‹ vres complètes de Montesquieu avec des notes de Dupin, Crevier, Voltaire, Mably, Servan, La Harpe, etc., etcChapitre 762 sur 1131 · LIVRE XXVI, CHAPITRE XXI CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

LIVRE XXVI, CHAPITRE XXI CHAPITRE XVIII

Qu'il faut examiner si les lois qui paraissent se contredire sont du même ordre.

A Rome , il fut permis au mari de prêter sa femme à un autre. Plutarque nous le dit formellement1. On sait que Caton prêta sa femme à Hortensius 2 ; et Caton n'était point homme à violer les lois de son pays.

D'un autre côté , un mari qui souffrait les débauches de sa femme, qui ne la mettait pas en jugement , ou qui la reprenait après la condamnation, était puni 3. Ces lois paraissent se contredire , et ne se contredisent point. La loi qui permettait à un Romain de prêter sa femme est visiblement une institution lacédémonienne , établie pour donner à la république des enfants d'une bonne espèce , si j'ose me servir de ce terme ; l'autre avait pour objet de conserver les mœurs. La première était une loi politique, la seconde une loi civile.

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