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FERNANDO PALHA
DECEMBEA 31 1928
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AVienae, en 4815, Im nations immédiatement victorieuses étaient protestantes. L'Angleterre et la Prusse venaient de triompher à Waterloo, la Russie poursuivait encore quelques débris de la grande armée épars dans ses déserts. Ces trois puissances absorbaient la Hollande, le Hanovre, la Suède et les États protestants de la Confédération germanique; elles dominaient dans le Congrès, unies par le principe premier du Protestantisme, qui est d*humilier la religion catholique. La haine de la religion catholique est le dogme commun des sectes protestantes; cette haine les inspire encore lorsqu'elles ne Tavouent pas, et même lorsqu'elles ne le savent pas.
Le but, ou si Ton veut, l'inspiration de la Sainte-Alliance fut d'humilier la religion catholique. Hélas ! les nations catholiques ne songeaient guère à défendre leur religion, et à cause de cet oubli elles ne surent pas se défendre elles-mêmes! C'étaient l'Autriche, TEspagne et les Deux-Siciles, ayant autour d'elles la Bavière, le Portugal, les principautés italiennes, etc., toutes catholiques, mais atteintes du venin janséniste et voltairien, représentées par des hommes d'État qui avaient la plupart étran-
gement oublié les bienfaits de la vraie Église de Jésus-Christ. Et la grande nation catholique, la France, plus oublieuse que les autres, psupaissait^ dans« cette. asçegJdée des puiasaace&à titre de vaincue, f ouy être^mutilé^ 6pQbatiée et châtiée., le plénipotentiaire de la France au congrès de Vienne, le ministre du roi Très- Chrétien était un évêque apostat.
Mais il n'y avait pas moins en présence et en hostilité deux principes, le protestant et le catholique; et Tignorance où Ton pouvait être de cet antagonisme n'empêcha point le principe victorieui, c'est-à-dire le principe protestant, .de régler les parts.
Officiellement, il s'agissait d'organiser l'Europe pour la paix. Une des premières mesures fut d'affaiblir la France, de la faire rentrer dans ses limites anciennes et de créer le royaume des Pays-Bas.
On ne s'occupa ni de la configuration matérielle in 9oI, ni de la conformation morale des peuples. La sagesse et la bonté de Dieu s'abaissent à do tels soucis ! Sur la surface du globe, Dieu a formé des demeures pour les peuples et circonscrit de» apaaages pour les diverses branches de la postérité d'Adam. LesfronliireB qtr'il leur a données sont les chatnes^de montagnes, les grands fleuves^, les mers. M dedans il a mis des hommes qui parlent )a même langue ou du moins des dialectes dérivés de la même source. H a donné à ces hommes l6& mêmes penchants, les mtees passions, les mêmes aptitudes, les traits de famille, m&a; de telle sorte que la vie et l'œuvre communes leur devinssent plus facile et que chaque peuple demeurant un pût aceomplir avec flkm d'énergie sa' mission particulière, et en ménœ temp» conservât dans sa nationalité, comme dans une foitereesep^on me partie ou ta somme des doctrines qui constituent le pâlrim<Me divin de l'humanité. G*est avec ce respect petir leur ifigfmfé^ et ftvee cette prévoyance^ paternelle pour leur Mbeité que Blett a voulu. traiter les nations. Dans ce plan visible, réunies iat^eotnellement par la Vérité qne leur distribiie d'unr même* vmi et
d'une même langue le Verbe divin, comme du méine oiel efles reQolYent Tair el la lumière, Féuniee en haut, elles demeurent libres de s'aiUer sane être* obligées de ss^eonfondre; elles restent distinctas pour s'éverteep dans le traral de la eârilisalion auquel doit œncourir la diversiié des génies^ pour se secourir dans leurs besoins, pour se défradce oontra leurs défaillances, pour rompre, par la diversité des mesore et par V obstacle de^froatières» ces courants de mort que Terreur et le dei^otisme= fcirt passer sur le geare humain.
Maia la superbe des diplomates ne s'arrête pas à considérer les diaposiirâas de la Providence, ou ne daigne pas- en tenir compila. Pour créer un royaume des Pays-Bas, la diplomatie de f 8iS fit un trait de plume sur la carte : elle déclara que ce tracé serait garni de douaniers et de places fortes; et voilà un territoire îvnur çais parle sol, par Thislnire, par la ïaogue et par la religion, adjugé à une nation d*aventure, la Hollande, nation protestante; avec un noi protestant bien résolu à faire disparaître là religion catholique du nouveau territoire qu'on lui ajoutait.
L'Sspagne aussi figurait au congrès de Vienne. Lorsquepartôut, 6l.jusque chez elle, tous les gouvernements étaient vaincus, TE»paigne^. la première en Europe, avait résisté à l'Empereur^ comme nation, et son énergie patriotique avait relevé les espérances du monde accablé. Elle avait fait connaître qu*il y a une autre f&rce parmi les hommes que la force des régiments; on avait vu combien un peuple est invincible dans le nid que Dieu lui a créll. L'Angleterre s'était hâtée d'offirir ses soldats et' son argent ft ces paysans espagnols si longtemps méprisés-, ei de là Wellington et tant d'autres choses qui finirent à la batailla de Tbulouse.
