La rue do banquier) et do agent) de change de Boston
LES ÉTANGS
on Ann racines, d'àiociale peut-être, d'un demi-pouce à quatre pouces de diamètre et parfaitement sphériques. Elles vont et viennent sur les hautsfonds de sable, et se trouvent parfois rejetées sur la rive. Elles sont tout herbe ou pourvues d'un peu de sable au milieu. Au premier abord on les dirait façonnées par l'action des vagues, comme un galet; les plus petites elles-mêmes sont faites d'éléments tout aussi grossiers d un demi-pouce de long. Hles ne se produisent qu'à une seule saison de 1 annee. U ailleurs, les vagues, j’imagine, construisent moins quelles n usent une matière qui a déjà acquis de la consistance. Ces boules, une fois seches, conservent leur
forme durant un temps indéfini. l , - n- i
UEtam de Flint I Telle est la pauvreté de notre nomenclature. De quel droit l'immonde et stupide fermier, qui a dénude sans pit.e les bords de cette eau d'.rur où sa ferme aboutissait, lu. a-t-.l donne son nom J Queÿue shin-flinl (fesse-mathieu), qui aimait mieux la surface réfléchissante dun dollar, ou un sou bien luisant, dans lequel mirer sa propre face endurcie ;
pour qui il n’était pas jusqu aux - . , ,
bissent de. intrus; le. doigt, changé, en serres crochues etcomees parla longue habitude de saisir en harpie ; - aussi n en est-ce pas le nom pour moi. Je ne vais pas là pour voir cet homme ni entendre parler de lui , lui qui jamais ne 1. oit, jamais n. s'y baigna, jamais ne aima, tama.s ne le protégea, plus que ne trouva une bonne parole à en dire, n. ne remercia Dieu de Loir fait. Qu'on donne à l'étang plutôt le nom des poissons qui nagent dedans, des oiseaux ou quadrupèdes sauvages qui le fréquentent, des fleurs sauvages qui croissent sur ses rives, ou d. quelque homme ou enfant sauvage dont le fi de l'histoire soit tissé avec le sien ; non pas de celui qu, ne pouvait montrer d’autre titre à « possession que l’acte à lu. donne par un voisin ou une législature de même âme — de celui qui ne pensait qu a sa valeur pecunhdreet dont 1. prépuce peut-être porta malheur à toute la rive ; qu, pompa 1» terre tout autour, et en eût volontiers pompe dedans le. eaux qu, regrettait seulement que ce ne fût pas foin anglais ou marais a ^nneberges, il n y avait parbleu, rien à ses yeux pour le racheter, — et 1 eut desséché et vendu
pour la vase qui était au fond. 11 ne faisait pas tourner son moulin, et ce n était
Xn'cVsien de le contempler. Non. je ne respecte pas les travaux, la ferme de cet homme, où il n'est rien qui ne soit cote à son prix, de cet homme oui porterait le paysage, porterait son Dieu, au marché, s il pouvait en tirer quelcme chose ; qui va au marché, oui-da. en quite de son dieu ; sur la ferme de qui rien ne croît en liberté, dont les champs ne portent pour recolle, les prés pour fleurs, les arbres pour fruits, que de. dollars ; qui n aime pas d’amour la beauté de ses fruits, et pour qui ce, fruits ne sont murs qu une
canards sauvages venus là se poser qui ne
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque
le de France
WALDEN
fois convertis en dollars. Donnez-moi la pauvreté qui jouit de la véritable opulence. Les fermiers à mes yeux ne sont respectables et intéressants qu autant qu’ils so nt tristes, — de tristes fermiers. Une ferme modèle ! où la maison se tient comme un champignon dans un tas de fumier, chambres pour hommes, chevaux, bœufs et pourceaux, propres et non, toutes contiguës l’une à l’autre ! Approvisionnée en hommes ! Un grand lieu de graillon, odorant l'engrais et le petit-lait ! Sous un imposant état de culture, engraissé de cœurs et de cerveaux d’hommes 1 Comme s’il vous fallait faire pousser vos pommes de terre dans le cimetière ! Telle est une ferme modèle.
Non, non ; s’il faut aux plus belles lignes du paysage se voir donner des noms qui rappellent les hommes, que ce ne soient que ceux des hommes les plus nobles, les plus dignes. Que nos lacs reçoivent des noms au moins aussi conformes que la mer icarienne, où « rententit encore le rivage » d’une « vaillante tentative ».
