‹ Vue d'ensemble de l'administration fédérale, 1912-1920 [microforme]Chapitre 2 sur 2 · DE · texte numérisé non relu

DE

L'Administration Fédérale

Discours Prononcé à la réunion de l’Idée libérale-

Conservatrice de Montréal; tenue le 11 décembre 1920.

Invité par l'Idée libérale-conservatrice w. \’ontréal à adresser la parole à sa réunion du 11 décembre 199: l’hon. P. E. Blondin, ministre des Postes, résuma la: :ement l’œuvre du gouvernement au pouvoir de 1912 à 1920, et termina en relevant l'attaque faite quelques jours auparavant par l’hcn. A. Taschereau, contre le gouvernement fédéral, au sujet de ses relations avec les provinces et particulièrement celle de Québec,

Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs,

J'ai toujours lu ou'.suivi avez le plus grand intérêt les conférences intéreséantes: de:votre association, et je suis heureux de me joindre à vous touspour remercier monsieur Michaud et Mlle Desautels qui ont ctitinué ce soir la +adition de leurs devanciers. QE

Contribuer quelque peu à enlever du chemin quelqués-uns des obstacles que les évènements des dernières années ont semés sur la route, c’est la tâche que je me propose ce soir et que je vous invite à partager avec moi.

Le pacte de la Confédération a été et sera encore longtemps “ un essai, une tentative de vie en famille”.

En le relisant, à la lumière de l'expérience, on ne peut s’em- . pêcher de songer que si ses auteurs pouvaient être interrogés sur

les conflits possibles qui pourront toujours s'élever pendant de ‘ longues années à venir, ils avoueraient qu’ils en ont laissé, pour la plus grande part, la solution au bon sens de leurs successeurs, et qu’ils ont confié sans crainte leur frêle entreprise à la garde des principes d’éternelle vérité et d’immuable justice qui sont au cœur de tous les hommes.

C'est là qu’il faut porter tous les appels contre les insuffisances ot la rigidité de la loi écrite,

Plus que dans les statuts et les Paperasses parlementaires, c’est dans le cœur et la conscience de nos concitoyens d'autre race et d’autre croyance, si nus savons Y faire appel, que sont les meilleures gosranties de notre avenir.

Ayons la franchise d'admettre que la politique du passé, sans mentionner un parti plutôt que l'autre, a été trop souvent une débauche d’invectives entre les groupes de la famille canadienne, et devant les désastres que ce procédé a accumulés, ayons la sagessc de le bannir de notre vie nationale.

Il faut le dire à la gloire des deux grandes races de ce pays; chez l’une comme chez l’autre, la majorité s'inspire des sentiments les pl: nobles, et c'est le vetit nombre seulement qui s'agite et se complaît dans l'atmosphère des préjugés religieux et des haines de races. EX

Faisons appel, chez nous comme: chez nos frères anglais, à la grande armé: de l'honneur et du doÿeir, — à celle qui s’est révélée à nous dans toute sa splendeur au oups des denils et des sacrifices suprêmes de la guerre, — et méprisyns,: ou plutôt, ignorone les agitateurs qui ne vivent que des tempêtés. qu’ils soulèvent,

L'isolement est-il'justifiable ?

Cet ordre d’idées ine porte naturellement à me demander s’il y a justification dars l'attitude “ d’isôlement jusqu'à la revanche LA dans luquelle le parti libéral canWdién-frnuçais aux Communes s’arroge le droit de placer la province de Québec.

Depuis Cartier jusqu’à Laurier, tot; nos grands chefs politiques ont répudié sans merci cette attitudé d'isolement, et c’est des lèvres de Laurier lui-même que je veux +ays citer l’expression de cette : tradition, (Discours, 2 août 1897, (Paris) :

“Vivant côte à côte avec une population britannique, nous formons avec eux une nation. La force de notre race a été de ne pas faire de politique de race.”

Lafontaine était d’une opinion que je partage entièrement. Il était d’opinion que s’isoler est toujours une erreur, et que pour nous principalement, s’isoler eut été s’enliser dans l’infériorité.

Quelles peuvent être les raisons, nécessairement extraordinaires, qui pourraient justifier l’attitud= prise par le parti libéral de Québec, et qui le met en contradiction si flagrante avec son chef le plus: autorisé, et avec toutes nos traditions ?

Ces raisons, il faut évidemment chercher à les découvrir dans la conduite de l’homme et du gouvernement qui depuis 1911 ont

subi, avec la tourmente de la guerre, la tempête politique la plus formidable que cette province ait encore connue, et si au contraire elles sont ailleurs, essayons d'en signaler la cause,

En quittant le poste de Premier Ministre, Sir Robert Borden emporte avec lui l'estime de ses adversaires les plus acharnés, le respect de tous, et une réputation incontestée d'honorabilité irréprochable,

S'il est un trait qui le distingue entre tous, c'est bien celui de la sincérité de son patriotisme, absolument libre de tous préjugés de race ou de rdigion.

