‹ Washington, drame historiqueChapitre 30 sur 133 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

Me prit toute mon âme en me laissant l'amour ! A cet amour naissant par mon père arrachée, Après m'avoir perdue, André, m'as-tu cherchée? Mais sais- lu même, hélas ! quel horrible pouvoir Me sépara des lieux que tu devais revoir? Sais-tu que sur ces bords gémit mon existence Et qu'entre nous l'Hudson a jeté sa distance? Dieu lui seul près de moi pourrait guider tes pas, Et d'ailleurs, viendrais-tu si tu ne m'aimes pas? Rêve trop tôt fini, charme de ma pensée, Je renonce au bonheur dont vous m'aviez bercée ; J'adresse à l'espérance un éternel adieu, Et je pars sous l'abri de George et de son Dieu !

(Elle s'agenouille pour prier : la porte de la hutte s'ouvre ; André paraît : il regarde Xara, la reconnaît et la contemple dans un muet ravissement. Il est déguisé en paysan.

XARA, à genoux.

Dieu, qui mêles un charme à nos larmes amères, Qui donnes aux enfants le dévouaient des mères, Toi qui sauves des vents les nids au ciel bâtis, Toi qui soutiens les pas du faible qui t'implore, Toi que, naïve et simple, une sauvage adore,

Dieu des croyants, Dieu des petits !

Ecoute de ton ciel mes vœux, amour suprême î Veille aux jours de celui qui m'oublie et que j'aime, Lui, frère de mon âme et qui reçut ma foi! Défends-le des dangers d'une guerre cruelle! Garde-le pour sa vie... et pour sa sœur fidèle

Qui te le recommande et n'espère qu'en toi!

(André, qui s'était tenu ravi et immobile à l'écouter, s'avance vers elle avec tendresse.)

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