ACTE IV
Agissant en vertu des ordres du congrès. En présence du ciel a rendu ces arrêts. Mathoré, du complot aide et dépositaire. A livré Washington aux mains de l'Angleterre. Arnold, chef et fauteur dans le même attentat, Vendit aux ennemis et la ville et l'État; André, leur messager, leur confident intime, Put le médiateur et le lien du crime ; A l'unanimité statuant sur leur sort, Le conseil les condamne à la peine de mort. Mouvement de Washington qui regarde André avec douleur.)
LAFAYfcTTE, continuant.
Quant a la jeune fille, en cet acte exécrable. Quoique faible et séduite, autant qu'eux trois coupable, Tout convaincu qu'il soit qu'en sa pleine raison Eile a de son secours servi la trahison, Le conseil, hésitant devant l'arrêt suprême, S'en remet sur ce point a Washington lui-même î
A moi !
LAFAYETTE
De son arrêt c'est à vous d'ordonner !
Ah! quel emploi, cruels, osez-vous me donner! Savez-vous de quels jours vous me rendez l'arbitre? Moi ! dicter son arrêt? En quel nom? à quel titre?
Suis-je un juge infaillible9 En ces obscurités
Qui me décidera lorsque vous hésitez?
Quand le doute est en vous, est-ce à moi de résoudre ?
Puis-je la condamner? Ai— je droit de l'absoudre?
(Regardant le ciel.) 0 ciel ! guide sacré des jugements humains, Brisez, brisez plutôt la plume dans mes mains! Dieu qui sentez frémir mon âme paternelle, Sauvez-moi de ce choix pour moi comme pour elle. (Tout à coup, on entend un coup de canon ; mouvement général de surprise )
Qu'en tends-je?