Pour comprendre les attaques personnelles qu'il a dû subir dans Québec, il faut tenir compte que sa race et sa religion, différentes de la nôtre, donnaient à ses adversaires un avantage dent ils n'ont pus manqué de profiter contre lui.

Les mœurs politiques de l’époque, pratiquées dans les deux camps, — avouons-le, — semblaient admettre, en politique comme à la guerre, que tous les moyens sont bons contre l'adversaire, Ayant pour eux l’avantage de la haute personnalité du chef de l'opposition, de sa nationalité et de sa religion, -qui ne pouvaient manquer d'influencer profondément notre province,—ils se sont rendus coupables, comme nous nous en serions probablement rendus nous-mêmes coupables, si nous avions été dans les mêmes circonstances, — d’une campagne de préjugés qui a trop réussi, . ‘;

Toutes les passions furont déchaînées en tempête, au point que lorsque retentit l’appel du devoir, les éléments étaient devenus ‘ncontrôlables. es

Nous verrons plus tard que les chefs de ce mouvement firent des efforts sincères, mais tardifs, pour maîtriser les éléments hors de contrôle, ES

Le temps seul pouvait Jes apaiser; et aujourd’hui que le calme se fait, la figure de l’homme politique le plus calomnié de l’histoire apparaît, meurtrie, il est vrai, mais resplendissante, “comme celle d’un grand blessé, et impose le respect à ses détracteurs eux-mêmes.

Pas plus que l’homme personnellement, le gouvernement qu’il présida ne fit un seul acte qui justifie la campagne de haine et de dénigrement dont je viens de parler.

Depuis la Confédération, jamais le gouvernement n’eut à faire face, à son entrée au pouvoir, à une situation plus chargée de difficultés que celui de Sir Robert Borden, mais aussi jamais gouvernement ne s’est acquitté de sa tâche avec plus de courage, de clairvoyance, d’honnêteté et de patriotisme.

Le Gouvernement à l’œuvre

En 1911, le Souvernement a hérité d’une succession apparemment brillante, mais lourde d'obligations.

Le problème du transport était

dien-Nord, ne pouvant plus avance Tronc Pacifique, toujours à bout d'argent de remplir son contrat à l’égard du Tra ment ne peut contredire ce fait brutal.

Après avoir essayé en vain de les tirer d’embarras, le moment vint, précipité par la guerre, où la position n’était plus tenable, ni pour ces compagnies de chemin de fer, impuissantes à trouver l'argent, ni pour le pays, fatigué de Payer sas posséder, Le Gouvernement acheta pour éviter un désastre findntiér et économique, alors que lun et l’autre auraient semé Ja ruitig'*et gravement compromis le crédit canadien. La solution est onéréuse, mais elle donne au moins AU pays un actif énorme et l'espoir digne compensation à venir. L’outillage des grands ports, l'atnélioration du service de navigation aux Antilles et avec lAmériqte du Sud, une loi pour encou- = rager la construction des navires, approuvée par les principaux chefs libéraux, complètent l’action dû Gouvernement qui, pour supplémenter ce réseau intérieur, a constfuit une marine marchande comprenant 63 navires, tous construifs au Canada, et la plus grande partie dans la province française de “Québec

ose

: Le succès de cette solution dépend beaucoup du développement économique du pays.

Or, dès sa première session,

le Gouvernement a fait adopter un agriculture sous toutes ses formes, e dix millions à cette fin. De 1912

saires à la culture.

sur les profits de guerre, Il a modifié la Joi des banques en autorisant celles-ci à prêter aux cultivateurs sur garantie de bétail et de grains.

’établir sur des terres. Enfin, il a augmenté de dix, dont trois dans Québec: (Lennox-

“Sans une voix discordante le Parlement canadien a exprimé l'opinion que la guerre dans laquelle le Canada est engagé aujourd’hui est une guerre sacrée et que le Canada doit y participer jusqu’à son dernier homme et son dernier sou.” (Canadian Annual Review, 1914, p. 165.)

L’'hon. M. Lemieux, au Canadian Club de Montréal, le 11 septembre 1914: Me -

“Les Canadiens-fancais sont tenus en honneur d’être avec la mère-patrie dans cetts-heure d’épreuve. Du résultat de cette guerre, que je crois juste, dépendent la vie ou la mort des libertés dont nous jouissons. ?