L’Étang de l’Oie, de peu d’étendue, est situé sur ma route lorsque je vais à celui de Flint ; Fair-Haven, débordement de la Rivière de Concord, dit d’une contenance de quelque soixante-dix acres, est à un mille au sudouest ; et l’Étang Blanc, de quarante acres environ, est à un mille et demi au delà de Fair-Haven. C’est ma région des lacs. Ceux-ci, avec la rivière de Concord, sont mes privilèges d’eau ; et nuit et jour, d’un bout de l’année à l’autre, ces eaux-là moudent tel grain que je leur porte.
Depuis que les bûcherons, et le chemin de fer, et moi-même avons profané Walden, peut-être le plus attrayant, sinon le plus beau, de tous nos lacs, la perle des bois, est-il l’Étang Blanc ; — un pauvre nom venu de sa fréquente répétition, dérivé soit de la pureté remarquable de ses eaux, soit de la couleur de ses sables. A cet égard comme à d’autres, toutefois, c’est un jumeau plus petit de Walden. Ils se ressemblent tellement qu’on les dirait devoir se relier sous terre. Il a la même rive pierreuse, et ses eaux sont de la même teinte. Comme pour Walden, par un jour accablant de canicule, si l’on regarde de haut à travers les bois quelqu'une de ses baies, lesquelles ne sont pas si profondes qu’elles ne se teintent du reflet de leur fond, ses eaux sont d’un vert bleuâtre et brumeux ou glauques. Il y a nombre d’années j’allais là ramasser le sable par charretées, pour faire du papier verré, et j’ai continué depuis à lui rendre visite. Quelqu’un qui le fréquente, propose de l’appeler le lac Viride. Peut-être pourrait-on l’appeler le lac du Pin-Rouge, à cause du fait suivant. Il y a une quinzaine d'années on pouvait voir le sommet d’un pitchpin, du genre appelé par ici pin-rouge, quoique ce ne soit pas une espèce distincte, émerger de la surface en eau profonde, à pas mal de
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque
LES ÉTANGS
verset de U rive. Certains «lièrent jusqu'à supposer que l'étau? «tait b«is«é, et que c'était un reste de 1. forêt primitive qu. )«d.s se dressait là. Je découvre que déjà en 1792, dans une Description Topographie de la Vt Ue de Concord, par l'un de se. citoyens. .Uns les Collections de 1. We Historique du Massachusetts, l'auteur, «prés avoir parlé de 1 Etang de Walden et de l'Étang Blanc ajoute : . Au milieu de ce dernier on peut voir, lorsque l'eau est très bmse, un arbre qu'on dirait «voir poussé sur le lieu ou marnte- „a„t il « dresse, quoique les racines en soient à cinquante pieds au-dessous de 1. surface de l'eau ; 1. cime de cet arbre est casses, et à cet endroit mesure quatorze pouces de diamètre. . Au printemps de 49. )e causais avec le plus proche voisin de l'étang à Sudbury, lequel me raconta que c était lu. qui avait enlevé cet arbre dix ou quinze années auparavant. Autant qu .1 pouvait s’en souvenir, l'arbre se trouvai, à douze ou quinze ve^es de U me où l'eau avait de trente à quarante pieds de profondeur. C était en hiver, et il avait passé la matinée à enlever de la glace : or. . avait résolu que dm, laprès midi. avec l'aide de se, voisins, il arracherait le vieux pin roupn II ouvrit à 1. scie dans 1. glace un canal allant vers la rive, et avec des boeufc amena l'arbre à flotter renversé tout le long pour ensuite le remonter sur la glace ; mais il n'était pas encore allé bien loin dans son travail qu à sa surprise il découvrit que l'arbre se présentait par le bout qu il ne fallait pas, le tronçon de, branche, dirigé de haut en bas et le petit Uut sohdement fixé dans le fond de sable. C'était un arbre d environ un pied de diamètre au gros bout, ce qui avait donné à notre hommel espoir d en tirer quelque chose à la^cie, mais il étau si pourri qu'il ne pu. convenir qu à faire du feu, et encore. 11 lui en restait sous son hangar. On voyait au gros bout de, traces de hache et dé pivert, . Selon lui. ce pouvait avoir été un arbre mort de la nve^ finalement poussé par le vent dans l'étang, et qui. la cime une fois engagée d eau. Z, que le gms bout restai, sec et léger, ,'en étal, allé à la dérivé couler 1. tête en bas. Son père, âgé de quatre-vingts ans, ne pouvait se rappeler ne pas l'avoir vu là. Plusieurs belles et grosses billes sont encore visibles au fond, üù, à cause de l'ondulation de 1. surface, on les prendrait pour de mon,trueux serpents d’eau en mouvement. , ...
