‹ Œvres complètes de François Arago (volume 3)Chapitre 22 sur 161 · C2CVI NOTICE CHRONOLOGIQUE · texte numérisé non relu

C2CVI NOTICE CHRONOLOGIQUE

partie incandescente du Soleil est gazeuse. G^est par cet eachatnement méthodique d'observations que je montrai comment on pouvait arriver à des notions exactes sur la constitution physique du Soleil. Fourier, à qui j'avais expliqué ma méthode, me fit Thonneur de la citer avec clarté, avec exactitude, en 1824, dans l^Éloge de William Herschel. »

Pour compléter les idées qu*il y a lieu de se faire sur Tétat de cette partie de la science , à l'époque de la mort de M. Arago, le lecteur devra d'ailleurs se reporter au livre XIV de V Astronomie populaire^ consacré à l'étude du Soleil.

Le manuscrit du cinquième Mémoire sur la photométrie est encore de la main de M. Terrien. Ce Mémoire, présenté à l'Académie des sciences le 20 mai d850 , était aussi resté inédit; les expériences photométriques qu*il renferme ont été faites par MM. Laugier, Goujon et Charles Mathieu. Il traite d'abord de la mesure de i'intensité de la lumière de l'atmosphère terrestre frappée direclement par les rayons émanés du Soleil; il sera nécessaire de réunir un assez grand nombre de déterminations semblables pour pouvoir déduire quelque conséquence des apparitions des planètes en plein jour.

La seconde partie du même Mémoire est consacrée à apprécier l'influence qu'un mouvement modéré exerce sur la visibilité d'une lumière faible se projetant sur un fond fortement lumineux. L'observation citée à la page 257, et relative à l'apparition d'ombres très - faibles pendant le mouvement, se trouvait consignée dans un registre écrit en 1815 ; j'ai placé dans l'Appendice, sous le numéro xxxix, le texte extrait de ce registre. On y lit cette

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remarque : « On devra examiner la liaison qu'il peut y avoir entre cette expérience et Tobservation des étoiles en plein jour. Le grand avantage qu'offrent les forts grossissements, dans l'observation des petits objets ou des objets très-faibles , ne tiendrait-il pas principalement à la circonstance que les forts grossissements augmentent le mouvement apparent? » Cette phrase donne une date certaine à la théorie exposée dans le livre Y de l'il^^ronamie populaire consacré à la visibilité des étoiles. A plusieurs reprises d'ailleurs, M. Arago avait communiqué ses idées sur ce sujet à divers savants, et j'ai inséré dans l'Appendice, sous les numéros xxxiv, xxxv, xxxvi et xl, quatre extraits de lettres écrites en 18&7 à M. de Humboldt, et que ce dernier a publiés dans les notes du tome III du Cosmos.

M. Arago avait eu trop d'occasions de constater que les différences de constitution dans les yeux des observateurs basaient varier les conditions de la visibilité des objets célestes, pour ne pas porter son attention sur les phénomènes physiologiques présentés par l'organe de la vue. Les Notes xxxvi à xxxvin de l'Appendice sont relatives à ce sujet; elles datent de 182&, i83&, i8&6 et iShl. Une autre Note qui contient l'exposition d'expériences importantes sur la cause qui modifie l'œil pour l'adapter à la vision des objets diversement éloignés , Note écrite en 1817 à propos d'un Mémoire de M. Brewster, se trouve aussi dans le tome II des Mémoires scientifiques (pages 696 et suivantes ) . Plusieurs fois l'illustre astronome eut la vue atteinte d'affections plus ou moins graves qui l'inquiétèrent, et finirent par lui donner le

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pressentiment qu'il ne mourrait qu'aveugle* Dans un cours rapporté plus haut, M. Brewster a dit que malheureusement les craintes de mon vénéré maître se sont réalisées. Comme Galilée et Jean-Dominique Gassini, il dut recourir à des yeux étrangers, non-seulement pour achever quelques-unes de ses belles recherches , mais encore pour guider ses pas pendant les derniers temps de sa vie.

Le sixième Mémoire sur la photométrie est consacré à la constitution physique des étoiles, à la mesure des intensités relatives de leur lumière, à la graduation expérimentale du polarimètre^ et à la description du colorigrade et du cyanomètre de M. Arago ; il était resté complètement inédit. Le manuscrit est écrit en partie de la main de M. Terrien, en partie de celle de M. Goujon; une autre partie m'en a été dictée. Les mesures photométriques qui y sont rapportées sont principalement dues à M. Laugier.

J'ai fait dessiner le polarimètre et le cyanomètre dont j'ai donné la description et les figures d'après des instruments que m'a prêtés M. Duboscq.

Ces instruments étaient déjà depuis longtemps livrés à un grand nombre de cabinets de physique par M. Duboscq et son beau-père M. Soleil. Le fait a été constaté en i8&5, devant l'Académie des sciences, à l'occasion d'une protestation de M. Arago contre un Mémoire de M. Peltier sur la cyanométrie et la polarimétrie atmosphériques; cette protestation est insérée dans l'Appendice sous le numéro xliv.

D'ailleurs, M. Arago avait construit un cyanomètre

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dès i815, ainsi que cela résulte d'une communication ins^ée en janvier 1817 par H. Biot dans le Bulletin de k SodéU philamatique. Ce fait est rappelé par mon yénéré maître dans une Note insérée dans le tome VII des Œuvre» (page Ull^) , que j'ai déjà mentionnée précédemment (page cvi). Dans cette même Note se trouve consignée ( pages ii&3 et A./iâ) un moyen auquel M. Arago attachait de rimportance pour déterminer les pouvoirs dispersifs coii4)aratifs de toutes sortes de substances. Les physideos qui savent les avantages que Ton a tirés dans ce but de remploi des raies de Frauenhofer, comprendront que M. Arago ait tenu à l'honneur d'avoir le premier eu ridée de se servir, pour la détermination des pouvoirs ^isp&rmfsj des spectres interrompus.

Les expériences qui ont servi à la graduation expéri-* mentale du polarimètre ont été exécutées par M. Laugier, sous la direction de M. Arago. Le cyanomètre, je viens de le constater, a été construit, pour la première fois, en 1815; le polarimètre a été présenté en 18&.5 à l'Académie des sciences. Le 11 novembre 1850, M. Arago a aussi communiqué à l'illustre corps savant une note sur la graduation de cet instrument, qui n'est que l'extrait d'un passage de son sixième Mémoire sur la photométrie.

Avant de graduer exactement son polarimètre, M. Arago se contentait de déterminer les positions dans lesquelles il Callait mettre les plaques de glace pour neutraliser la po^ larisation de la Imnière sous toutes les inclinaisons de la surface réfléchissante.

J'ai placé dans l'Appendice, sous les numéros xli et XLU, le relevé des observations faîtes à ce sujet par l'il-

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lustre physicien en i81& et 1815; elles présentent la détermination de l'angle de neutralisation de la lumière polarisée sous diverses inclinaisons et par diverses subtances et la mesure de Tangle de polarisation complète. On voit par ces documents avec quelle persévérance M. Arago a poursuivi ses recherches sur le même sujet pendant près de quarante années.

La propriété de polariser plus ou moins la lumière étant une propriété spécifique, et la détermination de Fangle de polarisation complète ou de polarisation maximum étant une chose facile d'après les expériences de M. Arago, l'illustre physicien a proposé de s'en servir pour reconnaître la nature des corps réfléchissants. C'est à un tel essai qu'ont été soumis des diamants présentés en 18A.â à l'Académie des sciences ; la Note qui concerne cette application de la polarisation est placée dans l'Appendice sous le numéro xliii.

Le septiènie Mémoire sur la photométrie est consacré à la solution de divers problèmes d'astronomie et de météorologie par Temploi des méthodes et des appareils décrits antérieurement; il a été communiqué le 17 juin 1850 à l'Académie des sciences, mais le compte rendu de la séance n'en indique que très-succinctement la substance. Le manuscrit qui a servi à l'impression est en partie de la main de M. Arago lui-même, en partie de celle de M. Terrien; quelques passages m'ont aussi été dictés par mon illustre maître, et j'ai fait tous les calculs dont les résultats s'y trouvent relatés.

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Dès 1833 M. Arago avait prévu, en rédigeant son Mémoire sur le carré du cosinus , les applications qui se trouvent maintenant réalisées. La mesure de la hauteur et la détermination de la nature des nuages, Tétude de la loffliëre cendrée, la comparaison du bord lumineux de la Lune aux taches sombres qu'on a appelées des mers, les observations de la lumière de Jupiter et de ses satelfites» sont autant de sujets dont il s'occupait depuis Tépoque où il avait inventé sa lunette polariscope.

Jai réuni, dans les Notes XLvin et uix de T Appendice, les observations que mon illustre maître a faites sur la lumière de la Lune et que j'ai retrouvées dans ses registres; quelques-unes remontent à 18ii. L'idée de rechercher dans la lumière cendrée une sorte de mesure de l'état plus ou moins nuageux de l'atmosphère terrestre a été soumise en 18â3 h l'Académie des sciences*

 la fin de la Note numéro xlv de l'Appendice se trouvent (pages 558 et 560) les observations faites en 18/1.2 sar ia polarisation de l'atmosphère terrestre éclairée par la Lune.

Les observations de la polarisation de la lumière des halos et d'arcs remarquables apparus sur les nuages, que Ton doit au savant physicien , sont placées sous les numéros xlvi et xlvii dans l'Appendice.

Quoiqu'il eût eu recours à des collaborateurs très-habiles et très-actifs pour essayer de suppléer à l'état de sa vue devenant tous les jours plus alarmant, et tâcher d'achever un grand nombre de recherches entreprises depuis

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longtemps, M. Arago ne se faisait plus guère d*ilIusion» vers la fin de 1850, sur l'impossibilité où il serait de mener à terme tous les travaux qu'il avait entrepris ; il sentait sa santé et ses forces dépérir ; il résolut de publier les projets d'expériences quMl avait conçus et de léguer à ses successeurs l'achèvement de son œuvre. Il dicta en conséquence à M. Terrien son Mémoire intitulé : « Projets d'expériences destinées à. compléter les résultats déjà obtenus en 1815 et années subséquentes, relativement au maximum de densité de l'eau, à la réfraction de l'eau sur diverses pressions, à l'influence de la température sur la réfraction des corps, et à la réfraction de l'hydrophane imbibée de divers liquides. » Le préambule de ce Mémoire, avec une analyse sommaire des matières qui s'y trouvent contenues, a seul été publié dans le compte rendu de la séance du 5 août 1850 de l'Académie des sciences. Je n'ai eu qu'à faire dessiner deux figures pour compléter le texte que j'ai imprimé. J'ai relevé d'ailleurs dans les registres d'observations tous les résultats d'expériences et toutes les notes qui m'ont paru se rattacher aux divers sujets dont il est question dans le Mémoire, et je les ai insérés dans l'Appendice sous les numéros l à lui ; il en résulte que les premières expériences de mon illustre maître sur la réfraction de l'eau à diverses températures remontent, non pas seulement à 1815, comme il avait cru s'en souvenir, mais bien à 1811. Les expériences sur ta réfraction de l'hydrophane imbibée de divers liquides ont été communiquées le 15 septembre 1830 au Bureau des Longitudes.

