LE TEMPLE
Je connais ton cœur, lui dit la déesse ; tu sais ai- { mer. J'ai trouvé Camille digne de toi : j'aurais pu la donner au plus grand roi du monde; mais les rois la méritent moins que les bergers.
Je parus ensuite avec Thémire. La déesse me dit : Il n'y a point dans mon empire de mortel qui me soit plus soumis que toi. Mais que veux-tu que je fasse? Je ne saurais te rendre plus amoureux , ni Thémire plus charmante. Ah! lui dis-je, grande déesse, j'ai mille grâces à vous demander : faites que Thémire ne pense qu'à moi ; qu'elle ne voie que moi ; qu'elle se réveille en songeant à moi; qu'elle craigne de me perdre quand je suis présent; qu'elle m'espère dans mon absence; que, toujours charmée de me voir, elle regrette encore tous les moments qu'elle a passés sans moi.