‹ Walden, ou la Vie dans les bois. Traduction de L. FabuletChapitre 17 sur 78 · I. Petit lec parmi le* mon tapit · texte numérisé non relu

I. Petit lec parmi le* mon tapit

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le de France

WALDEN

pièce de monnaie dans une cuvette, toute la terre au delà de l'étang semblait une mince croûte isolée et mise à flot rien que par cette simple petite nappe d'eau intermédiaire, et cela me rappelait que celle sur laquelle je demeuras

n'était que la terre sèche. , , , . . . • «

Quoique de ma porte la vue fût encore plus retrecie, je ne ntt sentais le moins du monde à l'étroit plus qu'à l'écart. Il y avait suffisante pâture jurnr mon imagination. Le plateau bas de chênes arbrisseaux jusqu ou s devait la rive opposée de l'étang, s'étendait vers les prairies de 1 Ouest et les steppes de la Tartarie, offrant place ample à toutes les familles d hommes vagabondes.

« 11 n'est d'heureux de par le monde que les êtres qui jouissent en liberté d un large horizon », disait Damodara, lorsque ses troupeaux réclamaient de nouvelles et plus larges pâtures.

Lieu et temps à la fois se trouvaient changes, et je demeurais plus près de ces parties de l'univers et de ces ères de l'histoire qui m avaient le plus attire. Où je vivais était aussi loin que mainte région observée de nuit par les astronomes. Nous avons coutume d'imaginer des lieux rares et délectables en quelque coin reculé et plus céleste du système, dernere la Chaise de Cassiopée, loin du bruit et de l'agitation. Je découvris que ma maison avait bel et bien son emplacement en telle partie retirée, mais à jamais neuve et non profanée, de l'univers. S'il valait la peine de s établir en ces régions voisines de la Pléiade ou des Hyades, d'Aldébaran ou d'Altaïr, alors c était bien là que j'étais, ou à une égale distance de la vie que j'avais laissée derrière, rapetisse et clignant de l’oeil avec autant d'éclat à mon plus proche voisin, et visible pour lui par les seules nuits sans lune. Telle était cette partie de la création où je m'étais établi :

« Thcre was a shepherd that did live,

And hcld his thoughts as high As were the mounts whereon his flocks Did hourly feed him by 1. »

Que penserions-nous de la vie du berger si ses troupeaux s’éloignaient toujours vers des pâturages plus élevés que ses pensées ?

11 n’était pas de matin qui ne fût une invitation joyeuse à égaler ma vie en simplicité, et je peux dire en innocence, à la Nature même J ai été un aussi sincère adorateur de l’Aurore que les Grecs. Je me levais de bonne heure et

« Il était, une foi», un berger Qui tenait «es pensée» aussi hautes Qu'étaient hauts les monts où ses troupeau»

D'heure en heure allaient le nourrissant.*

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me baignai» dan» l'étang ; c'était un exercice religieux, et l’une de» meilleure» choses que je fisse. On prétend que sur la baignoire du roi Tching-thang des caractères étaient gravés à cette intention: « Renouvelle-toi complètement chaque jour ; et encore, et encore, et encore à jamais. » Voilà que je comprends. Le matin ramène les âges héroïques. Le léger bourdonnement du moustique en train d’accomplir son invisible et inconcevable tour dans mon appartement à la pointe de l’aube, lorsque j 'étais assis porte et fenêtre ouvertes, me causait tout autant d’émotion que l'eût pu faire nulle trompette qui jamais chanta la renommée. C’était le requiem d'Homère ; lui-même une Iliade et Odyssée dans l’air, chantant son ire à lui et ses courses errantes. 11 y avait là quelque chose de cosmique ; un avis constant jusqu à plus ample informé, de 1 éternelle vigueur et fertilité du monde. Le matin, qui est le plus notable moment du jour, est l’heure du réveil. C’est alors qu il est en nous le moins de somnolence ; et pendant une heure, au moins, se tient éveillée quelque partie de nous-même, qui tout le reste du jour et de la nuit sommeille. Il n’est guère à attendre du jour, s’il peut s’appeler un jour, où ce n est point notre Génie qui nous éveille, mais le toucher mécanique de quelque serviteur, où ce n’est point, qui nous éveillent, notre reprise de force ni nos aspirations intérieures, accompagnées des ondes d une céleste musique en guise de cloches d’usine, et alors qu’un parfum remplit 1 air — pour une vie plus haute que celle d’où nous tombâmes endormis ; amsi la ténèbre porte son fruit, et prouve son bienfait, non moins que la lumière. L homme qui ne croit pas que chaque jour comporte une heure plus matinale, plus sacrée, plus aurorale qu’il n’en a encore profanée, a désespéré de la vie et suit une voie descendante, de plus en plus obscure. Après une cessation partielle de la vie des sens, l’âme de l’homme, ou plutôt ses organes, reprennent vigueur chaque jour, et son Génie essaie de nouveau quelle vie noble il peut mener. Tous les événements notables, dirai-je même, ont lieu en temps matinal et dans une atmosphère matinale. Les Védas disent : « Toute, intelligences s’éveillent avec le matin. » La poésie et l'art, et les plus nobles comme les plus notables actions des hommes, datent de cette heure-la. Tous les Poètes, tous les héros sont, comme Memnon, les enfants dfi 1 Aurore, et émettent leur musique au lever du soleil. Pour celui dont la pensée élastique et vigoureuse marche de pair avec le soleil, le jour est un éternel matin. Peu importe ce que disent les horloges ou tes attitudes et travaux des hommes. Le matin, c’est quand je suis éveillé et qu’en moi il est une aube. La réforme morale est l’effort accompli pour secouer le sommeil. Comment se fait-il que les hommes fournissent de leur journée un ai pauvre compte s’ils n’ont Passé le temps à sommeiller ? Ce ne sont pas si pauvres calculateurs. S il»