Malgré de si hauts titres à la reconnaissance de l'Bbrope, l'Espagne n'obtint rien, absolixmant rien des inspiras dé la Sainte-Alliance. Us la reléguèrent dans les puLesaneee de seeood rang;, Gibraltar demeura sous le pied' anglais, et bièntAf les Amériques^ purent' se détadier par là séîtôion et' là* trahsen
rérolulioiuiaires, sans que TEurope y mit le moindre obstacle.
Jadis un saint éiréqne, reprochant au roi Catholique les iniquités et les rapines de son gouvernement dans les Indes, avait annoncé un temps où TEspagne serait dépouillée et ruinée par les nations étrangères. Ce temps d'expiation était venu. L'ingratitude de TEurope mettait le dernier sceau à la prophétie de Las Casas, dès longtemps en voie d'accomplissement. La justice de Dieu s'exécutait par l'injustice des hommes. Mais à quel mobile propre obéissaient les hommes injustes qui sacrifiaient ainsi leur alliée? Quel était le crime de l'Espagne devant les meneurs du Congrès? L'Espagne était une nation catholique, la nation catholique où le Protestantisme avait le moins d'accès. Voilà son crime. . L'Autriche même eut-elle lieu de se féliciter? Non. Son influence et son lustre diminuaient en Allemagne; sa part de la Pologne n'était qu'une pari de complice dans un crime déjà pesant
J'ai nommé la Pologne: par le traité de Vienne, sous le voile de quelques articles destinés à rester lettre morte , cette nation catholique fut définitivement effacée. L'annexion de la Belgique à la Hollande créait un royaume protestant de plus; par le partage de la Pologne entre la Russie , la Prusse et l'Autriche, il y avait une nation catholique de moins. Voit-on l'inspiration de la Sainte-Alliance I
Le Portugal resta sous la protection anglaise, qui devait l'amener à l'état de mort et de corruption où nous le voj'ons. L'Italie demeura amputée de Malte définitivement anglaise, de la Corse définitivement française, de Venise et du pays lombard définitivement autrichiens.
Ainsi tout l'avantage du traité de Vienne fut pour les nations protestantes, toute la perte pour les nations catholiques : le Protestantisme y consomma son triomphe de Waterloo.
On a considéré ce terrible jour de Waterloo sous tous les points de vue politiques, on a oublié le point de vue religieux. C'est une
si petito chose I Cependant, n'est-il pas vrai de dire que, dans cette bataille, les nations protestantes vainquirent et humilièrent les nations catholiques? D*un côté se trouvait la France seule, la première, Talnée des nations catholiques : la religion de Tannée qui périt à Waterloo était la religion catholique ; le chef qui la commandait, bien qu'excommunié, n'était pas apostat; il était, il se disait enfant de l'Église catholique, apostolique, romaine; il l'avait tirée des prisons et de l'exil, et elle l'avait sacré; il est mort dans son sein, revêtu de ses miséricordes. De l'autre côté se trouvaient l'Angleterre et la Prusse, l'une Tépée du Prolestnntisme, l'autre son berceau, et, avec elles, les soudoyés protestants du Hanovre et de la Hollande. De cette dernière et sanglante scène Dieu écarte les catholiques; les mains qui accompliront son arrêt ne seront pas fratricides. Le fratricide sera commis plus tard, à Vienne, contre la Pologne, contre la Belgique, contre Malte, contre les peuples catholiques du Rhin ; mais ce ne sera pas l'épée, ce sera la plume des diplomates qui fera cet office. Habituellement Dieu ménage l'honneur de l'épée; il est le Dieu des armées, il n'est pas le Dieu des chancelleries.
Et si jamais la main de Dieu fut signalée dans les affaires des hommes, ce fut bien en ce formidable dénoâment de l'une des plus sanglantes tragédies qui aient été jouées sur la terre. Presque jusqu à la fin de la bataille, les chances furent ou incertaines ou favorables aux Français. Un moment les Anglais se crurent perdus, et la retraite sur Bruxelles allait être décidée, lorsque les Prussiens arrivèrent. Napoléon, les prenant pour une division française qu'il attendait, dégarnit la droite de son armée, et là fui le sort du combat. Par cette erreur du capitaine catholique les nations protestantes restèrent victorieuses.
Les Anglais ont tiré beaucoup de fruits de leur triomphe, ils s'en arrogent tout l'honneur. Ils ont dit et ils disent qu'à Waterloo la liberté a vaincu le despotisme, la vraie civilisation a vaincu la barbarie militaire, l'ordre légitime a vaincu la Révo-
liUifiin.. Qa peut voix ce qu*U ea 6St ds taui Qeto^.si la Ubi^rié est en progràsi, si la. force a moio& d^empira^.sLla BévolnMaa as ^rduoii gagné do larjcaîn sur la ci?itîsatioa cJusétieflQajî.^
AWaterloa» pour kusatisEactioû da sajinsUee, to^p^^ toogtempsr icritée, et ({ui Youlait pnoic et guérir,. Dieu a: penmis que les peuples catholiquea. fusant yaioGua^ homiUés par ka peuple» protestaata»
Le lendemaia du traité, les nations protestantes se sont trou- Tées plus unies que jamais. Les naUons eatholiques, au contraire; séparées les unes des autres, séparées surtt^ut de VÈgMse panr l'esprit déehristiamsé et dénationalisé de leurs hommes d^État', multiplièrent les périls de la fausse organisation que le ProtiBS^ taolisme vainqueur leur avait imposée.
