‹ Walden, ou la Vie dans les bois. Traduction de L. FabuletChapitre 13 sur 78 · LES PRÉTENTIONS DE PAUVRETÉ · texte numérisé non relu

LES PRÉTENTIONS DE PAUVRETÉ

Tu présumes fort, pauvre être besogneux.

Qui prétends à place dans le firmament.

Parce que ta chaumière, ou ton tonneau,

Nourrit quelque vertu oisive ou pédantesque Au soleil à bon compte, à l’ombre près des sources.

De racines et d'herbes potagères ; où ta main droite Arrachant de lame ces passions humaines.

Dont la souche fleurit en bouquets de vertus Dégrade la nature, engourdit le sens,

Et, Gorgone, fait de l’homme actif un bloc de pierre.

Nous ne demandons pas la piètre société De votre tempérance rendue nécessaire.

Non plus cette impie stupidité

Qui ne sait joie ou chagrin ; ni votre force d âme

Forcée, passive, à tort exaltée

Au-dessus de l’active. Cette abjecte engeance.

Qui situe son siège dans la médiocrité.

Sied à vos âmes serviles ; nous autres honorons Telles vertus seules qui admettent excès,

Gestes fiers, généreux, magnificence royale.

Prudence omnivoyante, magnanimité Ignorante de bornes, et l'héroïque vertu Pour qui l'antiquité n’a pas transmis de nom.

Cependant des modèles, tel Hercule,

Achille, Thésée. Arrière à ta cellule ;

Et si tu vois la sphère éclairée à nouveau.

Apprends à ne savoir d’autres que ces gloires-là.

Thomas Carew (Traduction).

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