ACTE lïi
ARNOLD, étonné.
Qui? lui ! (A part.) Qui le ramène et par quelle imprudence? Sommes-nous découverts?
(Regardant la pendule.) Pourtant l'heure s'avance !
WASHINGTON, à André.
Jeune homme, expliquez-vous ! dans quel but et comment Pénétrez-vous chez nous dans un pareil moment ? Vous êtes imprudent, si vous n'êtes un traître !
ANDRÉ
Et qui donc êtes-vous pour me parler en maître ?
XARA.
Eh quoi? vous...
(Mouvement d'André : Xara contemple Washington avec admiration.)
Répondez ! t ?
ANDRÉ
Je ne pui !
lÏÏathoré, qui a fini par ronger ses liens et se trouver libre de ses mouvements, se lève et s'approche au grand étonnement de tous.)
MATHORÉ.
Puisqu'il ne répond pas, je parlerai pour lui XARA.
Ciel!
(A la vue de Mathoré, elle se réfugie auprès de Washington, comme pour se mettre sous sa protection. )
Ah ! qui que tu sois, parle! éclaircis mon cloute i
ARNOLD, à part.
Nos secrets en ses mains !
MATHORÉ, à Washington.
Auparavant, écoute !
Moi, que tu vois, je suis l'illustre Mathoré, Grand chef dans ma tribu, puissant et vénéré ! Une nuit, commandé par un pale visage, Un torrent de guerriers surprit notre village : Ma tribu combattit cet essaim dévorant Sur les pas de mon fils, marchant au premier rang; Le grand Esprit fâché nous ravit la victoire: Suivi des miens,, bientôt je dus m'enfuir sans gloire. Abandonnant mon fils, fameux entre les forts, Sous le plomb meurtrier tombé parmi les morls. Des tigres et des loups il resta la pâture, Et sans doute aujourd'hui, privé de sépulture, Il est errant, chassé de la terre et des cieux, Parce qu'il ne dort pas auprès de ses aïeux. Voilà l'injure ! Eh bien ! l'auteur de cet outrage, Qu'aux nuiis qui le cachaient redemandait ma rage, Que j'ai cherché, qu'enfin face à face je voi, Ce meurtrier d'un fils, c'est Washington, c'est toi !
Eh bien?