‹ Vues et descriptions de constructions cyclopéennes ou pélasgiques trouvées en Grèce et en Italie et de constructions antiques d'une époque moins reculéeChapitre 40 sur 61 · ACROPOLE DE DAULIS, ET PORTE DE CETTE ACROPOLE · texte numérisé non relu

ACROPOLE DE DAULIS, ET PORTE DE CETTE ACROPOLE

Daulie ou Daulis est située sur une colline qui se projette du Parnasse. Le voisinage de celte montagne, dont le sommet est couvert de neige, rend la température de Daulis très froide pendant les mois d’hiver. Il ne croît pas d’oliviers dans son voisinage, et on n’y recueille que peu de blé et de vin; dans la plaine, au pied de la montagne, il y a quelques rizières qui donnent des produits abondans. La ville ancienne avait été bâtie sur le terrain qui est occupé aujourd’hui par le village et par les jardins qui en dépendent; mais ses monumens s’étendaient beaucoup plus bas vers la plaine. Deux des églises sont presque entièrement construites avec des matériaux anciens et des fragmens d’architecture, parmi lesquels j’ai trouvé une belle inscription gravée sur une dalle de marbre; c’est un décret de Titus Flavius Eubulus, sous le règne de Trajau, à l’occasion de terres dépendant de Daulis : sur l’autre face de la même dalle, il y a une autre inscription dont la teneur m’est inconnue.

L’acropole est située au-dessus du village, sur un rocher de forme oblongue ; quelques portions de l’enceinte appartiennent au second style, mais il paraît quelle a été deux fois presque entièrement démolie et rebâtie, car la plus grande partie des murs présente les caractères des troisième et quatrième styles. Daulis, après avoir été brûlée par Xerxès, fut encore détruite pendant la troisième guerre sacrée; mais il est certain qu’elle existait du temps de Trajau. Peut-être, après la ruine de la ville, l’acropole fut-elle conservée à cause de la force que lui donnait sa position. Tite-Live en parle ainsi : Daulis , quia excelso in tumulo sita est , nec scalis nec operibus capi poterat. L’acropole, de tous côtés bordée de précipices, n’avait qu’une entrée, qui regarde le Parnasse; son enceinte était flanquée de tours carrées qui s'élevaient sur la berge même du rocher. Quelques unes de ces tours subsistent encore dans leur partie inférieure; elles sont construites, ainsi que celles des autres villes fortifiées de la Grèce, conformément à la règle prescrite par Vitruve, qui dit que les tours doivent être extérieurement eu saillie des murs , afin que les assiégeans soient vus et repoussés de front et de flanc. La porte est aussi construite selon le principe de cet auteur, c’est-à-dire de manière que les

assiégeaus qui s en approchent, soient obligés de présenter le côté droit, non protégé par le bouclier, aux assiégés placés sur les murailles.

Le linteau de la porte est tombé : celle-ci se trouvait entre deux tours rondes, bâties en petites pierres et en mortier, qui portent le caractère d'une construction romaine. Dans l’intérieur d’une église ruinée, on voit deux inscriptions; mais elles sont tellement frustes, qu’on ne peut les lire. ( Voyage Class. , tome I, chap. 7.)

N° XLYI.

RUINES DE PANOPES.

L’ancienne Panopes est maintenant un village nommé Agios Blasios (Saint-Biaise), du nom du saint qui est le patron de Raguse.

Strabon dit quelle s’appelait anciennement Panopius , mais, de son temps, Phanotius. Pausanias lui conserve son nom ancien; Hérodote l’appelle Panopée ; Thucydide, Phanotis; Polybe, Phanotius , etTite-Live, Plianotea. 11 est probable quelle dut son nom à sa position élevée et dominante, plutôt qu’à Panopeus, fils de Pbocus.

Pausanias dit que le circuit de Panopes est d’environ sept slades; mais il est évident qu’il n’entend parler que de l’acropole, dont les murs s’étendent autour du rocher qui forme le sommet de la colline. Ces murs nous offrent des exemples des trois derniers styles de la construction grecque; mais on n’y voit des polygones que dans un petit nombre d’endroits : quelques blocs ont plus de onze pieds de longueur. Les tours carrées, formant saillie sur les murs, comme à Daulis, paraissent être d’une construction moins ancienne que le reste de l’enceinte; quelques unes sont dans un état de conservation tel, qu’on y voit encore des portes et des fenêtres, lesquelles, suivant l’usage, vont en se rétrécissant parle haut. Dans quelques endroits, les marches qui servaient à monter aux tours sont creusées dans le roc.

Outre la porte qui fait face au mont Parnasse, il y en a une autre sur le côté ouest de l’acropole; celle-ci est construite dans le troisième style, avec des blocs d’une grande dimension, mais bruts à l’extérieur : l’architrave est tombée.

Panopes fut détruite par Xerxès , et probablement ne put jamais recouvrer sou ancienne prospérité.

Pausanias ne cite, à Panopes, qu’un petit temple bâti en briques non cuites : il y avait, en Grèce, beaucoup d’autres exemples de constructions semblables. Selon M. Hamilton * on voit encore en Égypte des pyramides bâties avec la même espèce de matériaux. ( Voyage Class., tome I, chap. 7.)

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