SUR LES OEUVRES D*ARAGO. ccm

Les Notes li et lu relatives aux diverses influences qui agissent sur la réfraction et aux phénomènes de polarisation observés avec un prisme de verre, exigent que je donne ici quelques explications. M. Arago attachait une grande importance aux changements moléculaires qae la compression, la trempe ou d'autres actions mécaniques pouvaient produire dans la constitution intime du Terre, changements mis en évidence par des phénomènes de réfraction et de polarisation singuliers. Les deux Notes Li et ui, consignées dans les registres d'observations à des époques que je ne saurais préciser, montrent ses préoccupations et décrivent des faits curieux sur lesquels M. Brewster a de son côté appelé l'attention du monde savant dans plusieurs circonstances. Les prétentions de l'illastre physicien d'Édinburgh sur quelque invention en cette matière ont à plusieurs reprises amené de vives critiques de la part de mon vénéré maître. Dans le tome II iss Mémoires scientifiques (pages 694 à 700) se trouvent sîi pages où la question est vivement discutée à propos des effets que le fluide qui humecte la cornée peut produire sur les observations astronomiques. Voici encore sur ce sujet une Note publiée en i816 dans le tome P" des Annales de chimie et de physique, et qui m'avait échappé, lorsque j'ai arrêté la composition des volumes des Mémoires :

c Dans une lettre de M. Brewster communiquée à TAcadémie des sciences par M. Biot» on lit que : « le verre, le muriate de 90Qde, le spath fluor et les autres corps qui ne possèdent pas la double réfraction ou qui la possèdent imparfaitement peuvent recevoir la structure qui la donne au moyen d'une compression ou d^oiie dilatation mécanique. Si une plaque de verre est courbée

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par Teflbrt de la main, le côté concave acquiert la stractare d^ne des deux classes de cristaux doués de la double réfraction, et le côté convexe acquiert la structure de Tautre classe : ces deux structures sont séparées par une ligne noire, c*est-à-dire où la double réfraction est nulle. »

ff J*ai transcrit fidèlement les expressions de la lettre de M. Brewster, quoique je ne devine pas ce quMl entend par double réfraction imparfaite. C'est incontestablement une chose trèscurieuse que la chaleur, une pression mécanique, etc., donnant au verre ce genre de structure qui le rend propre à dépolariser diversement les rayons de différentes couleurs, et qui appartient» comme on le sait, aux cristaux doués de la double réfraction : mais de ce que deux corps ont Tun et Tautre une même propriété particulière, est-on en droit d*en conclure qu'une seconde propriété, qui pourrait bien ne pas dépendre de la première, doit également leur être commune? Avant de dire que quelques diamants ont la double réfraction, ne faudrait>il pas avoir aperçu une double image en regardant au travers de leurs faces? Dans Tétat actuel de nos connaissances, il est évident que tout cristal doué de la double réfraction doit dépolariser la lumière qui le traverse, du moins dans certaines circonstances ; mais la proposition réciproque est loin d'être certaine. J'avais insisté sur cette distinction en 184 1, dans le Mémoire où, pour la première fois, je décrivis les phénomènes de la dépolarisation que présentent le mica, le sulfate de chaux, le cristal de roche et même le verre *. Les expériences que M. Blet a faites depuis à l'aide de couches épaisses de certains liquides me semblent en démontrer la nécessité. M. Brewster avait récemment adopté cette manière de voir : j'ignore si de nouvelles expériences l'ont fait changer d'avis ; mais toujours est-il certain que dans les ouvrages anglais les plus récents (voyez a Journal of Science and tJie Arts, edited at the Royal Institution of great Britain, 1816, page 118) on présente de simples observations de dépolarisalion de la lumière comme des preuves de l'existence de la double réfraction dans certains corps, tels que le muriate de soude, le fluate de chaux, l'alun et le diamant, à travers lesquels, du moins que je sache, on n'a jamais aperçu de double image.

« M. Brewster annonce qu'il a construit un dynamomètre chromatique qui mesure les forces par le développement des teintes, comme aussi un nouveau thermomètre et un hygromètre. U ijoute

1. Voir notamment pa^es 42, 50, 54, 64 da tomo l« des Mémoires teientifiqwt.

SUR LES GBDVRES D'ARAGO. ocv

<|Qe 90D Mémoire sur ce sujet a été adressé & sir Joseph Banks, vers le 20 janvier 1816.

f Le muriate de soude, le spath fluor, la gomme copal, le diamnt, etc., peavent recevoir la structure doublement réfringente par l'effet de la chaleur propagée. L^obsidienne possède naturelleoent les divers ordres de franges qui s'observent dans les verres éduaffés ou rapidement refroidis.

c Les cristallins des animaux ont la propriété de la double ré* fraetion; ceux des poissons la possèdent d'une manière trèscnrieose : les portions intérieure et extérieure ont la structure d^ine classe de cristaux, et la portion centrale a la structure de Tiotre classe. Les figures qu'on aperçoit, par les moyens connus, irec la lumière polarisée, ne sont pas les mêmes dans les différents diamètres de la sph^e cristalline; d'où il résulte que sa omstraction générale n'est pas symétrique. Les yeux des quadrupèdes donnent des figures différentes; la cornée a une cristallisatioo dirigée vers le sommet.

c En coagulant des gelées animales dans des caisses de bois ou de verre, l'auteur leur a donné, d'une manière permanente, la stroctore des cristaux doublement réfringents, et elles ont produit de très-belles couleurs.

• L'aberration de sphéricité dans les lentilles peut être corrigée, do moins à très-peu près, à l'aide d'une différence de densité que M. Brewster dit être parvenu à leur donner.

c M. Brewster avait déjà publié en 1815, dans les TtansacHons V^Hosaphiqties, un Mémoire étendu sur la dépolarisation que la limère éprouoe en traversant différents corps des règnes minéral, m$mtl et végétal. Des extraits de ce travail ont été insérés depuis dans presque tous les journaux anglais (voyez, par exemple, les àmuUes de Thomson], Peut-être ne sera-t-il pas hors de propos de remarquer à cette occasion que, du vivant de Malus, c'est-àdire en ISll, il a para dans le Moniteur (voyez aussi V Analyse des tfmaux de la première Classe de l'Institut pour l'année 1811 ) un Mémoire de ce célèbre physicien dont M. Brewster n'a pas eu cemaissanoe, puisqu'il ne le cite nulle part, qui est aussi relatif à la d^larisation de la lumière, et dans lequel se trouvent consi- Safe la plupart des résultats que le savant écossais donne comme aooveaox. Le peu d'attention que les physiciens accordent génénlement à l'histoire de la science fournit maintes occasions de fUre de semblables remarques. »

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Cette Note est très-modérée dans la forme. Dans la Notice sur les phares (tome III des Notices scientifiques^ tome YI des Œuvres) se trouve Fexamen de la réclamation que M. Brewster avait élevée contre Fresnel à propos des phares lenticulaires. Ici la polémique a pris les allures les plus vives. Cet ejoamen, fait par M. Arago, avait paru en 1828 dans les Annales de chimie et de physique; la Notice sur les phares la reproduit dans son entier, h l'exception des lignes suivantes, mises dans les Annales au bas d'une page :

« ravais jagé convenable de montrer, par quelques citations, & quel point M. Brewster, si riche d'ailleurs de son propre fonda, éprouve le besoin de s'associer aux découvertes des vivants et des morts; mais la liste est devenue trop longue pour une note; je la supprime donc , en prévenant néanmoins M. Brewster qu^elle est tout à fait à sa disposition et que je la soumettrai au public dès quMl en témoignera le moindre désir. >

Mais entre des hommes qui avaient concouru à enrichir la science de brillantes découvertes, les dissentiments ne pouvaient résister à l'épreuve du temps. Dans les premiers jours de 1849, M. Arago usa de son influence dans TAcadémie des sciences pour faire élire M. Brewster, en remplacement de Berzelius, I*un des huit associés étrangers de ce corps savant. Voici la lettre de remerciment que M. Brewster fit parvenir à l'illustre secrétaire perpétuel de l'Académie ;

« Mon cher Monsieur,

« Je vous remercie de votre aimable billet du 6 janvier, par lequel vous m'annoncez mon élection comme un des huit associés

SUR LES OBUVRES D'ARAGO. ccvu

deriDstitot. II n^est pas nécessaire que je vous dise combien j'attache de prix à cet honneur, et parce qu'il donne à mes travaux adeotifiques Tapprobation de TAcadémie la plus distinguée du ■oode» et parce que je le dois à la recommandation de M. Biot et de Tons-méme dont les brillantes découvertes dans le même champ où û a été de mon lot de travailler, ont formé avec celles de ftaoel une époque dans Thistoire des sciences physiques.

i Je vous prie de bien vouloir présenter à FAcadémie des icieDces mes plus vifs remercîments pour Téminente distinction dont elle vient de m'honorer.

«GEoyez-moi, mon cher Monsieur, toijyours tout à vous.

« D. BUBWSTEB. »

SM^ooard's Collège, St-Andram, SO Janvier ltM9.

Ainsi r histoire des sciences dira que si des hommes comme MM. Biot, Brewster et Ârago ont eu parfois à combattre leurs opinions, ils n'en éprouvaient pas moins les uns pour les autres des sentiments d*une profonde estime qu'ils aimaient h se témoigner mutuellement, aussîtàt s^rès que le bruit de leurs querelles s'était apaisé.

Le dernier Mémoire que contient le premier volume des Mémoires scientifiques a été dicté en 1853 pour être communiqué h, l'Académie des sciences ; la mort a frappé l'illustre savant avant que ce dernier désir pût être satisfait.

J'ai imprimé ce Mémoire d'après le manuscrit écrit : de la main de M. Goujon ; je n'ai eu qu'à y ajouter les . figures et la description de l'appareil à interférences de ; mon vénéré maître , appareil dont M. Duboscq a bien ' voulu à ma prière faire monter un modèle dans ce but. Cet appareil est propre à la détermination des indices de réfraction de tous les corps dans des circonstances oh

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les moyens ordinaires de mesure seraient insuffisants ; il a été imaginé afin de lever toutes les objections que pouvait laisser remploi d*un appareil plus simple dont M. Arago s'était servi avec Fresnel, en 1818, pour comparer, au moyen des interférences, les indices de réfraclion de Tair sec et de l'air humide.

Les résultats obtenus dans les expériences faites en commun par Fresnel et M. Arago, ont été publiés en 1822 dans le supplément à la chimie de Thomson. J'ai inséré dans l'Appendice, sous le numéro liv, le passage de cet ouvrage qui relate les faits en question .

La Note numéro lv relative au moyen imaginé par M. Arago pour augmenter l'intensité de la lumière dans l'étude des phénomènes d'interférences, se compose d'une autre citation de l'ouvrage de Thomson et d'un passage dicté en i85â par M. Arago pour être joint à la description de son appareil d'interférences. La Note se termine par une remarque sur l'utilité de l'emploi d'un compensateur que présente l'instrument , et sur lequel M. Arago est revenu dans son Mémoire sur les affinités des corps pour la lumière. ( Voir tome II des Mémoires scientifiques, page 72/i.)

Le deuxième volume des Mémoires scientifiques (tome XI des Œuvres) renferme des Mémoires ou Notes sur des sujets plus variés que le premier, mais la plupart des questions qui s*y trouvent traitées n'ont occupé M. Arago que pendant un temps généralement. assez restreint ^ et

SDR LES ŒUVRES D'ÂRAGO. cciz

elles ne demanderont pas isolément de très-grands détails historiques ; leur nombre assez considérable, trenteoeuf sujets y sont traités, exigera cependant que quelque développement soit donné à la revue que je dois en faire.