n’avaient succombé à l'assoupissement ils auraient accompli quelque chose. Us millions sont suffisamment éveillés pour le labeur physique ; mais il n’en est sur un million qu’un seul de suffisamment éveillé pour l'effort intellectuel efficace, et sur cent millions qu’un seul à une vie poétique ou divine. Etre éveillé, c’est être vivant. Je n’ai Jamais encore rencontré d'homme complètement éveillé. Comment eussè-je pu le regarder en face ?

Il nous faut apprendre 4 nous réveiller et tenir éveillés, non grâce à des secours mécaniques, mais â une attente sans fin de l’aube, qui ne nous abandonne pas dans notre plus profond sommeil. Je ne sais rien de plus encourageant que l'aptitude incontestable de l’homme à élever sa vie grâce à un conscient effort. C’est quelque chose d’être apte à peindre tel tableau, ou sculpter une statue, et ce faisant rendre beaux quelques objets : mais que plus glorieux il est de sculpter et de peindre l’atmosphère comme le milieu même que nous sondons du regard, ce que moralement il nous est loisible de faire. Avoir action sur la qualité du jour, voilà le plus élevé des arts. Tout homme a pour tâche de rendre sa vie, jusqu'en ses détails, digne de la contemplation de son heure la plus élevée et la plus sévère. Rejetterions-nous tel méchant avis qui nous est fourni, ou plutôt en userions-nous jusqu'à parfaite usure, que les oracles nous instruiraient clairement de la façon dont nous

devons nous y prendre. ... - ,n ■ • r

Je gagnai les bois parce que je voulais vivre suivant mure renexion, n affronter que les actes assentiels de la vie, et voir si je ne pourrais apprendre ce quelle avait à enseigner, non pas, quand je viendrais à mourir, découvrir que je n'avais pas vécu. Je ne voulais pas vivre ce qui n’était pas la vie, la vie est si chère ; plus que ne voulais pratiquer la résignation, s’il n’était tout à fait nécessaire. Ce qu’il me fallait, c’était vivre abondamment, sucer toute la moelle de la vie, vivre assez résolument, assez en Spartiate, pour mettre en déroute tout ce qui n’était pas la vie, couper un large andain et tondre ras, acculer la vie dans un coin, la réduire à sa plus simple expression, et, si elle se découvrait mesquine, eh bien, alors! en tirer l’entière, authentique mesquinerie, puis divulguer sa mesquinerie au monde ; ou si elle était sublime, le savoir par expérience, et pouvoir en rendre un compte fidèle dans ma suivante excursion. Car pour la plupart, il me semble, les hommes se tiennent dans une étrange incertitude à son sujet, celle de savoir si elle est du diable ou de Dieu, et ont quelque peu hâtivement conclu que c’est la principale fin de l’homme ici-bas que de « Glorifier Dieu et de s'En réjouir à jamais. »

