SCENE IL
Madame MURER , SIR CHARLES : EUGENIE ,
sortant de sa clianibre , l'air UouLlé , riiabillement en désorfire, les cheveux à lias, sans collier ni rouge^et a])Solument décoilfée.
EUGÉNIE
Qu'ai-je entendu.' Mon frère...
SlR C H AR LES , lui liaisaiit la main.
Chère et malheureuse Eugénie! si je n'ai pu pré-
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venir le crime ,au nioins j'aurai ïa triste satisfaction
de le punir.
EUGÉNIE, cherchant à le retenir.
Arrêtez... Quel fruit attenlez-vous....''
SIR CHARLES, avec frrmete'.
Ma sœur, quand ou n'a plus le choix des moyen», il faut se faire une vertu de la nécessité.
EUGÉNIE, d'une voix nlterée.
Vous parlez de vertu! et vous allez égorger votre semblable.
SIR chari.es, iiiUigué.
Mon semblable .' uu monstre !
EUGÉNIE
Il vous a sauvé la vie.
SIR CHARLE S, fièrement.
Te ne lui dois plus rien.
EUGÉNIE, éperdue.
Grand Dieu! sauvez-moi de mon désespoir... Mon frère, au nom de la tendresse, et sur-tout au nom du malheur qui m'accable... Serois-je moins infortunée, moins perdue quand le nom d'un parjure... quand son souvenir sera effacé sur la terre... (Plus fort.) El si votre présomption se trouvoit punie par le fer de votre ennemi, piel coup affreux pour un père! Vous, l'appui de sa \ipillesse, vous allez mettre au hasard cette vie dont il -i tant besoin... I (D'une voix hrisce. ) pour une mnlheureuse lil'e que tous vos efforts ne peuvent plus sauver. Je vais mourir. (Madame Murer se jette sur un sie'ge contre 1» table et appuie sa tète dessus. )
SIR CHARLFS, avec fru.
l'u vivras... pour jouir de ta vengeance. EUGÉNIE, désespérée, du ton 1p plus violent.
Non : ie n'en suis pas di^ne. En faut-il des preuves.'' Ah! je me nu- prise trop pour les dissimuler. Tout perfide qu'il est, mon cœur se révolte encore