Les expériences exécutées en 1822 à Montlhéry et àVOlejnif, sur la proposition de Laplace , par une commission du Bureau des Longitudes composée de MM. de Pnny, Bouvard, Arago, Mathieu, et à laquelle ont été adjoints MM. de Humboldt et Gay-Lussac, dans le but de déteraiiner la vitesse du son dans Tair, ont été exposées dans un Mémoire rédigé par M. Arago. Ce Mémoire aparodaos la Connaissance des temps pour 1825 et dans ^ tome XX des Annales de chimie et de physique; VAn~ (Nutre du Bureau des Longitudes de 1823 en a donné 00 extrait. C'est M. Arago qui a tiré des expériences entreprises sur la propagation du son les conséquences qa'dles comportent. J'ai reproduit intégralement ce Mémoire en tête du deuxième volume des Mémoires ^^ifiqaes.

D*aQtres importantes questions de physique générale ^^ M. Arago concourut également à résoudre, sont ^lles de la détermination des forces élastiques de la '^ipeur d'eau à des températures élevées et de la vérification, pour de très-fortes pressions, de la loi énoncée par l'abbé Manotte relativement à la proportionnalité inverse ^ voloine d'une masse gazeuse et de la compression à ^\k elle est soumise. La multiplicité des accidents

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auxquels donnaient lieu au conunencement de ce siècle les machines & vapeur, dont l'usage s*était alors tout à coiq) répandu dans Tindustrie française encore inhabile à les établir et à les surveiller, avait attiré fortement l'attention du gouvernement. L'Académie des sciences fut coasultée en 1823 sur la nature des règlements préventifs qui pourraient prévenir les explosions des chaudières, sans entraver le développement que prenaient les manufactures employant la nouvelle force motrice. Oa ne tarda pas à reconnaître que des données scientifiques sérieuses manquaient pour résoudre les difficultés complexes de la question, et il fut décidé que des expériences à ce sujet seraient entreprises sous les auspices de T Académie; MM. Arago et Dulong furent chargés de les exécuter.

Dans un rapport qui fut adopté en 1829 par l'Académie, M. Dulong a exposé les résultats produits par les recherches qu'il a effectuées en collaboration avec son illustre ami et qui les occupèrent plusieurs années.

Mp Arago a pris soin de dire, dans le texte que j'ai imprimé, le but des expériences et de décrire les appareils et les méthodes d'observation suivies. J'ai fait faire les dessins que j'ai publiés d'après les planches des Mémoires de l'Académie des sciences ; j'avais d'ailleurs vu les diverses parties des appareils à l'Observatoire, où ils étaient conservés du vivant de mon vénéré maître.

Le rapport de M. Dulong ayant été critiqué en Angleterre^ en 1839, très-peu de temps avant la mort de cet illustre physicien, et sans qu'il eût pu répondre à son antagoniste, M, Arago a regardé comme un devoir de défendre son ami et collaborateur contre les imputations

SDR LES CBUYRES D*ARA60. ùtsn

qvd loi étaient adressées. La réponse de mon vénéré maître au membre de la Société des ingénieurs civils de Londres qui avait entrepris de diminuer Timportance du travail des savants français termine Texposé que j'ai imprimé. Il est aujourd'hui bien établi que MM. Arago et Dolong ont été les premiers savants qui aient osé soumettre les gaz et les vapeurs à d'énormes pressions.

Après les Mémoires consacrés aux grandes expériences de physique générale auxquelles M. Arago a pris part, fai placé ceux qu'il a laissés sur l'astronomie théorique 6t pratique.

Tout le monde sait que le lY* volume de Fouvrage eéièbre intitulé Base du système métrique, renferme les observations et les mesures faites d'après Tordre du Bureau des Longitudes par MM. Biot et Arago, de i806 à 1808, poiu* achever le prolongement de la mesure de la méridienne de France, de Barcelone jusqu'aux lies Baléares, opération interrompue par la mort de Méchain.

On voit, par les nombreux détails donnés dans le compte rendu des observations que contient le IV* volume de la Base du système métrique, la part importante que M. Arago a prise dans ce travail, qui a fait si glorieusement honneur à l'astronomie française.

M. Biot revint en France lorsque les mesures spécialement ordonnées par le Bureau des Longitudes étaient terminées ; M. Arago resta seul pour exécuter des opératioiis géodésiques entre Fermentera et Mayorque dans

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le but d'obtenir la mesure d*un arc de parallèle sous cette latitude.

L'introduction du IV volume de la Base du système métrique a été écrite par M. Biot; elle est suivie de la note suivante : « Ici se termine l'exposé de la partie des travaux primitivement ordonnés par le Bureau des Longitudes. M. Arago s'était proposé d'y joindre le détail particulier de ceux qu'il a exécutés seul pour la mesure de l'arc de parallèle compris entre Fermentera et Mayorque...; il a jugé à propos de réserver cette partie historique pour servir d'inti'oduction à l'exposé même de ses observations, qu'il destine au volume suivant. » Ce volume, qui devait être le V de la Base du système métrique, n'a pas été publié, mais le Mémoire qae j'ai imprimé lui était destiné.

Tous les détails relatifs à la triangulation entre Formentera, Iviza et Mallorca (p. 71 à 93) ont été relevés dans les cahiers d'observations de M. Arago, où tous les calculs étaient effectués de sa main. Cette triangulation n'avait jamais été publiée.

Viennent ensuite divers documents relatifs à des communications faites, soit au Bureau des Longitudes, soit à l'Académie des sciences, en 1808, en 1836 et en i8&l, sur le calcul de la vraie distance méridienne de Dun- J^erque à Fermentera. Le livre XX de YAstrotiomie populaire (tome III, pages 310 à 3&1) complète du reste cet exposé et donne la description des appareils employés et les résultats généraux obtenus.

. On se rappelle que M. Arago ne revint en France de son opération à Mayorque et à Formentera qu'à travers

SUR LES OEUVRES D'ARAGO. ccxm

de grands périls et après une dangereuse captivité. Le rédt s'en trouve dans Y Histoire de ma jeunesse, qui complète le Mémoire sur la mesure de la méridienne de Praoce.

MM. Arago et Biot firent aussi à Fermentera de nombraises observations barométriques et prirent la mesure de la longueur du pendule à secondes par la méthode de Borda, mais avec des appareils un peu différents et qm sont de leur invention ; la description en est donnée dans le livre XXIII de Y Astronomie populaire (tome lY, pages 50 à 59). Je dois seulement ajouter ici que les procès-verbaux des séances du Bureau des Longitudes mentionnent qu'avant son départ pour TEspagne, le 16 août 1806, « M. Arago lut un Mémoire dans lequel il rendu! compte de quelques erreurs auxquelles on est exposé dans la mesure du pendule invariable. » L'illustre astronome revint plus tard sur ce sujet; car, dans le procès-verbal de la séance du 17 juillet 1816 du Burean des Longitudes, il est constaté qu'il présenta une Note sur le raccourcissement des fils dans l'observatioQ du pendule. « En amenant, dit ce procès-verbal, d'après M. Arago, le plan dans l'appareil de Borda tangentieUement & la boule du pendule oscillant, il faut prendre garde de ne pas soulever cette boule, car le fil se raccourcit à l'instant et ne reprend pas sa longueur primitive lorsque le plan s'éloigne. »

U ne m'a été remis ni manuscrits ni registres d'observations ou de mesures sur ces anciens travaux, non plus qœ sur quatre autres communications mentionnées en ces termes dans les mêmes procès - verbaux : « 11 no--

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vembre 1818, latitude de Dunkerque ; — 25 novembre 1818, latitude de Barcelone; — 7 novembre 1821, compte rendu des observations faites sur les côtes de France et d'Angleterre par MM. Arago et Mathieu ; — 33 octobre 1822, compte rendu des opérations faites entre Blanc-Nez et Dunkerque. » J'ai seulement troavé le court résumé imprimé de la page 107 à la page ±1&, et qui termine le Mémoire sur la méridienne.

Jai imprimé le Mémoire sur les cercles répétiteurs d'après le texte de la Connaissance des Temps de ±816 publiée en J813; il s'y trouve consigné quelques observations faites pendant la mesure de la méridienne d'Espagne et le résumé d'un grand nombre d'observations exécutées postérieurement, et desquelles il résulte que pour éliminer toute cause d'erreur dans les déterminations des latitudes par les cercles répétiteurs, il faut observer des étoiles situées au nord et des étoiles situées an sud du zénith ; viennent ensuite des remarques intéressantes sur les anomalies que présentent les changements de forme et d'étendue des images des étoiles dans les in* struments ; enfln le Mémoire est terminé par le compte rendu des séries d'expériences faites pour mesiirèr la latitude de Paris et les résultats des observations du Soleil.

Au commencement de 1853, l'illustre astronome est revenu sur ce sujet dans diverses communications faites à TAcadémie des sciences , et dont les résumés , dictés à M. Goujon , forment les Notes « sur la latitude de PaiiSt sur l'application de la télégraphie électrique

SDR LES OEUVRES D*ARAGO. ecxv

perfedionDement de la carte de France, sur l'emploi des cerdes répétiteurs, des théodolites, des secteurs zénithaux, des lunettes zénithales, et sur les erreurs des observatioos B insérées de la page 138 à la page 1&8.

Le Mémoire sur l'attraction des montagnes est, à proixement parler, l'analyse critique d'un ouvrage dans lequel le baron de Zach pensait avoir démontré que le iDODt Mimet exerce sur le fil à plomb une action expliquant les erreurs constatées dans les observaticms de laliliide aux environs de Marseille ; j'ai imprimé ce Mémoire d'après le texte de la Connaissance des Temps pour 1819 publiée en 1816.

La Note sur les opérations géodésiques exécutées en Italie par les ingénieurs géographes français, principariement par M. Gorabœuf, et celle sur les observations dn pendule faites par M. Sabine, pendant le premier voyage du capitaine Parry, dans le but de déterminer faooélératîon du pendule entre Londres et l'Ile Melville, ont été publiées en 182/i dans la Connaissance des Temps pour 1827; elles complètent la série des écrits de 1. Arago relatifs à la mesure de la Terre.

Le Mémoire sur les étoiles multiples est la première (Riblication de M. Arago sur la constitution physique des corps célestes, sujet qu'il a éclairé de tant d'observations et de vues nouvelles ; il a été imprimé en 1825 dans la Cmnaissance des Temps pour 1828. J'en ai reproduit le tote, quoique plus tard» en 188&) M. Arago ait inséré

ccxvi NOTICE CHRONOLOGIQUE

également sur les étoiles multiples, dans V Annuaire du Bureau des Longitudes y une Notice scientifique qui, augmentée de quelques pages écrites en 18/i2, puis revue et complétée en 1852, est devenue le livre X de V Astronomie populaire (tome I , pages 447 à 494) . On peut voir par la comparaison du Mémoire de 1825 et du texte de V Astronomie populaire combien en trente ans la science s'est enrichie de notions positives sur les satellites d'étoiles et les divers systèmes stellaires, et quelle est la part qui revient à M* Ârago dans ces brillantes conquêtes de l'astronomie moderne.

La Note sur la parallaxe de la 61* du Cygne rend compte des incertitudes que la détermination de la distance de cette étoile à la Terre, distance dont M. Arago s'est occupé en 1812, 1815, 1825, 1834, 1838 et 1852, doit laisser aux astronomes. Cette Note a été dictée en 1852; elle devra être rapprochée d'une autre Note de VAstronomie populaire (tome I, page 444) qui montre avec quelle noble loyauté l'illustre savant reconnaissait une erreur. Il avait conquis le droit, en agissant ainsi, de ne pas laisser des faits mal observés s'introduire dans la science et de rejeter, par exemple, l'observation de l'étoile paraissant se mouvoir d'un mouvement propre sur laquelle on trouvera une Note à la page 429.

