Vase en terre rouge
Les remparts de Pompéi sont d’une haute antiquité et d’une construction assez solide pour faire espérer qu’ils résisteront long-temps encore aux diverses causes de destruction qui ont déja fait disparaître un grand nombre des monuments renfermés dans leur enceinte. La partie supérieure des murs qui les forment est construite en piperno; les assises inférieures sont composées de grosses pierres, longues souvent de quatre à cinq pieds, posées en couches horizontales et parfaitement bien jointes, quoique sans mortier. Les joints verticaux sont inclinés sur les lits horizontaux de manière que la surface extérieure de chaque pierre présente la figure d’un trapêze. Ce genre de maçonnerie a été commun à la plupart des villes étrusques.
Toutes les parties de ces murailles ne sont pas également bien conservées. On a trouvé cà et là des brèches et des réparations assez mal faites qui attestent que la ville a été plus d’une fois démantelée.
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A des intervalles inégaux sont placées des tours de forme quadrangulaire, dont les murs construits en petits moellons de tuf et recouverts de stuc, ont environ trois pieds d'épaisseur.
Entre ces tours s'étendent les remparts supportés par un double mur, et larges, en y comprenant les deux murs, de près de vingt pieds, mais variant en hauteur de vingt-cinq à trente pieds à partir du sol, suivant le niveau du terrain. On communiquait d’un rempart à l'autre par des poternes pratiquées au-dessous du dernier étage des tours; le second étage était voûté et garni de meurtrières ; le plus élevé consistait en une espèce de plate-forme.
Des parapets crénelés s’élevaient sur les bords opposés du rempart, et formaient en apparence une double ligne de défense. Les créneaux du mur intérieur sont plus hauts de quelques pieds que ceux du mur extérieur : ces derniers sont séparés par des merlons, qui forment un retour en dedans pour protéger les défenseurs de la ville contre les traits des assaïllants (Poyez la vignette de la page 30).
Il est à remarquer que les murs ne forment jamais un angle prononcé, et que, dans tous les endroits qui offrent quelque facilité pour l'approche des machines, les fortifications se composaient d’un agger ou terre-plain terrassé compris entre deux murs, système de défense recommandé par Vitruve.
On a découvert à Pompéi cinq portes principales, dont deux seulement sont dignes d'attention. La mieux conservée, celle de Naples ou d'Herculanum, dont nous avons déja parlé, consistait en deux murs, l’un intérieur, l'autre extérieur, bâtis en couches alternatives de briques et de blocailles, et percés chacun de trois ouvertures cintrées. Le milieu du passage était découvert; on y communiquait des deux parties latérales par deux arcades de chaque côté. Une herse fermait en dehors la porte du centre; les deux petites étaient closes, ainsi que la grande à l’intérieur, avec des vantaux. On regarde cet édifice comme postérieur de beaucoup aux murailles; il fut élevé par les Romains.
La porte de Nola ou du Sarnus, au nord-est de la ville, diffère de la porte d'Herculanum en ce qu’elle est dépassée par les fortifications. Deux tours gardent l'entrée d’une espèce de passage situé entre deux murs parallèles et conduisant à la porte, qui n'avait qu'une arcade de vingt-un pieds de haut sur douze pieds de large. Elle est'aussi bâtie en briques eten blocailles, et toute la construction est recouverte en stuc.