‹ Wallace, ou, Le ménestrel écossaisChapitre 28 sur 41 · SCENE X · texte numérisé non relu

SCENE X

( Za nuit a commencé à venir par degré. ^ LE PRINCE, puis WALLACE.

LE PRINCE, seul.

Elle veut me suivre! Amour! honneur I qui de vous

dois-je écouler ?

Wallace sort avec précaution de chezle prince , s'assure du départ de la comtesse , et s'approche précipitamment.

J'ai tout entendu ; nous n'avons pas un instant à perdre. Demain vous devez rejoindre le camp d'Edouard; la couronne qu'il prépare à son esclave , l'Ecosse libre la prépare à son roi. Vous laisserez-vous conduire près d'Edouard? Irez-vous trouver les Ecossais?

LE PRINCE

Comment échapper à la vigilance de Donald, à l'aiJaour... de la comtesse ?

' VS'ALLACE.

Mon projet est hardi, mais l'exécution peut n'en pas être difficile. C'est à l'entrée de la nuit qu'on doit me faire partir; les soldats m'ont à peine vu... Votre barde, endormi par l'ivresse, repose dans cette galerie; ma harpe, ma toque, mon large manteau sont auprès de lui... prenez-les ; à la faveur de l'obscurité, vous pourrez peut-être vous éloigner de ces lieux,

LE PRINCE , avec Jeu.

Moi, Wallace ! que je vous abandonne, que je vous expose , par ma fuite , au ressentiment de vos ennemis! WALLACE , çii^ement.

Il le faut. #

LE' PRINCE

Je ne le puis !

WALLACE

Vous recouvrerez une couronne !

LE PRINCF.

Je perdrais un héros!... un ami qui m'est mille fois plus précieux qu'elle !

WALLACE, (uecfeu.

Votre patrie vous appelle !

LE PRINCE

Mon honneur me retient!

WALLACE

L'honneur d'un roi, est de tout sacrifier au bonheur de ses sujets !

LE PRINCE

Et de mes sujets n'êtes -vous pas le plus noble et le plus fidèle ! Confions-nous plutôt à la comtesse. WALLACE , vwement.

Gardez-vous en bien ! Elle est parente d'Edouard , et toujours elle s'est montrée dévouée à se% intérêts... Elle vous aime, je le sais 5 mais sa passion lui fait redouter pour vous les dangers que votre honneur vous oblige de courir... Pour vous conserver, elle est capable de tout!... Sire!,., de nous deux dépend le salut tie l'Ecosse! Ne remettons qu'à nous le soin de la sauver — Partez.... allez achever mon ouvrage ; j'ai assez fait pour mon pays, et je me croirai heureux en mourant aujourd'hui pour lui !!

LE PRINCE

Non... jamais... !

WALLACE

Eh bien! puisque rien ne peut vous fléchir, vous perdrez l'Etat et ne me sauverez pas. Je cours trouver sir Donald, et m'exposant à son courroux, lui découvrir William Wallace.

LE PRINCE , le retenant.

Arrêtez... qu'allez-vous faire?

WALLACE , vwement.

Mon devoir !

LE PRINCE , de même.

Ecoutez-moi.

WALLACE

Non, je n'écoute rien. Il fait nuit; sans doute on me cherche déjà... Allez prendre mon déguisement, ou je vais me perdre à vos yeux.

lE PRINCE , s^ avançant vers la galerie. Ah! Wallace ! à quoi m'obligez-vous! ( i/ entre dans la galerie. )

WALLACE

Sire, ne songez qu'à votre patrie, (Seul.) Dieu puissant, je te rends grâce! Enfin il cède à mes vœux... O mon pays! tes malheurs vont finir.

YOix , deiTière le théâtre.

Ménestrel !

WALLACE^ avec inquiétude.

On m'appelle déjà... Le prince ne parait pas !

LE PRINCE, sortant de la galerie, ayant la toque, le manteau et la harpe de wallace.

i^A voix basse. ) Wallace ! Wallace !

WALLACE

Ah ! sire !

LE PRINCE

Le barde est resté enseveli dans le plus profond sommeil !

WALLACE

Silence!... Ecoutons... Voici l'instant, il faut nous quitter. L'Epaisseur de la nuit nous favorise. Sire , adieu-. LE PRINCE , l'embrassant.

O Wallace ! O mon ami ! •

WALLACE

Mon prince, parlez de moi aux Ecossais. [Il entre dans l'appartement du prince. )

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