Encore vivons-nous mesquinement, comme des fourmis ; quoique suivant la fable il y ait longtemps que nous fûmes changés en hommes ; tels des pygmées nous luttons contre des grues ; c’est là erreur sur erreur, rapiéçage sur

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rapiéçage, et c’est une infortune superflue autant qu évitable qui fournit à notre meilleure vertu l’occasion de se manifester. Notre vie se gaspille en détail. Un honnête homme n’a guère besoin de compter plus que ses dix doigts, ou dans les cas extrêmes peut-il y ajouter ses dix doigts de pied, et mettre le reste en bloc. De la simplicité, de la simplicité, de la simplicité ! Oui, que vos affaires soient commé deux ou trois, et non cent ou mille ; au lieu d’un million comptez par demi-douzaine, et tenez vos comptes sur l’ongle du pouce. Au centre de cette mer clapoteuse qu’est la vie civilisée, tels sont les nuages et tempêtes et sables mouvants et mille-et-un details dont il faut tenir compte, que s’il ne veut sombrer et aller au fond sans toucher le port, l’homme doit vivre suivant la route estimée ; or, grand calculateur en effet doit être qui réussit. Simplifiez, simplifiez. Au lieu de trois repas par jour, s’il est nécessaire n’en prenez qu’un ; au lieu de cent plats, cinq ; et réduisez le reste en proportion. Notre vie est comme une Confédération Germanique, faite de tout petits états, aux bornes à jamais flottantes.au point qu’un Allemand ne saurait vous dire comment elle est bornée à un moment quelconque. La nation elle-même, avec tous ses prétendus progrès intérieurs, lesquels, soit dit en passant, sont tous extérieurs et superficiels, n’est autre qu’un établissement pesant, démesuré, encombré de meubles et se prenant le pied dans ses propres frusques, ruiné par le luxe, comme par la dépense irréfléchie, par le manque de calcul et de visée respectable, à l’instar des millions de ménages que renferme le pays ; et l’unique remède pour elle comme pour eux consiste en une rigide économie, une simplicité de vie et une élévation de but rigoureuses et plus que Spartiates. Elle vit trop vite. Les hommes croient essentiel que la Nation ait un commerce, exporte de la glace, cause par un télégraphe, et parcoure trente milles à l’heure, sans un doute, que ce soit eux-mêmes ou non qui le fassent ; mais que nous vivions comme des babouins ou comme des hommes, voilà qui est quelque peu incertain. Si au lieu de fabriquer des traverses, et de forger des rails, et de consacrer jours et nuits au travail, nous employons notre temps à battre sur 1 enclume nos existences pour les rendre meilleures, qui donc construira des chemins de fer ? Et si l’on ne construit pas de chemins de fer, comment atteindrons-nous le ciel en temps? Mais si nous restons chez nous à nous occuper de ce qui nous regarde, qui donc aura besoin de chemins de fer ? Ce n’est pas nous qui roulons en chemin de fer ; c’est lui qui roule sur nous. Avez- vous jamais pensé à ce que sont ces dormants qui supportent le chemin de fer ? Chacun est un homme, un Irlandais, ou un Yankee. C’est sur eux que les rails sont posés, ce sont eux que le sable recouvre, c’est sur eux que les wagons roulent sans secousse. Ce sont de pro-

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fonds dormants je vous assura. Et pau d'années s'écoulant sans qu'on naît couche un nouveau tas sur lequel encore on roule ; de telle sorte que si quelques-uns ont le plaisir de passer sur un rail, d autres ont 1 infortune de se voir passer dessus. Et s'il arrive qu'on passe sur un homme qui marche en son sommeil, « dormant » surnuméraire dans la mauvaise position, et qu on le réveille voilà qu'on arrête soudain les wagons et pousse des cris de paon, comme s'il s'agissait d'une exception. Je suis bien aise de savoir qu .1 faut une équipe d’hommes par cinq milles pour maintenir les « dormants » en place et de niveau dans leurs lits tels qu'ils sont ; car c est signe qu ils peuvent à

