ACTE I, SCENE IV. igS
BARTHOLO
Et sa Suzanne ?
MARCELINE
Elle ne l'auroit pas , la rusée, si vous vouliez m'aider, mon petit docteur, à faire valoir un engagement que j'ai de lui.
Le jour de son mariage? i ,
MARCELINE
On en rompt de plus avancés ; et si je ne craignois d'éventer un petit secret des femmes...
BARTHOLO
En ont-elles pour le médecin du corps ?
MARCELINE
AL ! vous savez que je n'eu ai pas pour vous ! Mon sexe est ardent , mais timide : un certain cliarme a beau nous attirer vers le plaisir, la femme la plus aventurée sent en elle une voix qui lui dit : Sois belle si tu peux , sage si tu veux ; mais sois considérée , il le faut. Or, puisqu'il faut être au moins considérée , que toute femme en sent l'importance , effrayons d'abord Suzanne sur la divulgation des offres qu'on lui fait.
BARTHOLO
OÙ cela menera-t-il ?
MARCELINE.'
Que la honte la prenant au collet , elle continuera de refuser le Comte , lequel , pour se venger, appuyera l'opposition que j'ai faite à son mariage: alors le mien devient certain. ^
BARTHOLO. "
Elle a raison. Parbleu ! c'est un bon tour que de faire épouser ma vieille gouvernante au coquin qui fit enlever ma jeune maîtresse.
MARCELINE, vite. **
Et qui croit ajouter à ses ^ilaisiis , en trompant mes espérances.
E A R T H O L O , Vite.
Et qui m'a volé , dans le temps , cent écns que j'ai sur le cœur.
MARCELINE
Ah .' quelle volupté...!
BABTHOLO.
De punir un scélérat...
MARCELINE
De répouser, docteur, de l'épouser î