Trente mille hommes 3ont envoyés au secours des alliés dans is. Puis d'a

ment aux besoins des alliés. L'industrie est invitée et poussée à s’adapter aux conditions nouvelles, et l’agriculture stimulée,

Une commission d’achats est organisée pour éviter toutes dépenses inutiles et toute exploitation par les fournisseurs. Cette com-

est contrôlée, et l'expédition: des grains réglementée de façon à ce que la production ne souffre pas. Des missions de commerce sont dépéchées à Washington, à Londres, en France, afin de bénéficier des com-

La victoire Couronhe leffort des alliés. L'armée Canadienne s’est couverte de gloire et de deuil. Le pays témoigne sa reconnaissance. Le gouvernement vote une gratification aux victorieux vivants,

et des pensions ar .ctorieux mutilés et aux familles des héros défunts; 8900 aux célibataires; $1200 aux invalides mariés sans enfants; $1,380 aux invalides mariés, avec un enfant; 81,524, s’ils ont deux enfants; 81,644, s’ils en ont trois et 8120 de supplément pour chaque enfant additionnel. La plus forte pension payée par aucun Paÿs, y compris les Etats-Unis, jusqu’à date. Il établit le département du Rétablissement Civil des Soldats, dont l’objet est de réadapter, par une préparation appropriée, les soldats à de nouvelles occupations, afin de les rendre utiles au pays et à eux-mêmes, et de diminuer proportionnellement les charges du trésor.

Il organise en plus le rétablissement agricole pour ceux qui sont disposés à prendre des terres et leur avänce l'argent nécessaire à leur ‘établissement.

Près de 40,000 demandes de terres et de prêts ont été approuvées, et ceux qui ont pris des terres donnent les meilleures espérances.

Il crée l’assurance-vie en leur fdvéur, sans examen médical, afin de protéger l’avenir des vétérans de 14 guerre.

se CAT . + e ....

6 ee LELLE] .…

Paix, le Canada, représenté par trois délégués, formule l’idéal nouveau des conditions ouvrières: salaire égal-à:travail égal; journée de huit heures partout où cela est possible, appèl à la coopération du capital et du travail. Au Canada, il réunit des représentants des industriels et des travailleurs en une conférence nâtionale portant sur tous les sujets intéressant l’industrie et le. travail. Conformément à la constitution qui réserve le droit civil‘ sux provinces, et aux règlements de la conférence internationale ‘du travail qui, dans le cas des pays fédérés, oblige l’autorité fédérale à communiquer aux provinces ou états les décisions de la conférence, il réfère aux provinces la question de la journée de huit heures.

Il réforme le service civil. Il établit le conseil des recherches industrielles et scientifiques.

I1 met à la disposition des provinces: 20 millions pour la construction des chemins, à titre de subvention; 10 millions pour l’enseignement technique, à titre de subvention ; 25 millions pour la construction de logements dans les cités et villes, à titre de prêt.

I1 complète la marine marchande canadienne:

11 coordonne et subventionne le système des bureaux de placement ;

Il réduit l: tarif sur les principaux articles nécessaires à la culture;

Il ouvre des crédits aux pays alliés afin de les engager à acheter au Canada, et de ménager la transition entre les conditions de guerre et d’après guerre.

Il resserre les lois Conire les monopoles organisés ou maintenus pour hausser les prix ;

Il rend la loi d'immigration plus sévère afin de protéger le pays Contre les indésirables et les agitateurs.

En 1912, il reste à terminer le Transcontinental, le pont de

Québec, le Canadien-Nord et le Grand-Tronc-Pacifique. Le pont de

lions; le Canadien-Nord, 25 millions; et le Grand-Tronc-Pacifique,

Malgré cela, les deux premières années se soldent par une diminution de la dette nette de près de 4 millions. Mais survient la

dant, et le Bouvernement procède par grädation. D'abord, il demande à tous, sous forme de l'impôt particulier à

Puis, les besoins croissant, il demande aux banques, aux compagnies d’assurance et de fiducie, puis aux Compagnies qui bénéficient des travaux de guerre, et, enfin à ceux qui possèdent ou se font un

revenu est augmenté, excepté sur les profits résultant de l’exploitation agricole, exemptés dès le commencement, ‘Et cette taxe qui

d’un droit de près de 65 pour cent de ses revenus.

Jusqu'à 1920 exclusivement, les impôts de guerre sur le revenu, les banques, compagnies et profits de guerre ont donné 101 millions, dont 66 millions proviennent des seuls profits de guerre,

En plus des dépenses ordinaires, le &ouvernement a dû contrôler les dépenses suivantes, votées à Punanimité du Parlement

50 millions.

— 100 se Le Er RE Sie 250 s FN PR 500 :

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de

Soit... tte te se se <. 81,400,000,000.

Un milliard quatre cents millions!

De cette dépense formidable, le Gouvernement a rendu compte jusqu’au dernier sou. Toutes les enquêtes demandées ont été non seulement accordées sans restriction, mais ont été encouragées et aidées par le gouvernement lui-même. Toutes les portes des départements sont restées grandes ouvertes aux adversaires comme aux amis de l'administration, et pendant toute la période de 1911 à 1920 inclusivement, pas une accusation, pas une seule n’a pu entâcher l’honorabilité d’un gouvernement dont le dossier défie toute comparaison dans l’histoire politique du Dominion.

Quand le publie connaîtra la vérité, et quand la discussion impartiale aura fait la lumière sur la conduite irréprochable et patriotique de Sir Robert Borden et de son gouvernement, il disposera vite de l’échafaudage de légendes qui a fait, pendant un temps: trop long et qui ne peut durer, la popularité de ceux qui incitent aujourd’hui Québec à vivre de haine et à mourir d’isolement.

