SCENE IV
LA COMTESSE, WALLACE , BERT.HE, /e/;2we^ de la Comtesse , et quelques soldats au fond du théâtre.
LA COMTESSE
Qui que vous soyez je vous en conjure , au nom du
ciel, dites-moi où le prince peut-il avoir porté ses
pas ? où pourrais-je le rejoindre?
v\'^ALLACE , ai'ec calme.
Madame , son secret ne m'appartient pas.
LA COMTESSE , ui^cc doulcur.
Et c'est moi qui vous ai donné un asile , à vous qui deviez détruire mon bonheur! Sous ce déguisement perfide, vous êtes venu porter le trouble au milieu de
nous...! Parlez qui pouvez-vous être? — serez-vous
insensible à mon malheur , vous qui tantôt parî^issiez
vous attendrir sur celui de Marie!
WALLACE , troublé.
Grands Dieux ! madame ! que dites-vous ?
LA COMTFSSE, vii'ement.
Ah! si vous avez une amante, une épouse.... c'est en
son nom que je vous en supplie découvrez-moi le
prince d'Ecosse.
Soyez sensible à ma douleur !
Ayez pitié ilc ma faiblesse !
En le rcniianf à ma tendresse, Vous me rendrez tout mon bonheur!
Loin il'ime am;mte chérie , » Si vous passez votre vie ,
Comme moi , vous tlevez sonfîrir !
Cédez à ma <loiileur extrême :
Songez fjii'il faut mieux mourir Que de perdre ce qu'on aime ! !
Soyez sensible à madoidcur!
Ayez pitié de ma faiblesse !
En l'arracliaut à ma tendresse , Vous ni'av( z ùté le bonlieur !
Ah ! rendez-ujoi tout mon bonheur ! !
WALLACE , attendri.
Madame, j'ai bravé aisément les menaces des satellites d'P^dcjuard ; il m'est plus difficile de résister à vos larmes ; mais mon devoir, le salut du prince que vous chérissez , m'obligent de me taire
LA COMTESSE
Eh bien! je vous abandonne au sort qu'on vous prépare ; mais songez qu'en taisant mon malheur, vous perdrez la vie.
v^^ALLACE , avecformeté.
Ma vie n'est rien , j'en ai fait le sacrifice Marchons,
soldats! {Les soldats Pemmèncnt.)
LA COMTESSE , seule.
Quel courage ! Comment pourrais-je le. faire céder à mes vœux ?