ACTE V, SCENE III
Au milieu d'un combat , abandonné par fous , A l'abri de ces murs , où son malheur l'exile , Celui qui fut Walsteiii vient chercher im asile.
LA PKI>CE.SSE
Quoi! Gallas ?...
En secret conspirait contre moi.
LA PRI^■CESSE
Butler?
■\VAL.STErN.
Suit le perfide et me manque de foi.
LA PniNCESSE. ,
Illo,Terski, Neiimann?
Leur amitié fidèle, Par les fers ou la mort vient d'expier son zèle. Sans eux je périssais j lour généreux secours A protégé ma fuite et veillé sur mes jours.
LA PRINCESSE
Mais Albert?
De son père il seconde la rage.
LA PII INCESSE.
Que nous reste-t-il donc? juste ciel!
Mon courage , Ces remparts, l'étranger s'avançaiif vers ce fort : S'il accourt, la victoire, et s'il tarde . la mort : La mort , sous les débris de ce palais en cendre.
LA princes.se.
Dans la tombe avec vous je suis prête à descendre j Sans terreur , sur vos pas , vous m'y verrez courir j Mais notre fille , hélas ! doit-elle aussi périr ?
WALSTEI\.
Ma fille!... Non, jamais!... Walsteiii vous la confie :
Veillez , Elisabeth , sur ma fille chérie :
Yos dangers et les siens me déchirent le cœur.
Avec joie et comme frappé d'une inspirationsotidaine.
Mais l'infâme Gallas est-il déjà vainqTieur?
Des vaillans Suédois s'il devance la course ,
Derrière ces remparts suis-je donc sans ressource?
Armons les citoyens , ranimons ces soldats ,
Dont les corps mutilés, débris de vingt combats ,
Et courbés sous le poids de leurs nobles services ,
Reposent , dans ces murs , leurs vieilles cicatrices !
Il suffit , aujourd'hui, d'un courageux effort !
Demain , nos alliés délivreront ce fort!
Oui , ce projet hardi sourit à ma vaillance.
A ta Princesse.
Que dans votre ame encor descende l'espérance ! Je vous (juitte... ah ! surtout qu'une feinte gaîté Cache aux yeux de Thécla la triste vérité ! Voilons à sa tendresse un revers qu'elle ignore ? Laissons-lui les erreurs qui la bercent encore! Vous rae le promettez?... Bientôt je vous rejoins : Elisabeth, adieu!...
LA PRINCESSE
Que mes accens du moins Secondent les efforts de l'époux que j'admire ! Je vous suis.
WA.LSTEIN.
Non , restez ; et ma voix doit suffire. Avec une ctprassion tendre et douloureuse. N« quittez point ma fille.