‹ vres choisies de BeaumarchaisChapitre 37 sur 200 · M KT^ AC PERE · texte numérisé non relu

M KT^ AC PERE

Non , clier Dabins ; depuis trente ans que je lui dois mon état et mon bien-être, voici la seule occasion que j'aie eue de prendre ma revanche. .Te quittois le service, ou j'avois eu bientôt caniuuié le chétif patrimoine d'un cadet de ma province. Je revenois chez moi , blessé , réformé , ruiné , sans biens ni ressources. Le hasard me fit rencontrer ici ce digne Aurelly» mon ami dès l'enfance. Avec quelle tendresse il m'offrit un asile ! Il sollicita , il obtint , à mon insu , la place que j'occupe encore ; il fit plus, il vainquit ma répugnance pour un état aussi éloigné de celui que j'avois embrassé. « Prenez, prenez, « (me dit-il); et si vous craignez que l'état n'ho- « nore pas assez l'homme, ce sera l'homme qui ho- « norera l'état. Plus l'abus d'un métier est facile , « moins il faut l'être au choix des gens qui doivent -« l'exercer ; et qui sait, dans celui-ci , le bien qu'un « homme vertueux peut faire .•' tout le mal qu'il peut « empêcher.'' »Son zèle éloquent me gagna ; il m'instruisit au travail ; il me servit de père : ô mon cher Aurelly !

Vous m'avez interdit touie représentation.

M É r. A C PERE.

N'ajoutez pas un mot. Les cent mille francs que vous tenez en lettres de change, sont à moi ; puis-je en user mieux au gré de mou coeur ? A l'égaid du

36 LES t)EUX AMIS.

re.sJe, Saint-Alban est en tonrnée pour trois mois... Aurelly aura le temps nécessaire...

Mais , d'uu moment à l'autre, il peut votls venir tel ordre...

MÉLAC PERE

Je vous ai dit que je vais à Paris : j'y aurai bientôt recouvré les effets d'Aurellv ; j'en ferai de l'argent, si lou m'en demande. Ce n'est ici qu'un bon oflice , comme vous vovez.

Monsieur, je vous admire.

MÉLAC PERE

Allez, mon ami , qu'il ne vous retrouve point a^ ec moi.

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