Service militaire

S’il est une loi qu’il faut défendre sans peur, et qu’il faut expliquer sans merci pour nos adversaires, c’est celle qui a été le plus exploitéé par eux contre toute justice, et en dépit du premier devoir à la patrie: celle du service militaire.

C’est la loi la plus juste, la plus équitable et la plus démocratique qui soit, et elle est ainsi reconnue et pratiquée dans tous les pays, et particulièrement dans le plus démocratique des pays du monde: les Etats-Unis d'Amérique.

Déclarer la guerre, c’est entreprendre de remporter la victoire par la force, en y appliquant toutes ses ressources en hommes et en argent.

Le premier août, 1914, le peuple canadien, sans une voix discordante, que dis-je, dans un élan irrésistible de patriotisme, et avec la ferme résolution d’aller jusqu’au bout, déclarait la guerre à l’Allemagne, et se rangeait aux côtés de la France et de l'Angleterre, pour combattre jusqu’à la victoire.

Les journaux de l’époque, comme la voix des orateurs les plus autorisés, ne laissent aucun doute sur les intentions du peuple canadien..

Le 11 août 1914, sir Wilfrid Laurier faisait la déclaration offcielle suivante:

“J'ai souvent déclaré que si la mère-patrie était jamais en danger ou si elle était jamais menacée de danger, le Canada l’aiderait de toute la force de son pouvoir.” (Canadian Annual Review, 1914, page 141).

RS A pe NE ON

chose à faire que ce qu’il a fait, de placer à la disposition de l'Angleterre toutes ses ressources en hommes et en argent.” (Canadian Annual Review, 1916, p. 409).

Le 11 septembre 1916, l’hon. M. Lemieux, au “Canadian Club” de Montréal :

“Je dis à mes compatriotes que les institutions britanniques sont en jeu dans cette guerre et qu’ils sont tenus en honneur de soutenir la mère-patrie dans cette heure d’épreuve +.....Dans mon opinion: cette guerre est juste et de son résultat dépendent la vie ou la mo:t des libertés dont nous jouissons actuellement.” (Canadian Review, 1914, p. 345.)

Et le 19 août 1914, écoutez dans la Chambre des Communes, la voix de sir Wilfrid Laurier:

“Cette session a lieu afin que le Parlement approuve et que la loi sanctionne les mesures que le ininistère a déjà prises et telles qui sont encore nécessaires pour assurer la défense du Canada et offrir à la mère-patrie les services que nous pouvons lui donner dans la lutte forriidable dans laquelle elie est engagée. Parlant au nom de ceux qui m’entourent et des vastes divisions électorales que nous représentons, je m’empresse de dire que nous donnons notrs prompt asentiment à toutes ces

-..... Il est de nptre devoir, devoir plus impérieux que tous les autres, de faire savoir immédiatement, dès le premier jour de cette session spéciale des Chambres canadiennes, à la Grande-Bretagne, à ses alliés comme à ses ennemis, que le Canada n’a qu’une pensée et un désir et que tous les canadiens se grounent autour de la mère-patrie, fiers de savoir qu’elle ne prend pas part à cette guerre pour un motif égoïste, ni dans un but de conquête, mais pour conserver son honneur intact, pour remplir ses engagements et pour défendre la civilisation contre le désir effréné des conquêtes et de la domination.

; ... Notre territoire peut êtra attaqué et envahi. Nul ne soutiendra que nos villes maritimes soient à Pabri d’un coup de ; main de la part d’un corsaire audacieux. Ce n’est pas là une crainte puérile ni une simple illusion; c’est un danger réel, et

même imminent.”

Il ne faut pas oublier que dès que le peuple par son parlement déclare l’état de guerre, la loi de la milice #applique d’elle-même, automatiquement.

Le 8 février 1916, sir Wilfrid Laurier disait encore: “Dans les circonstances, le Canada n'avait rien autre

de 11

La loi de la milice canadienne n’a pas été créée par le gouvernement du jour. Elle fut rédigée par Sir George Etienne Cartier, et votée par les Chambres, le 22 mai 1868. Elle décrète le service militaire, connu sous le nom bien mal choisi de “conscription”. Cette loi fut refondue et placée de nouveau dans les statuts, en 1904, par l’administration Laurier, et elle contient l’article suivant:

Tirage au sort

26. “Lorsque, en quelque temps que ce soit, il faut des hommes pour organiser ou pour compléter un corps soit pour l'exercice soit pour faire face à un événement soudain, et qu’il ne s’en présente pas assez pour compléter le contingent voulu, il est procédé au tirage au sort parmi les hommes susceptibles d’être appelés au service militaire.”

Aussi longtemps que, suivant la lettre de la loi il se présenta,

volontairement, suffisamment d'hommes, cette clause n’avait pas lieu :

de prendre effet. Mais, en 1917, quand la menace de la défaite jeta l'alarme dans les centres informés, les volontaires ne suffirent plus, et la levée en masse, prévue par l’article 26 s’imposa.

