‹ W.-A. Mozart (volume 2)Chapitre 107 sur 178 · MISERERE · texte numérisé non relu

MISERERE

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V Miserere mei; 2° Amplius lava me; 3° Tibi soli; 4° Ecce enim; 5" Auditui meo; 6° Cor mundum ; 7° Redde mihi lœtitiam; 8° Libéra me.

L'autographe de ce Miserere (inachevé) porte simplement la mention : à Bologne 1770; et comme l'écriture musicale est ici sensiblement plus homophone que dans les autres compositions religieuses de la même période, nous croirions volontiers que ce motet a dû être écrit fort peu de temps après l'arrivée de l'enfant auprès du P. Martini. Mais, en tout cas, l'influence de ce maître commence déjà à être très visible : elle apprend à Mozart non seulement à serrer le style musical, mais aussi à concilier le contrepoint avec l'expression, et à le traiter en vue des voix chantantes, en tenant compte des ressources propres à celles-ci. A ce double point de vue, le Miserere de Bologne' atteste un très grand progrès sur toutes les compositions religieuses précédentes de Mozart. 11 est fait de huit petits morceaux dont chacun a une physionomie propre, en rapport avec l'expression des paroles. Tantôt les voix se bornent à moduler, avec des imitations très simples, mais déjà très souples ; tantôt elles chantent en canon, deux contre deux ou chacune séparément, pendant que l'orgue les accompagne sur une basse chiffrée. Ce Miserere n'est pas non plus sans se ressentir de celui d'Allegri, que Mozart a entendu et transcrit de mémoire pendant son premier séjour à Rome : mais l'allure plus « moderne » des idées, et la richesse des modulations, le rattachent bien plus directement au style religieux du maître bolonais. Et tout le génie de Mozart nous apparaît déjà, par exemple, dans la manière dont chacun des morceaux, toujours d'une façon différente, module pour finir en la mineur. Sur le manuscrit du Miserere, les derniers versets du psaume, écrits d'une autre main et composés dans un tout autre style, sont collés à la suite des morceaux composés par Mozart : mais cette addition, faite pour permettre l'exécution du Miserere, n'a sûrement rien à voir avec Tœuvre de Mozart.

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