qUplTrqùo^“eraveVc'^tte hâte et ce gaspillage de vie ? Nous sommes décidés à être réduits par la faim avant d'avoir faim Us hommes déclarent qu'un point fait à temps en épargne cent, sur quoi les voilà faire mille points aujourd'hui pour en épargner cent demain. Du Iroouif/ nous n en avons pas qu tire à conséquence. Ce que nous avons c est la danse de Samt-Cuy, sans possibilité, je le crains, de nous tenir 1. tete tranquille. M arriva -.1 seulement de donner quelques branles à 1. corde de la c oche paroissiale, comme pour sonner au feu, c'est-à-dire sans laisser reposer la cloche, qu .1 n y aurait 1ère d'homme sur sa ferme aux environs de Concord, maigre cette foule d'engagements qui lui servirent tant de fois d excuse ce matin, n, de gamin, ni de femme, dirai-je presque, pour ne pas tout planter la et suivre la direction du son, non point tant dans le but de sauver des flammes un bien quelconque que. faut-il confesser la venté ? dans celui surtout de le voir brûler, puisque brûler il doit, et que ce n est pas nous, qu on le sache, qui y avons mis le feu, — ou dans celui de le voir éteindre, et d etre pour quelque chose dans cette extinction, si l'ouvrage est tant soit peu bien fait ; oui, s agrt-ll de l'église paroissiale elle-même. A peine un homme fait-il un somme dune demi-heure après dîner, qu'en s’éveillant il dresse la tête et demande : « Quelles nouvelles ? » comme si le reste de l'humanité s'était tenu en faction près de lui H en est qui donnent l’ordre de les réveiller toutes les demi-heures, certes sans autre but ; sur quoi en guise de paiement ils racontent oe qu ils ont rêvé Après une nuit de sommeil les nouvelles sont aussi indispensables que le premier déjeuner. « Dites-moi, je vous prie, n’importe ce qui a pu arriver de nouveau à quelqu’un, n importe où sur ce globe ?» — puis on lit par-dessus café et roulette qu un homme a eu les yeux desorbites “matin sur le fleuve Wachito ; sans songer un instant qu on vit dans la tenébre de l’insondable grotte de mammouth qu’est ce monde, et qu on ne possède soimême que le rudiment d un œil.

Supplie ilon prutiW P» l« ***»

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Pour ma part je me passerais fort bien de poste aux lettres. Je la crois l’agent de fort peu de communications importantes. Pour être exact, je n ai jamais reçu plus d’une ou deux lettres dans ma vie je 1 ai écrit il y a quelques années — qui valussent la dépense du timbre. La poste à deux sous est, en général, une institution grâce à laquelle on offre sérieusement à un homme pour savoir ce qu’il pense ces deux sous que si souvent on offre en toute sécurité pour rire 1. Et je suis sûr de n’avoir jamais lu dans un journal aucune nouvelle qui en vaille la peine. Lisons-nous qu un homme a été volé, ou assassiné, ou tué par accident, qu’une maison a brûle, un navire fait naufrage, un bateau à vajaeur explosé, une vache été ecrasee sur le Western Railroad, un chien enragé tué, ou qu’un vol de sauterelles a fait apparition en hiver, — que point n’est besoin de lire la réédition du fait. Une fois suffit. Du moment que le principe nous est connu, qu importe une myriade d exemples et d’applications ? Pour le philosophe, toute nouvelle, comme on 1 appelle, est commérage, et ceux qui l’éditent aussi bien que ceux qui la lisent ne sont autres que commères attablées à leur thé. Toutefois sont-ils en nombre, qui se montrent avides de ces commérages. Il y eut telle cohue 1 autre jour, parait" il, à l’un des bureaux de journal pour apprendre les dernières nouvelles arrivées de l’étranger, que plusieurs grandes vitres appartenant à 1 etablissement furent brisées par la pression — nouvelles qu avec quelque facilite d’esprit, on pourrait, je le crois sérieusement, écrire douze mois sinon douze années à l'avance, sans trop manquer d exactitude. Pour ce qui est de 1 Espagne, par exemple, si vous savez la façon de faire intervenir Don Carlos et l’Infante, Don. Pedro, Seville et Grenade, de temps à autre dans les proportions voulues, — il se peut qu on ait change un peu les noms depuis que j ai lu les feuilles — et de servir une course de taureaux lorsque les autres divertissements font défaut, ce sera vrai à la lettre, et nous donnera une aussi bonne idée de l’état exact ou de la ruine des choses en Espagne que les rapports les plus succincts comme les plus lucides sous cette rubrique dans les journaux ; quant à l’Angleterre, la dernière bribe de nouvelle significative qui nous soit venue de ce côté-là est, si l’on peut dire, la Révolution de 1649 ; et, une fois apprise l’histoire de ses récoltes au cours d’une année moyenne, nul besoin d’y revenir, à moins que vos spéculations n’aient un caractère purement pécuniaire. S’il est permis à qui rarement regarde les journaux de porter un jugement, rien de nouveau jamais n arrive à 1 étranger, pas même une Révolution française. ,