Que fit le Gouvernement? Imposa-t-il le tirage au sort qu’exigeait la loi revisée par Sir Wilfrid Laurier lui-même ?

Non, il fit mieux; il amenda cette loi de manière à soustraire le choix des soldats à la décision du sort aveugle, pour le remettre entre les mains du peuple lui-même, et il le remplaça par une loi de sélection.

Afin de coordonner l'effort national proportionnellement aux besoins industriels et agricoles du pays, en même temps que du front,

le Gouvernement remplaça le tirage au sort par la constitution de.

tribunaux formés dans les rangs du peuple lui-même.

Et voilà, le croiriez-vous, Mesdames et messieurs, l’acte contre lequel on a demandé à la province de Québec; non seulement de se lever en protestation, mais sur lequel on base la politique néfaste et réactionnaire de l'isolement et de la revancho!

Je vous ai fait entendre la voix des Laurier et des Lemieux, prêchant la guerre, la croisade sainte, le guerre jusqu’au dernier homme et jusqu’au dernier sou, ce en quoi ils sont admirables: quel avocat plus autorisé croyez-vous que je vais maintenant ‘appeler, pour ratifier, justifier, et défendre mon affirmation “que la loi du service mvilitadre est très juste, très équitable. et très démbcratique”.

Cet avocat, Mesdames et Messieurs, c’est Le Soleil de Québec. Le 7 janvier 1915 il écrit:

Aux armes citoyens !

Le premier miuistre vient de lancer un appel aux citoyens du Canada.

11 leur demande de porter à CINQ CENT MILLE HOM- MES le chiffre des contingents du Canada.

Jusqu'ici nous avons fourni, pour répondre au premier appel, près de deux cent cinquante mille hommes. Les circonstances demandent que le pays fasse un nouvel effort afin d’assurer le triomphe de la cause que nous défendons coudes à coudes là-bas dans les Flandres avec la Grande-Bretagne, la France et la Belgique.

Il y a une race de grincheux et de tire-au-flanc pour qui tous les prétextes sont bons qui peuvent leur fournir une excuse d’esquiver leurs obligations.

Vous entendrez ces gens-là grommeler que c’est aller au delà des possibilités que de demander au Canada de fournir cinq cent mille hommes.

La meilleure réponse c’est d'aller aux faits et de discuter tes chiffres exacts.

La population mâle du Canada, d’après le recensement de 1911, se chiffre d’après le recensement à 3,821,067.

Depuis 1911 la population du Canada a sensiblement augmenté, cela ne fait pas ombre d’un doute, mais pour enlever toute possibilité de discussion nous tablerons exclusivement sur les chiffres du recensement de 1911........

On ne peut donc pas prétendre décemment que c’est là un | sacrifice au-dessus des forces du Canada; c’est un peu plus ” !

du HUITIEME de notre population mâle du Canada... Le 15 août 1916, il écrit encore:

‘{ Une étude à lire ”’

“Nous avons cru devoir publier—on le trouvera plus loin en cette page—une étude très remarquable et aussi logique qua lucide, qui nous a été adressée ces jours derniers et qui

traite de ce sujet: “Le service national obligatoire.”

“Nous nous permettrons d’en recommander avec instance la lecture car dans la situation présente il est de très réelle importance que l’opinion publique, particulièrement en notre province, soit exactement renseignée sur une question qui, pour bien des raisons trop longues à énumérer est non seulement mal connue, mais encore a donné lieu à des conceptions terriblement erronées.”

Il continue plus loin: "

“On ne saurait jamais, surtout dans une démocratie, mettre trop clairement devant lès yeux du peuple cette vérité trop souvent oubliée: “ Qu’à tout droit dans l’état, correspond pour le citoyen un devoir ”,

“Il s’est remué tant d'idées fausses sur ce devoir de la défense nationale; nous avons cultivé trop longuement tant de sophismes et accepté pour dogmes démocratiques tant de : fausses représentations, qu’il y a un intérêt impérieux à placer . sous les yeux de tous, des études aussi bien pensées et aussi sages que celle en question.”

Extrait de l'étude recommandée, publiée dans le Soleil du 15 août 1916: .

Le service national obligatoire

“Il n’y a peut-être pas de matière au sujet de laquelle, depuis que la présente guerre a commencé, on ait accumulé plus d’inexactitudes et sur laquelle les préjugés de l'ignorance se soient le plus exercés que la question du service militaire national obligatoire. Il faut le dire, en effet, tout pénible cela soit-il: derrière l'argumentation spécieuse des adversaires

F du devoir de défense égal pour tous, se cachent les moins ; avousbles des faiblesses humaines: l’égoïsme et la peur. On met en avant, avec grand fracas, le principe, très respectable, . certes, de la liberté inc...Juelle, mais on ne veut pas voir que cette liberté individuelle ne saurait consister, en présence du péril commun, à permettre aux uns de rester commodément chez eux, loin du danger, tandis que d’autres iront, au péril de leur vie, combattre précisément pour que la tranquillité et la mollesse continuent d’être garanties à des citoyens veules ou simplement indifférents.