La Note sur l'invention du micromètre oculaire, publiée en 18â0 dans les Annales de chimie et de physique^ critique les prétentions qu'un membre de la Société astronomique de Londres 5 le D' Pearson, avait élevées sur

SUR LES ŒUVRES D*ARAGO. ccxvu

Vinvention d'un micromètre composé de prismes de cristal de roche situés au dehors d'une lunette armée d on grossissement variable ; elle démontre que M. Pearson avait vu un pareil instrument en 18 j 9 à TObservatoire de Paris, entre les mains de M. Arago, qui du reste avait présenté un micromètre prismatique oculaire, à grossissement variable au Bureau des Longitudes dès 1814. Cet instrument est décrit dans le livre XIV de. ÏAsiTwiomie populaire (tome II, page 77), livre où se trouve fondu , comme je l'ai dit précédemment , un Mémoire préparé en 1816 et 1820 sur les micromètres.

Sous ce titre : Sur quelques Instruments et Observortixm astronomiques, j'ai réuni treize Notes relatives soit à des perfectionnements introduits par l'illustre directeur de l'Observatoire de Pms dans divers instruments asbfonomiques , soit à quelques observations remarquables, savoir : vérification du mural par un appareil de réflexion placé devant l'objectif de la lunette de cet mstrument (1812); — moyen de tirer partie des fragments d'un bon objectif achromatique (1816) ; — emploi (fan prisme pour rendre plus faciles les observations des étoiles (1819) ; — emploi d'une tourmaline pour enlever du champ d'une lunette la lumière nuisible à l'observation des petites étoiles (1823); — nécessité d'éclairer également les microscopes le jour et la nuit pour rendre les observations comparables (1828); — emploi d'une lunette sans grossissement pour l'observation des satellites de Jupiter (1835) ; — éclairement des fils des mimmètres par la lumière produite par un couple voltal^ue

ûBLym NOTICE GHRONOLOGIQUB

(i838); — évaluation de rirradiation (1859); —erreurs causées par l'emploi des lunettes à court foyer (IS&O);

— agrandissement des images des étoiles résultant d'un objectif réduit par un diaphragme (i8&0); — observation des étoiles doubles par un miroir mobile (iS&i) ;

— inégalité des formes d'une image circulaire observée successivement par chacun des deux yeux (i8&&); — moyens d'éprouver une grande lunette (i8&&).

L'importance de toutes les questions si ingénieusemoni résolues par mon vénéré maître, et qui auraient pu dcmner lieu à de longs Mémoires de la part de beaucoup de savants, justifiera sans doute le soin que j'ai mis à faire le dépouillement de simples indications épaises dans diverses publications ou dans les procès -verbaux du Bureau des Longitudes ou de l'Académie des sciences.

C'est au même ordre de travaux que se rapportent les deux Notes présentées à l'Académie en IShl sur l'éclairement des fils des réticules et des micromètres, puis sur la lumière électrique et sur le micromètre oculaire à double réfraction, que j'ai insérées à la suite des précédentes.

Afin d'avoir une histoire complète des travaux et des idées de H. Arago sur ce sujet, il faut d'ailleurs m«itionner encore l'analyse critique du Traité de M. Brewster relatif aux instruments, analyse qu'il a publiée en i81A dans le Bulletin de la Société philomatique, et une autre Note du même Bulletin sur une chambre obscure et un microscope périscopiques. Jai imprimé ces deux documents aux pages 319 à 33& et 838.

Toutes les Notes que je viens de rappeler prouvait

SUR LES OEUVRES D'ARAGO. ooix

avecqael zèle et quelle persévérance l'illustre directeur de rOhservatoire de Paris s'est toujours occupé des questioDs d'astronomie pratique. Parmi toutes ces questions, ODe des plus importantes et des plus difficiles est certai* Dément celle des erreurs personnelles des observateurs. Sur ce sujet délicat, M. Arago a jeté une vive lumière, d^abord dans un Rapport lu en i8&2 h FAcadé* mie sur deux Mémoires, l*un de M. Eugène Bouvard, Taota^ de M. Victor Mauvais, relatifs à Tobliquité de récUptique, ensuite dans un Mémoire spécial lu en février 1853 et imprimé dans les Comptes rendus sous ce titre : « Moyen très-simple de s'affranchir des erreurs personnelles dans les observations des passages des astres au méridien •!> J*ai eu soin, en réimprimant ces deux documents, de citer en notes au bas des pages trois extraite des séances du Bureau des Longitudes de 1810, de 1813 et 1818 prouvant, la première, que dans des observar* âoDs faites en commun avec MM. de Humboldt et Marthiea pour déterminer la latitude de Paris, Tinfluence posonnelle des observations avait été constatée par M. Arago; et les deux autres, qu'il avait expliqué, par la ^persion, les différences de l'obliquité aux solstices d'hiver et d'été, et qu'il avait appelé l'attention des astronomes sur la nécessité de tenir compte de l'influence exercée par les changemente de température sur les distances focales des lunettes.

En 1813, M. Arago écrivit aussi dans un de ses repstres une Note relative aux phénomènes de l'irradiation et aox apparences des images lumineuses, que j'ai imfrimée & la page 335.

ocxx NOTICE CHRONOLOGIQUE

Le Mémoire inédit (pages 305 à 310) relatif à Finfluence des lunettes sur les images, dicté par M. Arago en mai 1853, quatre mois avant sa mort, se rapporte encore aux erreurs d'observations, à l'influence des aberrations de sphéricité et de réfrangibilité, et de celle de l'irradiation et de l'intensité lumineuse, à l'action des diaphragmes sur la grandeur des images. Il s'y trouve consigné un grand nombre d'observations dont quelquesunes remontent jusqu'à 1810. On voit par là combien ce sujet l'avait longtemps préoccupé, et on comprend l'importance qu'il y attachait quand on considère le grand nombre de mesures dont il a enrichi l'astrononûe sur la forme et les dimensions des astres dont notre système solaire est formé. Or, les mesures qu'il avait entreprises, et qu'il a conduites à terme avec une persévérance admirable, ne pouvaient acquérir toute leur valeur qu'a[Nrès une discussion attentive de toutes les causes d'erreur qui étaient de nature à les affecter.

Le Mémoire sur Mars est le seul des Mémoires que M. Arago se proposait d'écrire sur les corps planétaires, dont il ait eu. le temps d'achever la rédaction au point de vue de l'exposé général des méthodes d'observation et des conséquences à attendre de ce genre de recherches. Cet exposé a été dicté à la fin de 1852 et au commencement de 1853 à M. Goujon, puis communiqué à l'Académie des sciences le 31 janvier 1853 ; un résumé très-sonmiaire en a été donné dans le compte rendu de la séance. Les pages 3&5 à 265 sont conformes au ma-

SUR LES OEUVRES D*ÂRA60. ccxn

oosmt. Le dépouillement des registres ainsi que le calcul des observations m'ont été confiés ; les résultats de mon travail remplissent les pages 266 à 30/i.

Jai dû commencer par relever les observations relatives à la détermination du zéro de la division de Téchelle de la lunette prismatique de Rochon employée par M. Arago, afin de connaître le nombre dont il fallait corriger les mesures enregistrées.

J*ai fait ensuite les moyennes de chaque série d'observations, et, corrigeant le résultat de l'erreur du zéro, je Tai inscrit dans la table que j'ai publiée avec les remarqaes mentionnées dans les registres, et qui étaient de oature à expliquer la valeur des observations qui ont été faiteseniSll, 1813, 18U, 1815, 1817, 1837, 18&5, 18&7. Le calcul de l'aplatissement de Mars était dès lors facile à faire dans chaque cas particulier.

Pour déterminer la valeur des parties de l'échelle de la lunette et conclure des nombres contenus dans les registres les valeurs absolues des diamètres de Mars, M. Arago a exécuté la mesure directe de signaux de dimensions connues, placés sur la façade du Luxembourg et observés de l'Observatoire. Il a aussi exécuté une triangulation destinée à déterminer exactement la distance de l'Observatoire au Luxembourg; j'ai rapporté tous les détails de ces opérations. La valeur des parties de l'échelle étant obtenue, j'ai pu dresser enfin une table des grandeurs angulaires observées pour les diainètres de Mars pris dans différents sens. Une autre série de mesures du diamètre polaire et du

di«nètre équatorial de la planète a été exécutée par

OOin NOTICE GHRONOLOGIQOB

H. Arago en 1815 avec son micromètre oculaire à grossissement variable ; j'en ai également relevé et calculé les résultats.

Enfin j'ai relevé avec soin toutes les observations consignées par M. Arago dans ses registres sur les taches que présente le disque de Mars, et j'ai fait faire les gravures des figures que plusieurs fois il avait dessinées lui-même immédiatement après ses observations.

Pour Mercure^ Yénus, Jupiter et ses satellites, Saturne et son anneau, enfin Uranus, mon travail était désormais facile.

J*ai relevé avec soin toutes les Notes des registres concernant ces corps planétaires , j*ai fait les moyennes des observations corrigées de l'erreur du zéro, et enfin j'ai calculé les valeurs des diamètres d'après la valeur connue des parties de l'échelle. Cette portion de mon travail occupe les pages 342 à &28.

Les mesures de Mercure ont été faites pendant les passages de cette planète sur le Soleil en 1832 et 18&8.

Les mesures des diamètres de Vénus ont été prises en 1810, 1812, 1813, 181& et 1815.

H. Àrago avait commencé en 1853 à dicter quelques Notes sur Jupiter, et il avait d'ailleurs conmiuniqué une partie des résultats qu'il avait obtenus sur les éclats relatifs de la planète et de ses satellites au Bureau des Longitudes en 1820, 18/i2 et 18&3. Pour les bandes, j'ai fait graver les ûgures que l'illustre astronome avait lui-même dessinées. Les mesures que j'ai trouvées dans les registres et que j'ai calculées se rapportent à 1810,

SUR LES CEUVRES D'ARAGO. oaim

IMl, 1812, 1813, 1814, 1815, 1817, 1819, 1820, 1835, 1837^ 18&2. Plusieurs des notes qui accompagnent les résultats des mesures sont très*détaillées.

Les mesures de Saturne et de son anneau sont précédées de Notes historiques écrites sur un des registres d'observations , de détails communiqués au Bureau des Ii)ngitudes ou à l'Académie des sciences en 181&, 1838, 18(0 et i8&2, de remarques sur la visibilité des satellites datant de 18/iO, enfin d'une Note dictée en 1851 sur les effists singuliers produits par l'aspect de l'étrange planète sur des personnes non habituées aux observations. Les mesures ont été prises en 1810, 1811, 1812, 1813, mh, 1815, 1817, 1822, 1823, 182/i, 1828, 1833, 18&2, 18/i7. Quelques figures ont aussi été gravées d'i^rès les croquis de M. Arago.

Sur Uranus, l'illustre astronome n'a fait que quelques observations en 181 &•

Les mesures micrométriques dues à M. Arago et relatives aux six principales planètes, dont le tome IP des Mémoires scientifiques présente, comme on vient de le Tmr, l'ensemble et les détails, sont au nombre de plus de 3,000; elles étaient restées complètement inédites; s^ement, Laplace, dans la cinquième édition de VEooporàûm du système du monde (182/i), a publié les résultats suivants comme lui ayant été donnés par M. Arago : I Le diamètre moyen apparent de Vénus (page 3& ; serait de 31'\30 ; le diamètre polaire de Mars serait au diamètre éqoatorial dans le rapport de 189 à 19/1 (page 36); le diamètre de Jupiter dans le sens des pôles est à odui de son équateur, à fort peu près, dans le rapport

ccuiv NOTICE CHRONOLOGIQUE

de 167 à 177 (page 38); le diamètre apparent de Tanneau de Saturne est égal à 71'M5, sa largeur apparente est de 10''. 71. » Dans les différents livres de V Astronomie populaire consacrés aux planètes, on trouve d'ailleurs un historique de tous les travaux antérieurs à ceux de l'illustre directeur de l'Observatoire et des développements sur la constitution physique de ces astres.

