CHAPITRE XVIII
Des idées d'uniformité.
II y a de certaines idées d'uniformité qui saisissent quelquefois les grands esprits (car elles ont touché Charlemagne), mais qui frappent infailliblement les petits. Ils y trouvent un genre de perfection qu'ils reconnaissent , parce qu'il est impossible de helepas découvrir : les mêmes poids dans la police, les mêmes mesures dans le commerce , les mêmes lois dans l'État, la même religion dans toutes ses parties. Mais cela est-il toujours à propos sans exception? Le mal de changer est-il toujours moins grand que le mal de souffrir? Et la grandeur du génie ne consisterait-elle pas mieux à savoir dans quel cas il faut l'uniformité, et dans quel cas il faut des différences? A la Chine, les Chinois sont gouvernés par le cérémonial chinois , et les Tartares par le cérémonial tartare : c'est pourtant le peuple du monde qui a le plus la tranquillité pour objet. Lorsque les citoyens suivent les lois , qu'importe qu'ils suivent la même ?
r Voyez Jules Capitolin, in Macrino.
» Ibid.
3 II témoignait en cela beaucoup de sens. Quand le plus inepte ou le plus corrompu des juges, quand le plus fourbe ou le plus accrédité des plaideurs avait interrogé l'empereur sur une affaire particulière , et qu'il avait pu en obtenir un rescrit , c'était une loi de laquelle il n'était pas permis de s'écarter, et que l'on citait hardiment ensuite , contre l'esprit ou les dispositions d'une autre loi , dans toutes les affaires qui présentaient quelque ressemblance. (Charrit.)