‹ W.-A. MozartChapitre 125 sur 153 · VIENNE. — SOUS L INFLUENCE DES MAITRES ANCIENS ET D'EMMANUEL BACH · texte numérisé non relu

VIENNE. — SOUS L INFLUENCE DES MAITRES ANCIENS ET D'EMMANUEL BACH

Août 1782 — Décemrre 1783

C'est au printemps de 17N2 que Mozart est entré en relations suivies avec un riche amateur viennois, le baron Van Sviotcn, qui lui a fait connaître les œuvres principales de Hœndel m de Sébastien Bach, comme aussi de certains maîtres contemporains de l'Allemagne du Nord, au premier rang desquels figerait Philippe-Emmanuel Bach. Le contact de cette musique plus savante, et poursuivant un objet plus haut, a été pour Mozart une véritable révélation, dont la trace se montre a nous aussi bien dans ses lettres que dans presque toutes ses œuvres musicales de la fin de îTs-iet de l'année suivante. Aux maîtres anciens, Mozart emprunte non seulement lusage fréquent du contrepoint, mais encore jusqu'à des germes ou des coupes d'autrefois. La fugue devient son mode d'expression favori, ot une fugue toute classique, ne différant de celles de Haondcl et de

Sébastien Bach que par une inspiration parfois plus « moderne ». Et, dans le môme temps, l'étude des compositions plus récentes des maîtres du nord, en particulier d'Emmanuel Bach, conduit Mozart à renouveler, d'après l'exemple de ces maîtres, sa conception antérieure des deux genres du rondo et de la fantaisie. En résumé, c'est là une période tout à fait différente des autres, dans sa carrière artistique, une période que l'on serait tenté d'appeler « archaïque », et où il n'y a pas jusqu'à ses œuvres les plus extérieures, concertos, morceaux pour instruments à vent, etc., qui ne nous trahissent l'enthousiasme momentané du jeune homme en face de ce grand art « classique » qu'il vient de découvrir.

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