M. Arago a commencé à s*occuper de l'étude des taches du Soleil en 1816; il a publié alors dans le tome III des Annales de chimie et de physique des considérations relatives à leur nature, à leur fréquence, à leur influence possible sur les météores terrestres; j'ai reproduit textuellement ces considérations, et je les ai fait suivre des catalogues des taches solaires observées à Paris, que l'illustre astronome publia annuellement pendant neuf ans (1822 à 1830) dans les Annales de chimie et de physique ; j*ai terminé par la réimpression du rapport fait en 18/1.5 à l'Académie des sciences sur le Mémoire de M. Laugier relatif aux conséquences que l'observation des taches permet de tirer pour la détermination exacte de la rotation du Soleil. Dans la Notice sur Herschel, publiée en 18/i2 dans Y Annuaire du Bureau des Longitudes, M. Arago est entré dans de grands détails historiques et critiques sur ce sujet; mais ces détails ont été intégralement extraits de cette Notice pour être introduits à leur place soit dans le livre XIY de V Astronomie populaire, soit dans la Notice sur Galilée insérée dans le tome III des Notices biographiques.

SUR LES OEUVRES D'ARAGO. ocixv

Les premiers travaax de M. Arago sur les comètes datent de 1805 ; ils se rapportent à une comète dont il avait alors calculé les éléments ; il eut la bonne fortune, en 1819, de faire remarquer la ressemblance des éléments de cet astre avec ceux de la comète découverte par Pons à Marseille en 1818. Cette comète était périodique; elle a porté depuis le nom de comète d'Encke. M. Arago a publié à son sujet , de 1819 à 1823 , dans les Annales de chimie et de physique, diverses Notes ; je les ai reproduites sous le numéro i dans les pages où j'ai rémii la partie des recherches et des écrits de mon vénéré maître sur les comètes qui n'ont pas pris place dans VAitronomie populaire.

Xai pla^ sous le numéro ii^ et par ordre de date, les Notes successives que M. Arago a insérées soit dans les Annales de chimie et de physique, soit dans les Comptes rendus de ï Académie des sciences, soit enfm dans VAnmatfe du Bureau des Longitudes, sur la comète de 1759 oade Halley; ces Notes ont été écrites en 1818 et 183& poor ce qui concerne les calculs du retour de cet astre dans le dix-neuvième siècle, retour arrivé en 1835 ; elles datent de 1835 et de 1836 pour tout ce qui est relatif à la vérification des théories que Tobservation directe permit de faire et à la découverte des changements physiques que M. Arago constata le premier dans la constitution de la tête de la comète.

La Note numéro m sur la chaleur des comètes et la natore de leur queue, avait paru en 1816 dans les Annales de chimie et de physique; celle numéro iv sur la direction habitoeile des queues cométaires, avait été imprimée en 18&3

cuKVi SOTICB CHRONOLOGIQUE

dans les Cernâtes rtndm de r Académie des $cienies.

C'est eu 1819, pendant ra{>pariti(Hi de lA comète brillante qui pendant cette année occupa si fortement tous led astronomes et le public » que M. Arago fit pour la première fois usage de la polarisation dans le but d'à** nalyser la lumière des astres chevelus. Ses observations furent consignées en 1820 dans les Annales de chimie et de physique. Il a revu sa rédaction en 1853 et y a ajouté un exfarait d'une Note historique publiée par H. de Humboldt dans le tome P** du Cosmos. L'illusti^ astr<h nome discute particulièrement la question de savoir si Ton a observé la comète pendant qu'elle s'est projetée sur le Soleil et si son noyau était diaphane ; il réfute aussi l'opinion que la queue de cette comète ait pénétré dans l'atmosphère terrestre et que le brouillard de 1783 ait été dû au passage d'un corps cométaire dans le voisinage de la Terre. Enfm la Note sur la brillante comète de 1819 se termine par la discussion d'une prétendue observation de phases que l'astre aurait présentées; cette discussion avait été publiée en 1820 dans les Annales de chimie et de physique. Je ne dois pas manquer de rap* peler que, sur tous ces sujets, M. Arago est revenu avec plus de détails dans le livre XVII de V Astronomie popiir ladre.

Les Notes vi à xiii relatives aux comètes de 1816, 1822, 1823, 182&, 18/iO, 18/i2, à la grande comète de 18&3, enfin au dédoublement de la comète de six ans trois quarts, dite de Gambart ou de Biela, sont extraites des Annales de chimie et de physique ou des Comptes rendus de l'Académie des sciences; elles ont été écrites

SUR LES OEVVRfid D*ARA€0. ccxxvii

iffiiséifiateftient &tMrÀs que les observations qu*élleii décria vent étoient effectuées. Elles complètent les trayaux de nihstre directeur de l'Observatoire de Paris sur les comètes. Quant à la Notice insérée dans Y Annuaire du Bureau des Longitades pour 18S2, elle a été refondue entièrement dans Y Astronomie populaire et profondément modifiée ; je n'ai pas dû la reproduire dans son premier eut.

Pour les étoites filantes, comme pour leâ combles, j'ai réoni par ordre de date toutes les Notes de M. Arago qo n'avaient pas été insérées dans le livre XXYI de l'Agronomie populaire consacré aux météores cosmiques. Ces Notes sont principalement relatives k quelques météores remarquables observés à Worthing et k Cambridge en 1818 ; à des apparitions de bolides constatées à Richemond, à Rhodes, en diverses villes de France et d'An-^ ^eterre^ à la Martinique, en 1622 ; & des phénoknèAes vus en diverses villes d'Europe^ en 181& et iSÛh ; à deà météores lumineux aperçus sur le disque du Soleil et pendant Une éclipse en 1625 ; aux étoiles filantes périodiques èi OMis de novembre et à celles du mois d'août, observées en 18S6 et 1837. Toutes ces Notes avaient été publiées dans les Annales de chimie et de physique ou dans les Comptes rendus ée VAcaiéfnie des sciences; elles sont complétées par un rapport fait en 18&7 k T Académie par rfllustre astronome sur un Mémoire de M. ÉddUard Biot eoncemant les étoiles filantes et les bolides Observés en Chine à des époques reculées.

M. Arago s'est attaché avec insistance k montrer l'im-

ccixYtil NOTICE GHRONOLOOIQUE

portance des météores cosmiques dans le système da monde. La plupart des astronomes^ même les plus illustres et les plus hardis dans leurs conceptions sur la constitution de l'univers , avaient méconnu le rôle que les météores y jouent et les considéraient conmie trop exclih sivement terrestres.

Après les travaux de mon vénéré maître relatifs à Tastronomie, j'ai placé ses recherches sur diverses questions de physique qui n'avaient pas pris place dans d'autres parties de ses œuvres.

Je savais qu'il avait fait, entre 1819 et 1830, de nombreuses observations thermométriques dans le but de déterminer les variations diurnes et annuelles de la température dans les couches du sol les plus voisines de la surface ; j'avais même eu entre les mains le registre dans lequel ces observations étaient inscrites.

D'ailleurs, dans l'analyse de la séance de l'Académie des sciences du 15 août 1825, publiée dans le tome XXX des Annales de chimie et de physique, on lit ces lignes : « M. Afago communique des observations qu'il a faites, durant les dernières chaleurs, avec des thermomètres diversement enfoncés dans le sol du jardin de l'Observatoire royal. »

L'illustre physicien voulait, avant de publier ses observations, les faire corriger par le calcul d'une erreur dépendant de ce que les réservoirs et les tiges des instruments ne se trouvaient pas dans les mêmes conditions thermales.

Je n'ai pu retrouver le registre contenant toute cette

SUR LES OEUVRES D'ARAGO. onxn

série de recherches de l'illustre physicien, et j'ai dû me borner à publier un extrait de la Théorie mathénuUique de la chaleur de Poisson, à qui M. Arago avait communiqué qaelque&-uns des résultats qu'il avait obtenus. J'ai fait suivre cet extrait d'une Note historique sur la question^ note publiée par M. Arago en 1818 dans les Annales de chimie et de physique.

On connaît l'importance que présente, dans la théorie dinnagnétisme terrestre, l'étude, de la forme et du déplacement de l'équateur magnétique. Le rapport fait en 1831 par M. Arago sur le Mémoire de M. Morlet relatif à cette ligne complète les diverses discussions que contiennent sur le même sujet la Notice consacrée au magnétisme terrestre (tome lY des Œuvres, page 51ii), et le rapport si intéressant auquel a donné lieu le beau voyage de M. Duperrey (tome IX des Œuvres j pages 187 à 196).

Les physiciens n'ignoraient pas que M. Arago avait fait des observations journalières sur l'électricité atmosphérique, mais rien n'avait été publié' sur les résultats qu'il avait obtenus. J'ai dépouillé le registre qui contenait les observations et j'en ai présenté le résumé. Ces observations étaient au nombre de près de 3,000 et avaient été faites en 1829, 1830 et 1837. Leur discussion a fourni des renseignements intéressants tant sur la nature de l'électricité la plus habituelle de l'atmosphère que sur l'intensité et les variations du phénomène.

f ai fait suivre cette étude de l'électricité atmosphé-

ooni NOTICE CHRONOLOGIQUE

lique de quelques Notes qui complètent les documents ooatenus dans le premier volume des Notices scientifiques (tome IV des Œuvres) entièrement consacré» conmie on Ta vu, à rétoctricité et au magnétisme.

Les douze premières Notes étaient restées inédites ; le manuscrit en est de la main de H. Arago ; elles décrivent ou indiquent divers phénomènes peu connus ou mal observés qu'il y aurait lieu de soumettre à un examen plus rigoureux.

Les Notes xni , xiv, xv et xvj avaient été publiées ea i82/t et 1826 dans les Annales de chimie eê de physique; elles sont relatives à des accidents singuliers produits par la foudne ou au phénomène de la grêle que ne peuvent prévenir des perches plantées dans les champs.

La Note xvii était restée inédite ; elle a été écrite en i65i ; elle résume les faits découverts par Tillustre physicien ea oe qui concerne la nature électrique des aurores boréales et leur relation avec les phénomènes du magné* tisme terrestre.

Enfin la Note xviii, publiée ^ 1822 dans les Annales de chimie et de physique^ démontre que les brouillards secs, n'exerçant aucune action sur l'aiguille aimantée, n'ont pas de connexion avec les aurores boréales.

Je dois ajouter^ pour ne rhvi laisser dans l'oubli « que M. Arago, dans ses premières recherches sur l'aimantation* avait fait des expériences dans lesquelles il avait reconnu que les décharges électriques aimantent le fer ou Tacier en transmettant leur action à travers le bois, le verre et les autres substances isolantes, sans éprouver de cb^Mngement sensible dans leur énergie. Après la de-

SUR LBS GBUV1IC9 O'ARAOO. tsaxti

ooQverte de l'influence que dans Tétat de mouvement, tontes les substances , mais surtout les métaux, ex^cent sur l'aiguille aimantée, M. Savary reprit, avec Tassenti^ ment de l'illustre directeur de T Observatoire, Texi^men de la question , et reconnut que certaines épaisseurs mé^ talliques empêchaient l'aotion des décharges électriques de se transmettre à des aiguilles d'aci^ placées au centre de cylindres de cuivre, d'étain, d*argent, etc. Ce com«plément des recherches de TOtm vénéré maître n> pas encore été terminé. Il reste à faire plus d'une découverte du» cette branche de la science, dont on lui doit la fande création.