Du point de vue éthique, il ne saurait être question une minute d’une liberté individuelle ainsi entendue, qui ne serait que la liberté de la pleutrerie, et se résoudrait en somme à l'avantage des mauvais citoyens au détriment de ceux qui courageusement obéissent au sentiment viril du devoir...

.. L'Etat moderne étant basé, nous le répétons, sur l'équation: égalité de charges à égalité de droits pour tous les citoyens, il en résulte que le premier devoir de ceux-ci, qui est le devoir de défense nationale, ne peut être que GENERAL

et OBLIGATOIRE pour tous. Le service militaire sera donc NATIONAL dans le sens le plus large du mot, c’est-à-dire qu'aucun membre de la Nation ne doit pouvoir s’y soustraire et qu’on n’y doit tolérer d’exemption que pour ceux que leur constitution physique rend véritablement incapables de servir... Mais c’est précisément parce que le devoir de défense nationale doit englober également tous les citoyens sans exception qu’il est inexact de le désigner sous le nom de “ conscription”. On ne se doutera jamais du mal qu’a fait dans les pays anglo-saxons ce mot de conscription, improprement appliqué à l’idée du service militaire national, Ce mal, ce mot l'a fait en perpétuant les préventions attachées au souvenir d’un système de coercition qui pesait inégalement sur les populations ; car, sous le régime de Ja conscription, tel qu’il existait en France et aux Etats-Unis par exemple, on tirait au sort, c’est-à-dire que les citoyens amenant au hasard un numéro favorable se voyaient dispensés de servir, alors que les autres, moins heureux, allaient à la caserne; que ce régime de la conscription prévoyait le “remplacement” moyennant paiement d’un certain prix (ce qui ne répond ni à la justice ni à l'égalité): enfin, il y avait des cas nombreux de dispense totale ou partielle de service. La conscription était, de la sorte, une institution dure aux pauvres et indulgente aux riches, et si elle n’a jamais été populaire, c’est précisément parce qu’en dépit de certaines apparences, elle n’était pas égale pour tous. Or, le service national, — pour les raisons exposées plus haut, — ne peut exister, surtout dans une démocratie, qu’autant qu'il est général, c’est-à-dire qu’il s'applique à tous les ci- - toyens sans distinction, et pour être général il faut, nécessairement, qu’il soit obligatoire. C’est là l’unique solution que comporte la règle impérative de l'égalité des citoyens devant la loi en matière de défense nationale, et c’est pourquoi, dans ce domaine, on doit parler actuellement non pas de “ conscription ” maïs de “service égal pour tous ”.

Mesdames et Messieurs;—tout cela est maintenant du passé et n’a d'importance que par les conclusions qui s’en dégagent sur la nature de la lutte dont nous avons eu à souffrir, et les résolutions que nous devons y puiser pour l’avenir.

Combattons dans le peuple, combattons chez nos adversaires, et combattons dans nos propres rangs, l'exploitation des animosités de : race et de religion; par notre exemple, habituons le peuple à exiger, dans les débats, la voix de la calme raison; qu’il soit lui-même le juge impartial, soucieux d’entendre toujours les deux côtés de la question, et qu’il banisse, comme une insulte, tout ce qui’ne serait pas un appel à ce qu’il y a de plus noble et de meilleur en lui.

Ottawa et Québec

Je ne saurais terminer sans attirer votre attention sur un discours prononcé dans cet hôtel, le mois dernier, par le Premier Ministre de Québec, et qui a étonné Ceux qui veulent persister à le connaître comme un homme aux vues larges,

M. Taschereau se plaint :

1°. Qu'Ottawa refuse d'augmenter la subvention &arantie aux provinces, lors de la Confédération, en compensation des droits de douane et d’accise qu’elles abandonn

Il faut informer le public que le subside fédéral] présentement payé aux provinces, a été fixé par Sir Wilfri en 1906, et qu’en outre Québec touche annuellement une somme additionnelle de $119,700 étant l'intérêt sur la capitalisation du prix du chemin de fer du Nord. Le gouvernement MoDonald passa cette

» tel que

principe qu’il ne fallait pas faire d'exception pour Québec, et qui vota contre la compensation, et en 1904, le Gouvernement Laurier réduisit cette allocetion à 43% de 5% qu’elle était, sans que M. Taschereau ne fit entendre de protestation.

