SCENE II
LES MÊMES, WASHINGTON (suivi de solcbts qui poussent des acclamations), LAFAYETIE, ROCHAMBEAU, de BOUGAINWILLE. etc., et autres officiers et marins français , officiers américains , HCAYE et plusieurs anglais prisonniers, derrière les Français.
WASHINGTON Oui, c'est un jour pour nous d'éternelle mémoire ! Mes amis ! mais qui sait s'il est notre victoire? Entre la mer et nous les Anglais entassés, Pour être bien battus, se croiront-ils chassés? Voudront-ils, de nos droits admettant la justice, Pour sauver leurs débris, conclure l'armistice? Mais avant tout, amis, que vos soins empressés Portent de prompts secours aux combattants blessés ! A tous, entendez-vous ! tous ! que nul ne s'informe Quels drapeaux on suivait ou quel est f uniforme ! Esclave des rigueurs dont toute âme a gémi,
Un ennemi frappé n'est plus un ennemi ! v Qu'il tombe dans nos rangs ou dans un rang contraire. Il souffre ! c'est assez ! qui souffre nous est frère ! Il n'est plus d'un pouvoir l'instrument détesté ; Il est de la nature et de l'humanité !
(Mouvement de Howe et des prisonniers aoglate.]
LAFAYETTE, présentant à Washington les officiers et les marins français.
Général...
WASHINGTON, leur serrant la main à tous. Ah ! Steuben. Bougain ville, de Noailles !.. Lorsque nous combattions au pied de nos murailles, La flotte a noblement secondé nos efforts !
LAFAYETTE
L'Anglais se souviendra du feu de nos sabords... Mes Français, qu'un navire ou qu'un camp les enferme, Se battent sur la mer ainsi qu'en terre ferme ! Si de notre valeur le monde osait douter...
(Faisant avancer Howe.] Sir Howe que j'ai pris est prêt à l'attester.
WASHINGTON, A la vue de Howe, il a mis la main à la garde de son épée et Ta soulevée, puis il l'a laissée retomber dans le fourreau.
Le sort, dont la faveur de mon côté se penche, Au captif d'Hudsonbaye accorde sa revanche ! Ton piège au châtiment ne t'a pas dérobé, Et l'oppresseur d'hier dans mes mains est tombé.