Sous le titre de Sur quelques phénomènes curieux, j'ai réuni plusieurs Notes éparses, publiées de 1820 à 1828 dans les Annales de chimie et de physique^ sur certains états de Tair relatifs soit k des faits d'électricité, soit à des faits de sonorité qui auraient besoin d'être observés avec attention, sur la forme des nuages, sur des bruits souterrains, sur un singulier phénomène de végétation, sur une tempête extraordinaire.

Le Mémoire sur les dépressions de l'horizon de la mer avait paru en 1824 dans la Connaissance des Temps pour 1827; je l'ai réimprimé sans aucun changement; il conclut que le seul moyen d'arriver à une grande précision dans les mesures des hauteurs à la mer, est de rapporter les astres à deux points opposés de l'horizon.

GCixxii NOTICE CHRONOLOGIQUE

Les huit Notes réunies sous ce titre commun Sur divers phénomènes d'^optique, se rapportent à des météores lumineux que M. Arago a eu Toccasion d'observer ou de signaler sans en poursuivre assidûment l'étude. Â l'exception de la note numéro ii sur un antisoleil, d'une partie de la note numéro iv sur des arcs-en-ciel extraordinaires, de quelques parties de la note numéro v sur les dimensions des halos solaires et lunaires, de la note vi sur le nombre des couleurs primitives , elles avaient été publiées dans les Annales de chimie et de physique on les Comptes rendus de V Académie des sciences. J'ai extrait les notes restées inédites des registres d'observations de mon vénéré maître,

A peine entré à l'Observatoire de Paris, à sa sortie de l'École polytechnique, M. Arago devint le collaborateur de M. Biot pour un travail expérimental sur la réfraction des gaz, qui fut présenté au Bureau des longitudes le 6 décembre 1805. Le Mémoire rendant compte des recherches faites en commun par les deux physiciens, fut rédigé par M. Biot et lu le 26 mars 1806 à la Classe des sciences mathématiques et physiques de l'Institut sous le titre de Mémoire sur les affinités des corps pour la lumière et particulièrement sur les forces réfringentes des différents gaz.

Ce Mémoire débutait par une détermination, plus exacte qu'on ne l'avait encore eue jusqu'alors, du rapport du poids de l'air au poids du mercure, ce qui a fourni une valeur directe du coefficient de la formule barométrique servant au calcul des hauteurs.

SUR LES ŒUVRES D*ARAGO. ocxxxnt

En 1852, M. Arago a voulu reviser ses recherches anciennes, et il a dicté à M. Goujon et à moi un Mémoire que Ton peut regarder comme nouveau*

Le Mémoire rédigé par M. Biot est d'abord analysé ; viennent ensuite des détails sur des expériences entreprises en commun avec M. Alexis Petit et exécutées en 1813 sur l'oxyde de carbone, le gaz des marais, le gaz oléfiant, rhydrogène sulfuré , les vapeurs de sulfure de carbone, d'éther muriatique et d'éther sulfurique, le cyanogène.

Le Mémoire sur les puissances réfractives et dispersives des liquides et de leurs vapeurs, dont j*ai fait Thistoire précédemment (page clxxvi), est aussi le fruit de cette collaboration de M. Arago et de M. Petit, son beau-frère.

La détermination des indices de réfraction par la méthode des interférences occupa activement M. Arago i^rs le même temps; les recherches qu'il a entreprises à ce sujet sont en partie analysées dans un Mémoire déjà cité et dans une note de Fresnel extraite de la chimie de Thompson, mais j'ai dû ne pas laisser inédites diverses Notes écrites en 1816, 1817 et 1818, dont le manuscrit est de la main de M. Arago et qui rendent compte des expériences alors exécutées par mon vénéré maître.

Une Note, dictée en 1852, expose ensuite les conséquences des anciennes expériences exécutées sur l'air sec et sur l'air humide, indique comment l'appareil de l'illustre physicien pourrait servir de baromètre et de thermomètre^ explique les modifications imaginées pour vérifier les premiers résultats avec un appareil de grandes dimensions muni d'un compensateur, donne enfin un

oonuv NOTICE GHRONOLOQIQUB

extrait des recherches que M. Fizeau voalut bien entreprendre pour remplacer mon vénéré maître» alors privé de la vue et condamné à demander h d'autres physi* ciens de poursuivre ses expériences. Le Mémoire remis à M* Arago par M. Fizeau était resté inédiU

. Arago n*a pas eu le temps de rédiger le compte rendu de ses expériences sur les pouvoirs dispersîfs qui termine le second volume des Mémoii*es scientifiques; j*ai dû placer seulement les unes à la suite des autres les Notes qu'il avait préparées ou que j*ai extraites de ses registres*

Les quatre premières pages ont été publiées en 1836 à propos d'une discussion qu'il eut avec M. Cauchy, lequel soutenait que les gaz ne dispersent pas ia luniière.

J'ai placé ensuite des Notes relatives à des expériences faites en 181 i, 1812 et 1813 sur la dispersion de la lumière de la Lune et de celle du Soleil par l'atmosphère terrestre, dispersion mesurée par la détermination de l'heure à laquelle l'interposition de prismes de verre commun suffit pour achromatiser les couleurs produites par l'air.

Une autre méthode, fondée sur le principe du diasporamètre de Rochon, a encore été appliquée par l'illustre astronome tant à la mesure du pouvoir dispersif de Tair qu'à celle du pouvoir dispersif de la vapeur du sulfure de carbone, du cyanogène et de l'hydrogène sulfuré. Tai rapporté les résultats que j'ai pu tirer des registres d'observations.

SUR L|i8 OBUYRCS D*ARA€10. f»iiv

Qd vost, d'après ces détails et d'après ceux que j'ai déjà donnés précéde«iu)nient sm* Ie$ méthodes compléte*- (oeot nouvelles dues à M. Arago pour la détermination des pouvoirs dispersifs comparatifs de toutes les sub* stances, combien cette branche de la science est rode* vaUe à l'illustre physicien.

YIIL — Les Miêlangcs*

Le volume des Mélanges (tonoe XII des Œuvres) ne se compose pas des écrits de M. Arago qui n'auraient pa trouver place dans les autres parties de ses œuvres ; à la rigueur toutes les pièces que j'y ai insérées auraient po entrer dans les Mémoires ou dans les Notices scienti'f^. Mais il y avait un certain intérêt à présenter sous on aspect particulier le talent et le caractère de l'illustre savant. Après l'astronome profond, le physicien inventeur, le secrétaire perpétuel auteur d'un genre de biographies toQt nouveau, le vulgarisateur éloquent des questions de science les plus ardues , il fallait encore montrer l'acadéflttcien sévère dans l'accomplissement de ses devoirs comnne rapporteur des commissions nombreuses dont il a <Hé appelé à faire partie, le savant apte à aborder, à discuter et à résoudre les questions les plus diverses, l'esprit le plos ardent et le plus vif à la réplique dans les polé^ nuques ; il fallait enfin faire connaître l'homme ardent à iJûre triompher la vérité, à protéger les débuts des jeunes l^nunes montrant des dispusitions pour les sciences, ^

ccvLXYi NOTICE CHRONOLOGIQUE

empêcher les découragements, à faire obtenir à tous les justes récompenses de leurs travaux.

Pour atteindre complètement mon but, il eût fallu peut-être publier la correspondance entretenue par Tillustre astronome avec presque tous les savants célèbres c[ui ont répandu une si grande gloire sur la première partie du xix** siècle. Mais une telle entreprise est trop délicate pour être exécutée d'une manière utile et digne sans attendre que de longues années s'écoulent. Se borner à un très-petit nombre de documents suffisants pour faire connaître et l'homme et l'écrivain, m'a paru être le seul parti convenable & prendre.

Tous les grands hommes ont eu à soutenir des luttes contre leurs contemporains. M. Arago plus que tout autre devait passer par cette phase d'amertume et de trouble. Sa renommée était immense, comme sa popularité. H portait ombrage à une foule de médiocrités. A une haute position scientifique conquise par de brillantes découvertes et par un labeur assidu, il joignait une influence politique considérable. Il n'en faut pas tant pour excit»* des haines et des clameurs. Vers 1839, les zoTles s'attroupèrent et voulurent démontrer que l'illustre directeur de l'Observatoire n'avait absolument rien produit d'original, que sa réputation de savant était usurpée. Ils remplirent plusieurs journaux de leurs diatribes. Ils trouvèrent enfin des complices ou des complaisants jusque dans le monde vraiment savant, jusque sur les fauteuils de l'Académie des sciences. La lecture de tous ces pamphlets à plus de vingt ans de distance laisse dans Fesprii

SUR LES 0BUVRB8 D'ARAGO. cniiYU

ridée œrtaine de la profonde confusion que le temps à dû infSger à leurs auteurs.

Cependant Tillustre savant voulut répondre ; la lettre à M. de Humboldt est le cri éloquent de protestation qa'fl fit entendre. J'ai inséré cette lettre, publiée en iS&O et sous forme de brochure, en tête du volume des Mélanges, en y ajoutant seulement les deux Notes des pages &., 5 et &0, qui complètent le texte ; Tune, qui est relative à la mesure de la méridienne , est extraite du ooiqpte rendu de la séance de l'Académie des sciences du 30 mars i8/i.O; la seconde, qui concerne la découverte de mon vénéré mattre sur la polarisation de la lumière des corps incandescents , est un passage de l'éloge de Wilb'am Herschel prononcé en 182/i par Fourier.

La Note sur M. le baron de Zach et sa correspondance astrononnque est une réponse à une série d'attaques que M. de Zach écrivait à Gènes contre tous les astronomes, mais principalement contre les astronomes français : La^Iace, Delambre, Bouguer et d'autres savants moins illustres n'étaient pas épargnés ; chose triste à dire, ces diatribes ne restaient pas sans écho. M. Arago en fit justice en 1821, dans deux articles des Annales de chi-nieei de physique, que j'ai reproduits simplement à la suite l'un de l'autre.

Appelé souvent à composer des biographies, à rechercher les véritables auteurs de grandes découvertes ou de faits d'un 'ordre secondaire, à mettre les inventeurs i leur rang , à lutter contre des prétentions injustes

QCULXVUi NOTICE CHROIVOLOGIQOE

d*ainour-propre individuel ou national , i'iiluBtre secrétaire perpétuel de l'Académie chercha quelles devaient être les règles de conduite d*un historien des sdences. II posa quelques principes à cet égard dans une note de la Notice de i8/i2 sur Herschel, à propos de la part à faire h, Galilée dans Tétude des taches solaires. Plus tard, dans le sein de l'Académie, il a blâmé l'abus que l'on fait des paquets cachetés et la portée trop grande qu'on serait tenté de leur attribuer dans les questions d'antériorité. ]^a publicité. Surtout par voie d'impression, lui semblait le meilleur moyen de prendre date d'une maniëre certaine»

Les cinq pages sur la prise de possession des découvertes scientifiques que contient le volume des Mélanges, réunissent toutes les opinions de l'illustre auteur sur cette matière délicate ; il les a relues et corrigées en 1852.

La Note sur les chronomètres et les pendules rappelle la part importante qui revient aux horlogers français dans l'invention de tous les instruments employés k la mesure du temps ; elle se compose de deux parties, publiées : l'une, en 1819, dans les Annales de chimie et de physique; l'autre, en 1824, dans V Annuaire du Bureau des Longitudes; elles rendent particulièrement justice à la perfection des appareils construits par M. Breguet.

