ACTE
la porte illuminée est d'un effet charmant.
(Bas.) Nous voilà tous !
(Entrent de côté et d'autre Herrefort, Cardonnel, Cunitigbam, Campbell, Drick, Martin et autres conjurés. )
TRYON, familièrement à Lafayette.
Marquis, voulez-vous bien permettre ?...
(Il lui offre la main, que Lafayette touche avec une répugnance polie. )
LAFAYETTE
Monsieur. .
Il se mêle aux groupes.)
TRYON, bas à Arnold.
Vous avez donc quelque chose ?
ARNOLD
Une lettre.
TRYON.
Ah!
ARNOLD
Chut!
TRYON, aux conjurés, avec intention.
Le bal pour vous a, je crois, peu d'attraits?
GUNINGHAM.
Ma foi î...
TRYON.
Jouons d'abord, nous danserons après.
(Bas à Arnold.)
C'est donc fait ?
ARNOLD
Nous touchons au moment redoutable !
TRYON.
Prenez place, messieurs, autour de cette table !
ARNOLD, à un domestique.
Des cartes !
(Lafayette, préoccupé, est revenu de leur côté; pendant ce tempslà, les invités sont entrés dans les appartements du fond.)
TRYON, à Lafayette.
Général, si Ton vous défiait!...
LAFAYETTE
Mille pardons, messieurs, je suis trop inquiet.
(Quatre des conjurés se sont mis à la table de jeu, les autres se groupent autour etTryon fait le guet. On joue pour attendre que Lafayette s'éloigne.)
LAFAYETTE, à lui-même.
Quelqu'imprudence encor ! Savoir tout par lui- même, Tout connaître, tout voir fut toujours son système : Il sort seul, déguisé, sans insigne, inconnu... Sans gardes... Un malheur est bien vite venu ! Un si grand intérêt sur sa tête repose ! Ah ! ce retard pourtant doit avoir une cause.
(Il sort seul, par le fond, sous le poids de sa préoccupation; la porte se referme sur lui. Les conjurés sont seuls : Arnold se îève de table et regarde autour de lui.)