Pour ce qui est du refus net dont se plaint M. Taschereau, voici

l'extrait du rapport officiel qui donne un démenti formel à cette affirmation :

ExTRair des minutes de la séance du 28 octobre, signé de

Monsieur Charles Lanctôt, Secrétaire :

“Le Très Honorable M. Borden reçoit les résolutions et demande que des copies exactes lui en soient adressées, afin de les soumettre à ses collègues, Il ajoute que, parlant en son propre nom et pour répondre à une remarque de l’honorable Sir James Whitney, il ne voit aucune objection à ce que les provinces viennent, à des époques déterminées, — disons tous les dix ans, — discuter et conclure des arrangements financiers entre le Canada et les provinces, si les circonstances le demandent.”

Encouragement à l'instruction et au développement agricoles

Comment M. Taschereau peut-il affirmer que le Fédéral veuille

voler la terre de Baptiste, devant les faits suivants: Par le chapitre 5, George V, 1913, dix millions ont été mis à Ja disposition des provinces pour appliquer à l'instruction et au déve-

loppement agricoles durant une période de dix ans, (Conditions 820,000 par année par provinre: 820,000 pour l’enseignement vétérinaire; et le reste proportionnellement au chiffre de la population des provinces, à appliquer aux sujets convenus entire le gouvernement fédéral et le gouvernement de la province. De cette somme Québec a reçu: Ù

Rs rss crsrs error ra secs $ 130,482 40 ee eue RTE PT PILE AE 159,482 :

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A part cela, des neuf fermes expérimentales établies depuis 1912, trois, le tiers, ont été établies dans Québec, à Farnham, en 1912, à Lennoxville, en 1914, à la Ferme en 1916.

De plus, des 67 stations de démonstration établies depuis 1912, 22, encore le tiers, ont été établies dans Québec.

Enfin, Québec a eu le plus gros budget destiné à l’amélioration du bétail, recevant 895,000 pour cette fin et Ontario #81,000 seulement.

Ce qui précède ne tient aucun compte des dépenses générales faites par Ottawa dans : Québec comme ailleurs, dans l'intérêt de l’agriculture.

Construction de navires Par incidence, et pour l'édification des auditeurs de M. Tasche-

reau, voici la liste des contrats donnés aux diverses provinces pour la construction de la Marine marchande.

Province. Navires. Coût. Ontario: :; =. 27 #23,213,235 25 2 24,551,341 40 Colombie-Anglaise.. .. .. .. .. 10 16,070,774 00 Nouvelle-Ecosse.. .. .. .. .. .. 7 9,118,045 00 63 872,953,395 65

Et aussi, sur un total d’environ 400 millions de la Commission des Achats de guerre, Québec a reçu, au bas mot, 150 millions contre le reste de la Confédération, soit, près de la moitié.

Prêt d'encouragement à la construction des logements

L'arrêté-en-conseil du 2 décembre 1918 autorirant le prêt de 25 millions fait à toutes les provinces les mêmes conditions, qui peuvent se résumer à quatre,

prises locales, Quand le Souvernement fédéral aura approuvé le plan général de la province, la juridiction en ce qui concerne les entreprises locales restera entre les mains des autorités provinciales.

pas, pour des habitations de diverses dimensions et différents genres, y compris le terrain, ete., les sommes respectives de 83,000, 83,500,

8° Des prêts peuvent être faite, mais seulement pour la construction de maisons d'habitation et l’achat de terrains, aux gouvernement provinciaux, municipalités et sociétés d'immeuble, à responsablité limitée, ainsi qu’aux propriétaires de lots pour l'érection de maisons qu’ils habiteront eux-mêmes.

4° Les prêts seront remboursables en vingt ans, ou, dans certains cas particuliers en trente ans,

La part de Québec proportionnée à sa population est de 86,999,255. Elle n’en a encore utilisé que $733,000, alors que les autres provinces ont utilisé: Ontario $8,750,000, le Nouveau-P-uns-

wick, #1,220,000: le Manitoba, $1,580,000; la Colombie-Anglaise, $1,361,500.

La difficulté au sujet de Québec provien. de ce que l’on voudrait bâtir des maisons à deux logements tandis que l’ensemble de« conditions du prêt vise surtout à empêcher toute spéculation. Le fédéral

L'aide aux bons chemins

La loi des grandes routes (1919) attribue aux provinces 20 millions à repartir en cinq ans, proportionnellement à la population de chaque province et payable en proportion de 40 pour cent du coût des travaux autorisés par le Gouverneur en Conseil. Cette subvention commence à courir du ler avril, 1919, et les conditivns portent sur la construction, l’adjudication des travaux, l'entretien, etc.

Le ler décembre 1990, le gouvernement fédéral a approuvé les propositions suivantes soumises par Québec:

Parcours, N° de milles. Coût proboble.

Montréal-Sherbrooke.. .. ,, ,. ,. 99 * 426,835 00 Montréal-Québec., .. .. ,, .. ,. 48 140,935 00 Lévis-Saint-Lambert.. .. ,. .. .. 929 455,459 00 Caughnawaga à la frontière. .. .. 7 146,490 00 Beauce Jo. Sherbrooke.. ,, ,. .. 99 289,088 00 rs st + 14,071 00 Montréal R. Point.. .. ,. .. .. 9 63,348 00 Lévis-Sherbrooke.. .. .. ,, ,, .. 4 81,075 00 Montréal-Mt. Laurier. .. .. .... 10 137,738 00 Laprairie-Lacolle., .. .. 9 127,066 00

dont Ottawa paiera 40 pour cent, soit 8749,246.89.