Les sept Rapports insérés ensuite sont relatifs à des questions de géodésie ou à des instruments de physique; ils ont été faits à l'Académie en iSiO, 1816» 1818,

SUR LBS OBDVRBS D'ARAGO. ccSêMA

Iffîi, 1^8 A 1839; à Yexcepiim de celm sur te baromètre de BunteD» ils étaîrat restés inédits.

La courte Notice sur les hygromètres se compose de trois {>arties.

La première partie a été écrite en 1818; Tillustre savant, voulant faire rendre à Leroy Thonneur de l'invealion de Thygromètre par précipitation que , dans un article de la Bibliothèque universelle de Genève^ on avait attriboée à Dalton ^ écrivit une lettre dans les Annales it chimie eê de physique^ qu'il signa un abonné.

La seconde partie de la Notice a été écrite en 18/il^ après la mort de Savary, pour faire connaître l'applicalioB que ce physicien avait faite d'un thermomètre métallique très-sensible à Thygromètre par {H*écipitation.

La troisième partie est le résumé resté jusqu'alors îoédit des observations hygrométriques faites, pendant qoinie ans (1816 à 1830), à l'Observatoire de Paris sous la direction de U. Arago.

Les huit Rapports qui suivent ont été lus à l'Académie en 1811, 1812, 1813, 1816, 1818, 1821, 1822 et 1826 ; tous ils étaient restés inédits ; le principal est relatif aux aréomètres pèse-liqueurs ; il donne des détails intéressants sur l'alcoomètre de M. Gay-Lussac.

J'ai placé les uns à la suite des autres trois extraits des Comptes rendus de l'Académie des sciences pour 1843 et iSkk* sur le galactoscope de M. Donné, en rap-

GGU. NOTICE CHRONOLOGIQUE

pelant les circoQstances dans lesquelles M. Arago a cru devoir faire la critique de cet instrument.

La Note sur l'emploi de la gélatine dans un hôpital de Metz expose une observation faite par Tillustre physicien. Il a cru devoir publier cette observation en 1838 dans les Comptes rendus de V Académie , malgré Toppo- * sition qu'y faisaient plusieurs membres de la savante société, parce qu'il a toujours pensé qu'on avait été trop loin en combattant les opinions de M. d'Arcet sur les propriétés alimentaires de la gélatine, quelque exagérées qu'elles fussent d'ailleurs en ce qui concerne l'usage exclusif de cette substance.

Les Notes sur la formation des dolomies (d835), sur une grosse masse de cuivre natif de dimensions extraordinaires (1836), sur une incrustation calcaire d'apparence nacrée (même année), sur la' formation de l'île Julia (1837), sur les cartes de l'île de Ténériffe de M. Léopold de Buch et de MM. Webb et Berthelot (même année) , ont été simplement extraites des Comptes rendus de V Académie des sciences.

La Note sur le dégagement du grisou est le résumé de deux communications faites en 1836 à l'Académie; elle a eu principalement pour but de signaler aux propriétaires de mines l'observation des relations qui^ selon quelques ingénieurs, pourraient exister entre les fluctuations de la pression atmosphérique et le plus ou moins de facilité de l'écoulement du gaz des houillères.

SUR LES ŒUVRES D*ARAGO. ccxu

Les deux Notes sur sir Humphry Davy (1817) et sur M. Melloni (1837) montrent toute la sollicitude de H. Arago pour faire rendre justice aux savants qui, à rétraoger, s'étaient illustrés par des découvertes.

J'eusse dû rapprocher des nombreuses observations relatives à la température de l'intérieur de la Terre et des sources thermales que rapporte la Notice sur les puits forés (tome III des Notices scientifiques, tome VI des (Ewres, pages 316 à 399) le rapport fait par M. Arago, CD 1835, sur im Mémoire de M. Legrand, démontrant la presque invariabilité des températures des sources thermales des Pyrénées. J'ai réparé ma faute, en insérant ce Rapport dans les Mélanges.

M. Arago a publié en 1825 dans Y Annuaire du Bureau ie$ Lmgitudes une table des pressions et des températores auxquelles diverses substances gazeuses se liquéfient, et, en 1835, dans les Comptes rendus de l' Académie, une autre table sur les dilatations des corps solides ; j'ai reproduit ces deux tables avec les remarques qui les accompagnaient.

En 1838, après la mort de M. Dulong, M. Arago s'occapa de la publication des travaux que cet habile physiden avait pu laisser inédits. La Note que j'ai publiée sor ce sujet est la réunion de deux communications faites à TAcadémie des sciences dans le but de faire connaître <liverses lois dont son illustre ami avait enrichi la science sor les chaleurs spécifiques des gaz et sur les quantités

ccxui î^OTICE CHRONOLOGIQUE

de chaleur dégagées dans les combinaisons chimiques.

La Note sur la relation qui existe entre le degré d'ébuilition de l'eau et la pression que supporte le liquide était restée inédite ; je l'ai extraite d'un registre d'observations où M. Arago Tavait consignée après la lecture qu'il venait de faire des Mémoires de l'Académie de Berlin pour 1782.

Les Notes sur le pont suspendu de Fribourg (1855), sur la préservation des métaux (1836), sur l'explosion qui a eu lieu en 1794 à la poudrière de Grenelle (1839), sont extraites des Comptes rendus de V Académie des sciences.

La Note sur les éboulements qui se sont produits en 1818 dans le département de la Meurthe avait été insérée dans les Annales de chimie et de physique; elle montre comment des terrains considérables placés sur des bancs argileux inclinés peuvent glisser h la suite de pluies abondantes. Depuis cette époque beaucoup de faits semblables ont été observés.

De 1817 à 1830, M. Arago a publié chaque année, dans les Annales de chimie et de physique j des catalogues des éruptions volcaniques et de tous les tremblements de terre sur lesquels il parvenait à obtenir des renseignements positifs. Plus tard, il prit soin que les Comptes rendus de F Académie des sciences continssent sur ce sujet tous les renseignements utiles, l'ai été chargé de

S!JR LES OEUVRES D'ARAÛO. ccxliii

ffafifr lou9 ces recensements partiels en les complétant par de» notes inédites qu'il me remit; f ai relu Tensemble de mon travail h mon vénéré maître en 1852 ; il a alors *cté quelques lignes d'introduction et une conclusion tpprobative des recherches de M. Alexis Perrey sur la ïelation qui peut exister entre la fréquence des tremblements de terre et les positions de la Lune, tant dans son orbite que dans les méridiens terrestres des lieux où les phénomènes volcaniques se manifestent.

La Note sur les observations météorologiques publiées dans la Bibliothèque universelle de Genève a paru en 1818 dans les Annales de chimie et de physiçfue; elle répond vivement à des attaques de la Revue genevoise contre plusieurs savants français et discute d'une manière intéressante le plan sur lequel les observations barométriques doivent être établies.

les vents qui régnent dans l'atmosphère terrestre en agitent le plus souvent le fond d'une manière utile à tous les êtres qui habitent la surface de notre planète, et surtout d'une façon profitable k l'homme ; mais malheu- .i^scment aussi, dans trop de circonstances inopinées, ils agissent avec une désolante violence. L'étude d'une question aussi importante ne pouvait pas ne pas être l'objet des méditations d'un savant qui, comme on l'a ^Ti, s'était adonné aux observations météorologiques avec tait de dévouement et de sagacité. J'ai groupé, sous le ftre commun t vents, ouragans et trombes^ tous les écrits ^e mon vénéré maître a composés pour expliquer les

ccxLiv NOTICE CHRONOLOGIQUE

causes et les effets de phénomènes liés tout au moins entre eux par le milieu au sein duquel ils se produisent.

Dès 1818 M. Arago publia dans les Annales de chimie de physique une Note sur la direction dans laquelle se propagent quelquefois les ouragans, à l'occasion d*affi*euse8 tempêtes du nord-est observées en Amérique. Cette Note est comme le premier chapitre de cette Notice scientifique composée par le simple rapprochement de documents épars.

La seconde Note est relative à la théorie des tomados ou trombes qui se font sentir sur un espace considérable tout en présentant un centre vers lequel les vents paraissent avoir des directions ou convergentes ou divergentes. Un physicien américain, M. Espy, ayant soumis en 18â8 à l'Académie des sciences une explication de ce phénomène basée sur un grand nombre d'observations, M. Arago rappela les diverses opinions émises précédemment à ce sujet. En 18&1 un rapport fut fait par M. Babinet sur les travaux de M. Espy, et en 18/i3 et 18&/i le savant américain envoya de nouvelles communications qui furent analysées par l'illustre secrétaire perpétuel de l'Académie.

Sous le numéro m sont réunies deux Notes sur le contre-courant des vents alizés insérées en 1818 et 1819 dans les Annales de chimie et de physique.

Lai description de l'ouragan qui a dévasté la Guadeloupe le 26 juillet 1825, placée sous le numéro iv, a été insérée en 1826 dans le même recueil que la Note précédente ; il en est encore ainsi de la première partie de la Note numéro v sur les transports de poussières k de grandes distances par les vents régnant en mer le long

SUR LES ŒUVRES D*ARAGO. ccxlt

des côtes d'Afrique. La seconde partie de cette Note rapporte un phénomène du même genre observé sur les côtes d'Algérie en 18&6 par M. Leps dont le Mémoire a été inséré en 18&7 dans les Annales de chimie et de physique; M. Arago avait fait un extrait de ce travail exécuté conformément aux instructions qu'il avait luimême rédigées pour les expéditions scientifiques,, ainsi qu'il a été dit plus haut.

La Note numéro vi sur les trombes de terre est la léonion des descriptions données par M. Arago sur divers phénomènes de ce genre observés en 1822, 1823, 1826, 1827, 1829, 1830, 1835, 1839, 1841, 18112 et 1845; ces descriptions avaient été publiées soit dans les résumés météorologiques annuels des Annales de chimie et de physique, soit dans les comptes rendus de l'Académie des sciences ; il n'y a été fait en 1852 que de légers changements de rédaction.

C'est encore des Annales que j'ai extrait les Notes vu et VIII sur les trombes de mer et les vents qui accompagnent les pluies d'orage ; elles sont le simple complément des précédentes et remontent aux mêmes époques.

les différentes Notes que j'ai réunies sous la direction de mon vénéré maître, pour constituer la Notice sur la pression atmosphérique, donnent l'ensemble de travaux qui ont occupé M. Arago pendant toute sa vie scientifique.

Déjà, pendant son séjour à Formentera, en 1807 et 1808, on l'a vu précédemment, il faisait des observations barométriques qui peuvent servir à la fois à la

coavi NOTICB CHRONOLOGIQUE

détermination çle la prQssioQ moyenne dans les îles de la Méditerraoéç, ^ Tappréciatiofi des vai'iations diurnes, et ài des mes^res de hauteur.

En i81/i, dans le Bulletin de la Soeiélé philomatiffue, il publiait une Note sur les observations faites par Ramond, à Clemxont-Ferrand, et les comparait h celles de Pari^ et de Strasbourg,

En 1816, il faisait commencer à Paris, sur un plan nouveau et mûrement discuté, une série d'observations quotidiennes qui ont été poursuivies sous sa direction jusqu'au delà de 1852, et dont les détails ont été constamment publiés chaque mois dans les Annale$ de chimie et de physique; souvent, en outre, du moins entre 1816 et 1830, des Notes explicatives y ont été jointes. En 1824, il inventait un moyen ingénieux pour exécuter des baromètres étalons pour les observations, ou des baromètres portatifs à l'usage des voyageurs ; ce moyen est basé sur la diminution facultative de l'espace vide nommé chambi-e barométrique ; il permet une grande précision dans les observations en rendant d'ailleurs l'instrument trèssolide •

M. Arago a encore découvert, en 1824, que la période barométrique s'amoindrit , abstraction faite du changement de latitude, dans certaines localités voisines de la mer, comme la Chapelle, près de Dieppe, et Marseille, et qu'elle est nulle au Saint-Bernard.

