma trompée. J'ai tout avoué , tout trahi : il sait que vous êtes ici , et va venir avec main- for te.

F I G A R o regarde encore.

Monseii^near 1 on ou\"re la porte de la rrie. B o s 1 X E , courant dans les tras du Comte, avec frajeur.

Ah , Lindor... !

LE c o 51 T £ , avec fermeté'.

Rosine , vous m'aimez! Je ne crains personne : et vous serez ma femme. J'aurai donc le plaisir de punir à mon gré l'odieux vieillard... !

R o si>' E.

-Non, non, grâce pour lui, cher Lindor.' Mon cœur est si plein , que la veugeance ne peut y trouver place.

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