CHAPITRE XX
Que les Romains furent dans la nécessité de faire des lois pour la propagation de l'espèce.
Les Romains, en détruisant tous les peuples, se détruisaient eux-mêmes. Sans cesse dans l'action , l'effort et la violence, ils s'usaient, comme une arme dont on se sert toujours.
Je ne parlerai point ici de l'attention qu'ils eurent à se donner des citoyens à mesure qu'ils en perdaient 5 , des associations qu'ils firent, des droits de cité qu'ils donnèrent, et de cette pépinière immense de citoyens qu'ils trouvèrent dans leurs esclaves. Je dirai ce qu'ils firent, non pas pour ré^
1 Liv. VI.
* Tite-Live n'assigne point à ces contrées des soldats pour habitants; mais il remarque qu'il n'y reste qu'un très-petit nombre d'hommes dont on puisse faire des soldats , au lieu qu'autrefois elles en fournissaient Une multitude innombrable.
3 Œuvres morales , Des oracles qui ont cessé.
« Liv. VII, pag. 496.
5 J'ai traité ceci dans les Considérations sur les causes de Ut grandeur des Romains, etc.
parer laperte des citoyens , mais celle des hommes; et, comme ce fut le peuple du monde qui sut le mieux accorder ses lois avec ses projets , il n'est point indifférent d'examiner ce qu'il fit à cetégard ».