Les plus grands écarts des oscillations barométriques, è^ Paris et dans d'autres villes, les réductions des mesures barométriques au niveau de la mer, l'influence du vent dans les différentes directions sur la pression atmosphé-

SUR LES CEUVUES D^AIUGO. ccxLvn

rique» furent aussi des questions qu'il approfondit ou rétolot.

Tous les trayaux que je viens de résumer sont réunis dans les A.7 pages qui forment la Notice sur la pression aifflesphériqoe ; j'ai exécuté tous les calculs dont les nsoltats s'y trouvent présentés.

Le phénomène de la pluie a été étudié par M< Arago avec la même persévérance que tous les autres météores importante qui exercent une influence plus ou moins considérable sur la vie à la surface du globe terrestre. Ainsi qu'il le dit lui-même, il lui a consacré une partie du temps qu'il lui a été permis, dans sa laborieuse carrière, de donner à la météorologie^

Soit dans les i4nniiaire$ du Bureau des Longitudes^ soit dans les Comptes rendus de V Académie des sciences ^ soit sartout dans les Annales de chimie et de physique^ pendant cette active période de quinze ans (1816-1830) où il a dirigé ce recueil dans une voie si féconde, si utile aux progrès de toutes les sciences, se trouvaient disséminées une foule de Notes sur la pluie, sur ses variations avec les s&isons, avec les lieux, avec les hauteurs, sur son inflaence relativement à ce qu'on appelle le climat. J'ai été chargé du soin de réunir tous ces documents en un corps de Notice sdentifique. En 1852, M. Arago m'a dicté la courte introduction qui est en tète de ce travail ; il a voulu ensuite y metti*e le rapport qu'il a bien voulu faire sur un Mémoire relatif à des expériences que j'avais entreprises sous ses auspices dans le but de déterminer 1% composition des matières contenues dans les eaux

ccxLvih NOTICE CHRONOLOGIQUE

pluviales; par ce Mémoire la permanence de l*ammoniaque, de Tacide nitrique et de divers sels, notaminent du chlorure de sodium, dans l'atmosphère terrestre se trouve mise en évidence.

Sous le numéro ii se trouve placée une Note relative aux quantités de pluie qui tombent & diverses hauteurs au-dessus du sol. C'est en 1816 que M. Arago fit établir deux récipients destinés à recevoir et à mesurer la pluie tombée tant dans la cour de l'Observatoire que sur les terrasse de l'établissement, à 29 mètres plus haut environ. Il découvrit ainsi que dans un même lieu la quantité de pluie tombée diminue généralement à mesure qu'on s'élève. Les divers articles qu'il écrivit sur ce sujet dans les Annales de chimie et de physique en 1817, 1818, 1819 et 1826, ont été réunis par mon vénéré maître qui m'a chargé d'ailleurs de compléter jusqu'à 1853 les tableaux résumant les observations.

Sous les numéros m et iv sont placés les résumés de toutes les observations faites à Paris depuis 1689 jusqu'à 1853 tant sur les quantités moyennes de pluie tombées annuellement, que sur le nombre moyen de jours de pluie ou de neige. Ces Notes ont été écrites en 1852.

Quelles sont les variations qu'éprouvent d'une année à l'autre les quantités de pluie tombant dans le même lieu? Y a-t-il dans ce phénomène de simples oscillations, et quelle est l'importance des écarts observés ? Ou bien a-t-on constaté une décroissance continue, ou au contraire un accroissement prononcé dans la fréquence ou l'abondance des pluies d'où on puisse conclure un changement dans la constitution des climats ? Ces questions

SOR LES ŒUVRES D*ARAGO. ccxux

sont examinées à fond dans la Note numéro v qui se compose de la réunion de divers articles insérés de 182& i 1827, soit dsuis les Annales de chimie et de physique^ soit dans V Annuaire du Bureau des Longitudes ^ et de quelques passages inédits provenant du dépouillement des registres d'observations.

Sous le numéro vi j'ai placé les discours prononcés en 1836 et 18îi8 par l'illustre physicien à la Chambre des députés, à propos de la discussion d'une proposition air la liberté du défrichement des forêts, qui avait conduit naturellement les orateurs à débattre la question de savoir si le déboisement, exécuté sur une vaste échelle, modifie les climats. M. Arago s'attacha à montrer alors te grand nombre de faits qu'il serait utile d'observer et de contrôler pour bien résoudre toutes les parties d'une question très-complexe, quoiqu'il n'y ait aucun doute cependant k conserver sur la réalité de l'influence exercée. Le doute commence seulement à naître lorsqu'on veut se rendre compte des causes qui font varier l'importance et le sens de l'action produite sur les températares extrêmes et moyennes, sur la pureté de l'atmosphère, sur l'état hygrométrique et électrique de l'air, et sur tant d'autres circonstances encore mal définies.

Les cadres des tableaux placés dans les Notes numé- ^8 vu, vm, IX sur la répartition des pluies entre les différentes saisons à Paris et dans quatre-vingts autres stations météorologiques situées dans touteâ les parties de f Europe, sur la variation des pluies avec la latitude, sur •a relation existant entre les quantités de pluie tombant te jour et les quantités de pluie qui tombent la nuit, sur

cet NOTICE CHRONOLOGIQUE

les pluies dans les régions tropicales et en Egypte, ayant été dressés par mon illustre maître^ je me suis efforcé de les remplir d'après les nombreuses notes qu'il avait réunies sur ces divers sujets et qu'il m*a donné à dépouiller.

La Note xiii sur les pluies mêlées de corps étrangers est formée de la réunion de quatorze articles publiés soit dans les Annales de chimie et de physique, soit dans les Comptes rendue de r Académie des sciences^ à des époques peu éloignées de celles oii les faits ont été observés. M. Arago a conclu de Tensemble de ces documents que les pluies colorées sont un simple mélange de Teau météorologique et de diverses poussières arrachées à la terre par les vents et transportées au loin dans Tatmosphère.

La Note xiv sur les neiges rouges avait été publiée en dSiO dans les Annales de chimie et de physique; M. Arago y a ajouté en 1852 cette conclusion que, tandis que la coloration des pluies rouges tient à la présence de ma^ tières minérales* les neiges rouges doivent leur teinte remarquable à des corpuscules organiques.

La Note x\ sur les pluies par un temps serein est formée de la réunion de communications faites à TAcademie des sciences en 1837, 1838, 18&0 et iSlik.

M. Arago a écrit en 1835 la Note numéro xvi sur les prétendues pluies de crapauds» Tout en appelant de nou* velles études sur le phénomène, il penche vers Topiuion de Théophraste, qui regardait comme probable qu'après des pluies survenues à la suite de sécheresses, et à cer^ taines époques, ces animaux pouvaient en grand nombre sortir du sol.

SUR LES GEUVR^S D'ARAGO. ccu

Les Notes xvii et xviii aur les pluies d'une abondance extraordinaire observées, soit sur terre, soit en pleine mer, sont composées de courtes notes manuscrites ou de diverses communications faites en 1827 et 1839 à TAcademie des sciences; elles fixent les idées sur les conditions nécessaires pour qu*on regarde une pluie comme exceptknuelle.

Pendant tout le temps qu*i) publia des résumés météorologiques annuels pour les Annales de chimie et de phfsùiue, mon vénéré maître prit soin de faire connaître les fluctuations des hauteurs de Teau dans la Seine; plus tard, il continua à réunir des documents sur ce sujet , afin de composer une Notice sur les crues de ce fleuve, s&rles grandes inondations observées à Paris et le régime comparé de ce grand cours d*eau dans le passé et dans le présent. Jai publié le travail de l'illustre physicien tel qo'il Fa laissé, en complétant seulement ses tableaux d'après les indications qu'il m'avait données.

La Notice sur la grêle avait été publiée dans YAfhnuttire duBureau des Longitudes pour 1828, avec diverses autres notes météorologiques dont j'ai déjà parlé; je l'ai reproduite sans aucun changement*

La Note sur la composition de l'eau est une réponse, publiée en 18/iO dans les Comptes rendus de V Académie t'es idences, à quelques critiques dont un passage de la Notice biographique sur Watt avait été l'objet en 18/iO dans le sein de l'Association britannique pour l'avancelœnt des sciences» Les critiques portaient sur la part

cctn NOTICE CHRONOLOGIQUE

que M. Arago a faite à Priestley et à Watt dans une des plus grandes découvertes de la chimie à la fin du xvin* siècle. M. Arago a pris soin de conserver Ténoncé de l'adhésion complète que M. Dumas avait donnée à son opinion.

En 1833, 1835, 1836 et 18&6, M. Arago prononça àla Chambre des députés cinq discours très-courts sur Tassainissement des lagunes ; sur le rôle que les indigènes pourraient jouer dans la colonisation de TAlgérie; sur diverses améliorations faites et encore à faire à l'Observatoire de Paris ; sur les fautes commises dans la construction de l'église de la Madeleine; sur un embranche^ ment du chemin de fer à construire entre Narbonne, Perpignan et Port-Vendres. J'ai réimprimé ces discours, qui tous contiennent des faits ou des appréciations d'an réel intérêt.

Les lettres au maire de Toulouse sur le nouvel Observatoire qu'on se proposait en 1839 de construire dans cette ville; au président de la république de Bolivia relativement à la mesure de l'arc du méridien de Santa- Cruz ; au préfet des Pyrénées-Orientales sur les améliorations à exécuter à Port-Vendres ; au ministre de l'intérieur relativement à l'importance qu'il y avait à mettre les découvertes de MM. Niepce et Daguerre dans le domaine public en accordant aux illustres inventeurs ou à leurs familles une récompense nationale, donnent des exemples de la noble simplicité de la correspondance de l'illustre secrétaire perpétuel de l'Académie dfô

SUR LES (EtJVRKS D'ARAGO. ocLm

sciences. La lettre par laquelle il refuse toute candidature à rAcadémie française est un acte qui mérite d'être conservé.

Les Noies relatives & la fabrication des essieux de Fartiilerie, à divers modes de figurer sur les cartes topognphiques le relief des terrains, ont été rédigées en 1825 et 1827; elles étaient restées inédites ; je les ai imprimées d'après des manuscrits entièrement de sa main. Elles proviennent des rapports alors fréquents de M. Arago «ecle ministère de la guerre. Ces rapports s'expliquent facilement parce que l'illustre physicien, examinateur pour l'arme du génie à l'École d'application de Metz, était souvent appelé à faire partie de commissions où se discutaient les questions scientifiques que soulèvent les nécessités de l'armement et de la défense du pays.

U plan de nouvelle organisation militaire de la France, dans lequel l'illustre savant expose le rôle plus considérable qu'il eût voulu voir jouer aux gardes nationales dans le système de défense de la patrie , de manière à pennettre une forte réduction dans le budget, a été rédigé en 1832 ; le manuscrit qui a servi à l'impression est de la main de M. Arago.

Le discours sur la réforme électorale , prononcé en 1840 à la Chambre des députés, quoiqu'une œuvre' essentiellement politique, se rattache encore à la science pv la manière dont la question est traitée. La méthode d'examen et de raisonnement employée est entièrement

CCLVI KOTICE CHRONOLOGIQUE

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