CHAPITRE XXXI
Continuation du même sujet.
Le vilain ne pouvait pas fausser la cour de son seigneur : nous l'apprenons de Défontaines 3 ; et cela est confirmé par les Établissements 4. « Aussi, « dit encore Défontaines 5 , n'y a-t-il entre toi sei- « gneur et ton vilain autre juge fors Dieu. »
C'était l'usage du combat judiciaire qui avait exclu les vilains de pouvoir fausser la cour de leur seigneur; et cela est si vrai que les vilains qui, par charte ou par usage 6 , avaient droit de combattre, avaient aussi droit de fausser la cour de leur seigneur, quand même les hommes qui avaient jugé auraient été chevaliers i ; et Défontaines donne des expédients pour que ce scandale du vilain, qui, en faussant le jugement, combattrait contre un chevalier, n'arrivât pas 8.
La pratique des combats judiciaires commençant à s'abolir, et l'usage des nouveaux appels à s'introduire, on pensa qu'il était déraisonnable que les personnes franches eussent un remède contre
1 Chap. lxhi, page 327; et chap. lxi, page 312.
2 Voyez les Établissements de saint Louis, liv. II, chap. xv ; l'ordonnance de Charles VII, de 1453.
3 Chap. xxi, art. 21 et 22.
4 Liv. I , chap. cxxxvi.
5 Chap. u , art. 8.
6 Défontaines, chap. xxn, art. 7. Cet article et le 21e du chapitre xxn du même auteur ont été jusqu'ici très-mal expliqués. Défontaines ne met point en opposition le jugement du seigneur avec celui du che valier, puisque c'était le même ; mais il oppose le vilain ordinaire à celui qui avait le privilège de combattre.
> Les chevaliers peuvent toujours être du nombre des juges. Défontaines , chap. xxi , art. 48.
8 Chap. xxu, art. 14.
l'injustice de la cour de leurs seigneurs , et que les vilains ne l'eussent pas ; et le parlement reçut leurs appels comme ceux des personnes franches.