PLANCHE LXIII
Vue restaurée du Forum.
La vue est prise en face de l'extrémité sud du Forum. Dans le fond, audessus du portique qui entourait le Forum, on aperçoit les trois monuments dont on voit les ruines planche LXI, et à droite le fronton de la Basilique.
Toutes les figures placées sur les piédestaux ont été restituées d’après des peintures trouvées à Pompéi et à Herculanum, dont une entre autres représentait une place publique.
Cette restauration fait partie de l'ouvrage anglais; elle est exacte quant à la reproduction du plan et des ruines encore en place : à l'égard des élévations, elle laisse beaucoup à désirer, tant sous le rapport du caractère de l’architecture que sous celui d’une stricte application des nombreux renseignements que les ruines des édifices du Forum pouvaient présenter.
PLANCHE LXEV.
Plan du temple de Jupiter.
L'importance que donnent à ce temple, élevé à l’une des extrémités du Fo-
rum, sa grandeur et sa situation , lui a valu probablement la dénomination sous laquelle il est connu : néanmoins aucun indice certain n’a jusqu'ici at-
testé qu'il fût consacré au plus puissant des dieux (1); et sans admettre, ainsi que l’auteur anglais, l'hypothèse qui fait de ce monument le Senaculum de Pompéi, nous croyons devoir donner la traduction du passage où il en parle.
« Le sénat de Rome, pour rendre les délibérations plus solennelles,ne pouvait « s’assembler que dans un temple où un lieu sacré, et chaque sénateur, avant « de prendre place, faisait une offrande sur l’autel du dieu qu’on y adorait. « Les Décurions des colonies, ayant dans leurs municipalités les mêmes privi- « léges que les sénateurs à Rome, devaient mettre dans leurs délibérations la « même solennité, et choisir également, pour le lieu de leur réunion, ou un « temple, ou tout autre monument religieux. En admettant cette opinion comme « probable, on peut supposer que le monument qui nous occupe était le Se- « naculum de Pompéi, les trois cellules situées au fond de lédifice, le dépôt « des archives et la plate-forme en avant du portique, le Pulpitum ou la tri- « bune aux harangues. »
On montait au temple par deux perrons de neuf degrés, séparés par une vaste plate-forme, à partir de laquelle les marches occupent toute la largeur du péristyle, dont le sol était recouvert de dalles de marbre d’une grande dimension; celles de ces dalles qui sont encore en place sont indiquées sur le plan. Un pavé de marbre, entouré d’une bordure en mosaïque, couvrait l'aire de la cella, dans laquelle régnaient de chaque côté de l’intérieur deux rangées de colonnes d’ordre ionique; ces colonnes devaient supporter un second ordre disposé en galeries, et propre à racheter la hauteur des colonnes du portique extérieur. En considérant que ces galeries ne pouvaient avoir que trois pieds environ de profondeur , on doit supposer qu’un espace aussi étroit, auquel on parvenait par un escalier non moins étroit, était peu convenable pour recevoir le public.
Les trois petites pièces voûtées, situées au fond du temple, peuvent aussi avoir été destinées à renfermer:les vases précieux , les ornements ou autres objets sacrés nécessaires au culte, et avoir servi d'Opisthodomes ou de trésors qui formaient une partie si essentielle des temples antiques.
Tout le monument reposait sur un stylobate élevé de 9 à 10 pieds et revêtu de stuc.
() Lors des fouilles, on a trouvé, dans l'enceinte du temple, la tête, le torse, deux pieds chaussés de sandales, d’une statue deux fois grande comme nature. Ces fragments n'ayant donné aucune solution certaine sur la destination du monument, il est à craindre qu’elle ne reste long-
temps encore un problème.