‹ Vues et souvenirs de l'Amérique du Nord [microforme]Chapitre 18 sur 53 · D3 LA QUE · texte numérisé non relu

D3 LA QUE

DES BLANCS

Nous avons déjà vu que l'esprit public en Amérique n'était pas tourné vers les entreprises militaires : l’armée régulière se compose de 8,221 hommes, dont 674 officiers et 7,547 caporaux et soldats. Tout homme fait partie de la milice, et est, en cette qualité, obligé de se proinener pendant une heure, chaque année, avec un fusil sur le bras.

Il existe de plus, dans toutes les villes, un assez grand nombre de compagnies régulières qui portent l'uniforme et se réunissent assez fréquemment. La tenue de plusieurs est bonne ; mais, généralement, le nombre des officiers et des musiciens est beaucoup plus considérable que celui des soldats.

La marine militaire de l'Union se compose de 42 vaisseaux de ligne, de 44

(4) Lors du recensement de 1838, le nombre des Folle-Avoines ou Menemonies était de 3,026. Mais l'on estime que, depuis, un quart environ a succombé à la petite-vérole,

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frégates de première classe, 3 de seconde, 45 corvettes (sloops), 8 bricks et goëlettes, À bateau à vapeur (mais plusieurs sont en construction).

Cette force est commandée par trente-sept capitaines de vaisseau et quarante maîtres commandants. Ils n'ont pas d'amiraux, mais le capitaine qui a commandé une escadre prend le titre de commodore.

Les ports militaires sont Portsmouth, Charlestown (près Boston), Brooklin (faubourg de New-York), Philadelphie, Washington, Gosport (en face de Norfolk) et Pensacola.

DES NOIRS

Il est défendu aux nègres de porter des armes; les esclaves noirs des Séminoles combattent avec eux : Abraham est même parvenu au rang de chef, Dans toutes les rencontres, ces nègres se sont toujours distingués par leur férocité, mème parmi les Sauvages.

DES INDIENS

La guerre est la passion de la race rouge; lorsqu'une nation est au moment d'attaquer un ennemi redoutable, elle fait circuler la hache de guerre parmi tous ses alliés. Il y a quelques années, au commencement de l'insurrection des Séminoles, un gage de ce genre parvint jusque chez les Winnebagoes du Ouisconsin. Les partis de guerre étendent souvent leurs excursions à une très-grande distance : les peuplades du Missouri vont quelquefois attaquer les possessions mexicaines; et il y a un ou deux siècles, les Iroquois envoyaient les hordes de leurs guerriers, depuis les grands lacs du Canada jusqu'au Mississipi el aux montagnes de la Caroline. Lorsqu'un Indien va faire partie d'une expédition de ce genre, il se fait avec son couteau des incisions bizarres et se couvre le visage et les membres d'ocre et de vermillon.

La plupart des nations se servent aujourd'hui du fusil, et ont de plus le tomabac et le couteau à scalper,

Le premier est une sorte de hache; ceux qu'ils achètent des blancs sont creusés de manière à former en même temps une pipe et une arme meurtrière; ceux qu'ils font eux-mêmes sont généralement des sortes de massues plates, coudées vers le

tiers de la longueur, ct armées en cet endroit d'un fer en forme de lance.

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Ainsi que nous l’avons déjà vu, l'arc et la flèche sont peu employés des tribus qui vivent dans le voisinage des établissements , et je ne crois pas que ces dernières soient jamais empoisonnées.

Ils se servent aussi de masses de guerre, qu’ils travaillent avec soin en leur donnant la forme de boules, de têtes d'animaux; souvent ils les ornent de touffes de poils ou de scalpes pris à l'ennemi. Le couteau à scalper sert à tous les usages possibles : d'abord à détacher la chevelure de leurs ennemis, et ensuite à couper leur nourriture , etc. ; il est de fabrique européenne, maïs son étui est en peau et souvent travaillé ingénieusement en perles, ou en piquants du porc-épic.

Quelques nations se servent encore d’arcs et de flèches; ces dernières sont généralement armées d'un fer aigu; mais les peuplades très-éloignées des blancs emploient d'ordinaire, pour cet usage, des os de poissons.

Avant la découverte du continent, les habitants se servaient de têtes de flèches et de haches en pierre que l’on trouve encore en grand nombre, soit dans les tumuli, soit en labourant les champs.

Lorsqu'ils sont sur le territoire ennemi, les guerriers marchent les uns derrière 1 les autres sur une seule file, en ayant soin de toujours mettre leur pied sur l'empreinte de celui qui l’a précédé, de manière à ce que l'on ne puisse pas juger ensuite de leur nombre.

Ils n'emploient généralement aucune sorte de fortifications ; quelquefois, cependant, ils renversent des arbres pour se protéger, et dans les prairies, lorsqu'un parti est attaqué par un ennemi supérieur, il est assez dans leur coutume de descendre de cheval et de former un cercle ou un carré au-devant duquel ils placent leurs montures, qui leur servent ainsi de retranchement.

Dans les bois, les Indiens s'éparpillent généralement ou se cachent derrière les arbres. Lorsqu'ils croient avoir tué ou blessé un ennemi, ils poussent le cri de guerre et font généralement une pirouette, qui, en exposant leur corps, leur vaut souvent de dangereuses blessures.

La férocité des Indiens à l'égard de leurs prisonniers est devenue proverbiale. Attaché au poteau, le malheureux captif est soumis à toutes les tortures que l'esprit d'invention de ses ennemis peut concevoir. Pendant tout ce temps, il articule d’un ton monotone son chant de mort, et en exagérant ses exploits et ce qu'il a fait souffrir à ses prisonniers , il cherche à enflammer la rage de ses ennemis et à obtenir ainsi une prompte fin à ses effroyables souffrances. Ainsi, s'adressant à l’un de ses bourreaux, il lui dira : « C’est moi qui ai tué ton père; il était âgé et

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