‹ vres posthumes de Alfred de MussetChapitre 46 sur 59 · CHANT · texte numérisé non relu

CHANT

Xous avez-vous abandonnés

Anges gardiens de la patrie ?

Plaignez-nous si Dieu nous oublie ;

S'il se souvient de nous, venez !

J'ai cru sentir trembler la tene.

J'ai cru que le ciel répondait,

Et, dans un rayon de lumière.

Du fond des bois une voix m'appelait.

Ce n*est pas une voix humaine :

Il m'a semblé qu'elle venait des cieiix.

JEANNE D'AUC. 197

Mère du Christ, est-ce la tienne?

As-tu pitié des pleurs qui coulent de mes veux? Oui, TEsprit-Saint m'éclaire !

Je sens d'un Dieu vengeur La force et la colère Descendre dans mon cœur.

— En ouerre !

A MADAME A. T

Qii'via jeune amour plein de mystère Pm donne à la vieille amitié D'avoir troublé son sanctuaire.

D'une belle âme qni m'est chère, Si j*ai jamais eu la moitié, Je vons la lègue tout entière,

^ Le jour de sa première visite à madame A. T., AU'red de Musset, ne l'ayant pas trouvée chez elle, écrivit ces vers sur sa carte.

Bonjour, Suzon, ma fleur des bois !

Est-lu toujours la plus jolie?

Je reviens, tel que tu me vois.

D'un grand voyage en Italie, Du paradis j'ai fait le tour; J'ai fait des vers, j'ai fait l'amour.

Mais que t'importe? [Bis,) Je passe devant ta maison ;

Ouvre ta porte.

Bonjour, Suzon !

Je t'ai vue au temps des lilas.

Ton cœur joyeux venait d'éclore, Et tu disais : Je ne veux pas, Je ne veux pas qu'on m'aime encore.

Qu'as-tu fait depuis mon départ?

Qui part trop tôt revient trop tard.

Mais que m'importe? {Bis.) Je passe devant ta maison ;

Ouvre ta porte.

Bonjour, Suzon!

RÈVEKIE

Quand le paysan sème, et qu'il creuse la terre. Il ne voit que son grain, ses bœufs et son sillon. — La nature en silence accomplit le mystère, — Couché sur sa charrue, il attend sa moisson.

Quand sa femme, en entrant, le soir, à sa chaumière, Lui dit : a Je suis enceinte, » — il attend son enfant, Quand il voit que la mort va saisir son vieux père, 11 s'assoit sur le pied de la couche, et l'attend.

Que savons- nous déplus?... et la sagesse humaine, Qu'a-t-elle découvert de plus dans son domaine? Sur ce large univers elle a, dit-on, marché ; Et voilà cinq mille ans qu'elle a toujours cherché!

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