Quelles nouvelles ! que plus important il est de savoir ce que c est qui

1 . En Angleterre quelqu’un semble-t-il rêveur, qu'il est d'usage de lui demander 1 brûle-pourpoint, en manière de plaisanterie: « Deux sous pour savoir et que vous pensez. »

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jamais ne (ut vieux. « Kieou-he-yu (grand dignitaire de l'État de We.) envoya vers Khoung-tseu quelqu’un prendre de ses nouvelles. Khoung-tseu fit asseoir le meauger près de lui, et le quest, onna en ces termes : « «ne tait ton maître ? - Le messager répondit avec respect : « Mon ma.tre souhaite « diminuer le nombre de ses défauts, ma, s .1 ne peut jamais en venu à bouU Le messager parti, le philosophe observa : « Quel digne messager ! quel i^nn messager I » Le prédicateur, au beu de rebattre les ore, lies des fermiers assoupis en leur jour de repos à 1» fin de la sema, ne - car le , dtmandu i eat la digne conclusion d’une semame mal employée, et non le frais et va, liant début d’une nouvelle, - avec cet autre lambin de sermon, devra, t cner d’une voix de tonnerre t « Arrête 1 Halte-la ! Pourquo, cet au d aller v,te,

quand tu es d'une mortelle lenteur ? » , ,

Imposture et illusion passent pour bonne et profonde vente, alors que la réalité est fabuleuse. Si les hommes, résolument, n ava.ent d yeux que pour les réalités, sans admettre qu’on les abuse, la vie pour emprunter d« comparaisons connues, ressemblera, t à un conte de f« ct .ux réc,t« d» Mdle et Une Nuits.Si nous ne respections que ce :qui est mev, table et a droit à etre respecté, musique et poésie retentiraient le long des rues , Aux heures de mesure et de sagesse, nous découvrons que seules les choses grandes et dignes sont douées de quelque existence permanente et absolue - que les petites peurs et les petits plaisirs ne sont que 1 ombre de la réalité. Celle-ci toujours est réjouissante et sublime. En fermant les yeux et sommeillant, en consentant à se laisser tromper par les apparences, les hommes établissent et consolident leur vie quotidienne de routine et d’habitude partout, qui encore est bâtie sur des fondations purement illusoires. Les enfants, qui jouent à la vie, discernent sa véritable loi et ses véritables relations plus clairement que les hommes, qui taillent à la vivre dignement, et se croient plus sages par 1 expérience. c'est-à-dire par la faillite. J’ai lu dans un livre hindou qu « il était un fils de roi, lequel, banni en son enfance de sa ville natale, tut elevè par un habitant des forêts, et, en parvenant à la maturité dans cette condition, s’imagina qu’il appartenait à la race barbare avec laquelle il vivait. Un des ministres de son père l’ayant découvert, lui révéla ce qu il était ; sur quoi la conception erronée qu’il avait de sa qualité changea, et il se reconnut pour prince. C'est ainsi que l’âme, » continue le philosophe hindou, « suivant les circonstances où elle se trouve placée, se méprend sur sa qualité, jusqu au jour où la vérité lui est révélée par quelque saint prédicateur ; alors, elle se reconnaît Brahme. J’observe que nous autres habitants de la Nouvelle-Ang eterre devons de mener cette vie médiocre nôtre à ce que notre v»8»™ nC pénètre pas la surface des choses. Nous croyons que cela est qui parait etre.