Rire fut le bateau qui profana cet étang attendu qu .1 ne renferme guère de quoi tenter le pêcheur. Au lieu du nénuphar blanc qu. requiert de la vaséTou du vulgaire jonc odorant, cest lins bleu fin, oers.coM, qu. pousse clairsemé dans l'eau pure, et s élève du fond pierreux tout autour de 1. rive, où il « voit, en juin, visité par le, oiseaux-mouches et la couleur de se. glaive, bleuâtres comme de ses fleurs, surtout leurs reflets, se marient étrangement à l'eau glauque.
WALDEN
L’Étang Blanc et Walden sont de grands cristaux il la surface de la terre, des Lacs de Lumière. Fussent-ils congelés de façon permanente, et assez petits pour qu’on s’en saisisse, qu'ils se verraient sans doute emportés par des esclaves, tels des pierres précieuses, pour aller adomer les têtes d’empereurs ; mais liquides et spacieux, et à nous comme à nos successeurs pour toujours assurés, nous n’en faisons point cas, et courons après le diamant de Kohi-noor. Ils sont trop purs pour avoir une valeur marchande, ils ne renferment pas de fumier. Combien plus beaux que nos existences, combien plus transparents que nos personnages ! D’eux nous n’apprîmes jamais la bassesse. Combien plus légitimes que la mare devant la porte du fermier, dans laquelle nagent ses canards ! Ici viennent les beaux et propres canards sauvages. La Nature n’a pas un hôte humain pour l’apprécier. Les oiseaux avec leur plumage et leurs chants sont en harmonie avec les fleurs, mais où le jeune homme, où la jeune fille, pour concourir à la sauvage et luxuriante beauté de la Nature ? C’est surtout seule quelle est florissante, loin des villes où ils résident. Parler du ciel! vous déshonorez la terre.
LA FERME BAKER
Parfois mes pas me portaient soit aux bouquets de pins, dressés comme des temples, ou des escadres en mer, toutes voiles dehors, leurs rameaux ondoyant où se jouait la lumière, si veloutés, si verts, si ombreux, que les Druides eussent délaissé leurs chênes pour adorer en eux ; soit au bois de cèdres 1 passé l’Étang de Flint, où les arbres couverts de baies bleues givrées, poussant toujours plus haut leur flèche, sont dignes de se dresser devant le Valhalla, et le genévrier rampant couvre le sol de festons chargés de fruits ; soit aux marais où l’usnée se suspend en guirlandes aux sapins noirs, et les « chaises de crapaud » 2, tables rondes des dieux des marais, couvrent le sol, pour d’autres et plus beaux champignons adorner les troncs d’arbres, tels des papillons, tels des coquillages, bigorneaux végétables ; où croissent le rhododendron et le cornouiller, où brille la baie rouge du marseau comme des yeux de lutins, où le celastrus grimpant sillonne et broie en ses replis les bois les plus durs, et où par leur beauté les baies du houx sauvage 3 font au spectateur oublier son foyer, où il est ébloui, tenté, par d’autres fruits sauvages, innommés, défendus, trop dorés pour le palais des mortels. Au lieu d’aller voir quelque savant, je rendais mainte visite à certains arbres d’espèces rares en ce voisinage, debout tout là-bas au centre d’un herbage, au cœur d’un bois, d’un marais, au sommet d’une colline ; tel le bouleau noir dont nous possédons quelques beaux spécimens de deux pieds de diamètre ; son cousin le bouleau jaune, à l’habit d’or flottant, parfumé comme le premier ; le hêtre au tronc si pur et joliment peint de lichen, parfait en tous ses détails, dont, à l’exception de quelques spécimens dispersés, je ne connais qu’un seul petit groupe d’arbres de bonne taille laissé sur le territoire de la commune, et que certains supposent avoir été semés par les pigeons que jadis près de là on appâtait avec des faînes, il vaut la peine de voir la fibre d’argent étinceler si vous fendez ce bois ; le tilleul ; le charme ; le celtis occidentales, ou faux ormeau, dont nous ne poésédons qu'un spécimen de belle venue, le mât plus élevé de quelque