Au sujet des chemins, Québec paraît avoir si peu hésité à bénéficier de la loi que la loi provinciale de 1919 adoptée c'ors même que la su! ention n’était pas encore votée, contient l’article suivant :

“Le Lieutenant-Gouverneur en Conseil peut aussi autoriser le ministre de l'Agriculture et de la Voirie à s'entendre avec le gouvernement du Canada ou aucun de ses mernbres autorisés au sujet du mode d’application, en tout ou en partie, de toute subvention qui peut être votée par le Parlement du Canada pour les fins de cette loi.”

Du reste, les statuts attribuant ces subventions aux prov'.ces ne contiennent que des conditions d’intérêt public, soit pour éviter double emploi de l’argent, soit pour assurer la qualité des travaux, soit pour stimuler l’action générale.

Aucune autorité soit fédérale, provinciale ou municipale ne contribue à aucune entreprise sans condition. Chaque pouvoir est responsable à ses mandants; c’est une obligation qui découle nécessairement dc la responsabilité. Toutes les lois de Québec attribuant des deniers public à des municipalités ou à des associations déterminent les conditioris d’emploi de ces deniers. Ainsi les lois d'établissement d’écoles techniques décrètent que les municipalités où elles sont établies devront contribuer à leur soutien.

Aide à l’enseignement technique

Le Chap. 78 9-10 Georges 5, attribue aux provinces dix millions de piastres à échelonner sur dix ans, en commençant par $700,000 et à répartir eutre chacune de celles qui exprimeront par arrêté en Con-

seil leur désir d’en bénéficier, et s’entendront avec le Ministre du Travail au sujet des conditions de l’application de leur part respective.

L’alinéa 2 du paragraphe 5 de cette loi décrétait qu’il ne serait pas tenu compte dans la détermination du chiffre de la subvention annuelle, des dépenses faites pour l'établissement ou l’ameublement ou l'outillage d’écoles techniques avant le 1er avril 1919. Cet alinéa a été retranché à la session de 1920. La province de Québec qui avait fait des dépenses de cette nature avant 1919, se trouve à bénéficier de cette modification.

En mars 1920, le Ministre du Travail et le Secrétaire provincial ont convenu des conditions d’application de cette subvention. De ce fait, Québec a touché 836,500 pour 1919-20 et elle a droit à $208,000 en 1920-21 ei elle dépense autant pour les même fins.

M. Taschereau s'exprime de façon à porter le lecteur ordinaire à croire que Québec hésite à accepter ce qui lui est offert. Les chiffres donnés plus haut démontrent le contraire. Quant à la tentative si insidieuse à laquelle Ottawa aurait eu recours pour “s'emparer de la place”, le département du Travail lignore complètement, déclarant que ses relations avec Québec sont si bonnes que la province touchera de cette subvention plus qu’elle ne s’y attendait, du fait de l’interprétation donnée à la loi.

Si M. Taschereau fait allusion à la conférence concernant l’éducation technique, tenue à Ottawa en novembre 1920, à laquelle les provinces étaient représentées, le rapport des délibérations montre que la résolution recommandant l’établissement et le maintien, par coopération d’Uttawa et des provinces, d’une école technique pour la formation des professeurs, dirigée par un conseïl où Québec et Ontario auraient chacune trois représentants, les autres provinces, chacune un, et le gouvernement fédéral, deux, ladite école devant avoir un corps de professeurs bilingues, cette résolution a été adoptée unanimement.

La province de Québec était représentée par M. A. Macheras, directeur de l’enseignement technique, et M. Tom MacLeish, assistant principal de la Montreal Technical School. Invité à exprimer son opinion sur le sujet, M. Macheras, interprété par M. MacLeish, a dit:

“Te désire seulement déclarer que la province de Québec n’est pas actuellement en position de décider dans un sens ou dans l'autre. Il nous faudra étudier beaucoup (a good deal) la question avant de voter, soit pour soit contre cette résolution particulière. Malheureusement, nous ne sommes pas

autorisés à nous prononcer sur cette question aujourd’hui.”

Mesdames et Messieurs, la guerre a marqué la fin d’une époque dans l’histoire de l’hümanité. Nous entretenons des espérances

meilleures et nous voulons vivre d’un idéal plus élevé. Chez nous comme ailleurs, la déception serait grande si notre vie politique ne sortait des épreuves de la guerre épurée de sa gangue et vivifiée d’un patriotisme plus éclairé.

C’est à cette tâche que nous convie l’homme de génie qui préside aux destinées de ce pays, et c’est notre devoir de faire en sorte que sa bonne volonté soit connue et que sa voix ne reste pas sans écho dans cette province qui doit rester le pilier de la Confédération.

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