PEINTURES ET MOSAÏQUES
peinture dans la décoration des édifices, et depuis la plus simple disposition qui consistait dans un ciment parsemé de quelques morceaux de marbre, jusqu'aux compositions les plus riches par la variété des couleurs et des ornements, ces mosaïques sont toujours en harmonie avec le caractère et limportance des édifices où elles sont placées. On sait que l'invention de la mosaïque appartient aux Grecs; cet art dut sans doute son origine à la nécessité de remplacer , d’une manière plus durable, les peintures de tout genre et de toutes couleurs, dont les Grecs décoraient primitivement les aires en stuc de leurs édifices et de leurs habitations. Ce fait, dont parle Pline, et qui a été récemment constaté par la découverte des stucs coloriés qui couvraient le sol d’un temple à Selinunte (1), explique en effet la combinaison des lignes, l'emploi des ornements et limitation des figures dont les pavés-mosaiques des anciens sont ornés et qui sont évidemment la reproduction d’une décoration peinte : de même que nos pavés les plus riches offrent la reproduction en marbre de compartiments de carreaux et de dalles en pierre qui formaient originairement l'aire de nos édifices et de nos habitations, et qui en sont encore le seul ornement.
Les descriptions que nous ont laissées les auteurs anciens de plusieurs pavés en mosaïque, et les monuments de ce genre que possèdent divers musées de France et d'Italie, suffisent pour nous donner une idée de la magnificence et de la perfection auxquelles ce genre de travail était parvenu dans l'antiquité.
Si les pavés de Pompéi n'offrent pas des mosaïques aussi importantes que celles de Palestrine et d'Otricoli, ils n’en sont pas moins remarquables par la diversité, le goût des compartiments, le choix des couleurs et l'intérêt des sujets qu'ils représentent.
Quoique les exemples des pavés-mosaiques que nous avons donnés soient peu nombreux, ceux que nous offrons , soit coloriés, soit en noir, joints aux divers pavés que nous avons introduits dans les restaurations de quelques édifices, suffisent pour donner une idée de ce genre de richesse qui complète de la manière la plus parfaite et la plus concordante le système général de la décoration de l'architecture des anciens.
(1) Architecture antique de la Sicile; par Hittorf et Zanth. 1% vol., pl. 31, fig. A.