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Admettez qu'un homme se promenant à travers cette ville, n'en voie que la réalité, qu’en serait-il, croyez-vous, du « Mill dam »? 1 S il nous rendait compte des réalités vues là, nous ne reconnaîtrions pas I endroit dans sa description. Regardez une chapelle, un palais de justice, une geôle, une boutique, une habitation, et dites ce qu’est vraiment cette chose devant un regard sincère, ils tomberont tous en pièces dans le récit que vous en ferez. Les hommes estiment que la vérité s est retirée, aux confins du système, derrière la plus lointaine étoile, avant Adam et après le dernier homme. En 1 éternité réside, oui-da, quelque chose de vrai et de sublime. Mais tous ces temps, lieux et circontances-ci sont maintenant et ici. Dieu Lui-même est au zénith au moment où je parle, et ne sera jamais plus divin au cours de tous les âges. Et c’est seulement à la perpétuelle instillation comme imbibaison de la réalité qui nous environne que nous devons d être aptes à saisir tout ce qui est sublime et noble. L’univers répond constamment et dévotement à nos conceptions ; que nous voyagions vite ou lentement, la voie est posee pour nous. Employons donc nos existences à concevoir . Le poète ou 1 artiste jamais encore n eut si beau et si noble dessin que quelques-uns de sa postérité au moins ne puissent accomplir.

Passons un seul jour avec autant de mûre réflexion que la Nature, et sans nous laisser rejeter de la voie par la coquille de noix et 1 aile de moustique qui tombe sur les rails. Levons-nous tôt et jeûnons, ou déjeunons, tranquillement et sans trouble, qu’arrive de la compagnie et s en aille la compagnie, que les cloches sonnent et les enfants crient. — résolus à en faire un jour. Pourquoi se rendre et s’abandonner au courant? Ne nous laissons pas renverser et engloutir dans ce terrible rapide, ce gouffre, qu on appelle un dîner, situé dans les bancs de sable méridiens. Résistez à ce danger et vous voilà sauf, car le reste de la route va en descendant. Les nerfs d aplomb, la vigueur du matin dans les veines, passez auprès, les yeux ailleurs, attaché au mât comme Ulysse. Si la locomotive siffle, qu’elle siffle à en perdre la voix pour sa peine. Si la cloche sonne, pourquoi courir ? Nous réfléchirons à quelle sorte de musique elles ressemblent. Halte ! et là en bas faisons jouer nos pieds et se frayer un chemin à travers la fange et le gâchis de l’opinion, du préjugé, de la tradition, de l’illusion, de l’apparence, cette alluvion qui couvre le globe, à travers Paris et Londres, à travers New-York et Boston et Concord, à travers Église et État, à travers poésie et philosophie et religion, jusqu à ce que nous atteignions un fond solide, des rocs en place, que nous puissions appeler réalité, et disions : Voici qui est, et qui est bien ; sur quoi commencez,

1. Centra du villa* de Concord, où U habitant» ae réunimicnt pour bavarder

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avant un point (T appui \ au-dessous de la crue et du gd et du feu, une jdace "posiez ftder un mur ou un état, smon fixer en sûreté un«*rbe£ neut-être une jauge, pas un Nilomètre, mais un Realomètre, en sorte que les futur, sachent {^profondeur que de temps 4 autre avait attemta inondation d'impostures et d'apparences. Si vous vous ^

le fait, l'affrontant face à face, vous verres le soleil lune sur d^x surf.ce à l'instar d'un cimeterre, et sentirez son doux tranchan le cœur et la moelle, sur quoi conclurez heureusement a votae morteUe car rière Vie ou mort, ce que nous demandons, c est la réalité. Si nous sommes réellement mourants, écoutons le râle de notre gorge et sentons le frotd aux extrémités ; si nous sommes en vie, vaquons a notre anaire.

Le temps n'est que le ruisseau dans lequel )e vais péchant, J y = ™,s tout en buvant j'en vois le fond de sable et découvre le peu de profondeur o n t ;li rourant nasse mais 1 éternité demeure. Je voudrais boire plus profond ; pêcher dans le 'ciel, dont le fond est etoile, Je^K sms

pas compter jusqu'à un. Je ne sais pas la première lettre de 1 alphabet. J ai toujours regretté de n'être pas aussi sage que le jour où,e gence est un fendoir ; elle discerne et s ouvre son chemin dans le secretdes choses. Je ne désire être en rien plu. occupe de mes mains qc ■ saire Ma tête, voilà mains et pieds. Je sens concentrées là mes meilleures facultés. Mon instinct me dit que ma tête est un organe pour «euser comm d'autre, créature, emploient leurs groin et pattes 6* de«nt. et «eceUe voudrais-je miner et creuser ma route à travers ces collines. »

plus riche veine se trouve quelque part prés dm i tel en jugeqe grec* * 1 baguette divinatoire et aux filets de vapeur qui s élèvent ; or, un commencerai-je à miner.

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