La Franee et TEspagne avaient entre elles les' souvenirs* de mx années de la plus âpre guerre; la même inimitié régnait' entre rAutriohe et la France; Fîtalie reprochait à la France de Tavoir conquise et déeouronnée ; le Portugal n'était plus une nation. Seule entre les peuples, humiliée, pleine de regrets et de malaise, livrée à une recrudescence d*impiété en haine de ses nou^* veaux maîtres, qui n'avaient pas la main si ferme, ni Tèsprit si haut que le cceur, la France se refaisait une influence révolution^ naire, comme dédommagement de cette prépondérance des armes que les armes lui avaient Ôlée. Ainsi, elte continuait de guer«royer contre Keu^ contre Tordre et contre elle-même.
Secondant d'une autre manière encore la politique protestante^ ces nn^ureuses nations catholiques irritaient tes divisions dsns lemr prc^re sein en y laissant de plus « plofr fermenUdr les idées révolutionnaires qui trouhlent, entrât oent et renversent les gouvernements .
— ift —
L'Angleterre èttimit œ feu intépiear. En même iMtipSy pMH metmtt oureUraiit aon ailiaoee laujonr» inceriame, elle simiH toujours réduire à des appoîs ruineux tes peuples de même coUe* el. éK* mèiM raea monde» qw^ sfUs s^éimeat souCemis les uns^ les aolr» et raaaohéfl à rÉglise, anmûeiit trouvé dans cette oob* corde la grandeur el la paix; La France, rivée ft Tallianoe asglaiw, n'essayait d'f édiapper que peungagner TaUiance de k Russie; rAutriche, rivée à Talliaiice rnsse, ne relâchait ce licol que- pour postuler Talliance anglaise.
La politique intérieure de F Autriche n'était pas plus catholique que ses alliancee. Dure envers sa part de lÀ Pologne, om** brageuse envers l'itaiie) elle faisait peser sur oe» nations sujettes une adottDistratioQ sane sagesse, parée qu-elle était sans en<^ tiaiUe»; elle abaissait de plus enplus VÉglise sous le poiâ»et la flétnssuredu joséphisme, dont notre gallicanisme parièmmtaire n!est qu'une forme ébauchée ; elle vexait les peuples par les perfectionnements toujours plus raffinés de lapolioe^et èe la buraracratie; ei pour racheter ces méfaits, elle se faisait libérale à Rome . liecveilleuee intelligence des gouvernements modernes! le leo» demain de 1830) l'Autriche et la France, qui avaient chacune leurs prisons pleines de conspirateurs, et qui craignaient égale* ment la Révolution qu'elles combattaient et servaient toutes deux, ^enCemlirent pour présenter au gouvernement du Sainte Père ce mémorandum si souvent allégué et si savamment eit* pleité, par lequel on* lui conseillent de faire chez lui des réformes et de se inettre au pas de l'esprit humain.
Cependant, telle est la puissance du Catholicisme, telle est sa divine fécondité que les nations qui Ib possèdent encore n'ont qn^à le bisser feire^ disons mieux, n'ont qu'à le laisser vivre, même
daDS les cmaditions les plus déhTorables, pour recevoir de lui un renouYellement de sagesse, qui les attire quasi invinciblemeut sur le terrain de leurs plus nobles intérêts.
De 18i5 à 1848, la division a persisté entre les nations catholiques, et la politique de chacune d'elles, tant à rintérieur qu'à rextérieûr, a été insensée. Malaise, agitations, secousses, révolutioDS, diminution en toiis sens, voilà le résumé de leur histoire dans cette longue période de près de quarante ans, jusqu'au moment où tout à coup elles se virent sur le bord de Tablme.
Sans doute, au milieu de ces aventures, Tœuvre du congrès de Vienne avait subi elle-même a peu près autant d'infortunes qu'elle procurait de catastrophes. Le royaume des Pays-Bas n'avait pu vivre; la Pologne assassinée ne finissait pas de mourir, et son fantôme était une des épouvantes du monde. Mais les affaires des nations catholiques n'allaient pas mieux pour cela» et la prompte caducité du savant travail des diplomates de 1815 laissait en apparence au Protestantisme tous ses avantages. L'état de la France, de rAutriche, de Naples semblait vraiment désespéré. En France^ l'anarchie et la menace imminente du socialisme; en Autriche, la guerre civile et la guerre étrangère ; à Naples, le libéralisme triomphant dans la capitale et la Sicile en révolte; en Espagne, plus de crédit, les progressistes au pinacle, les carlistes prêts à reprendre les armes. Ainsi les trente-cinq années de paix relative procurées à l'Europe par la sagesse de la diplomatie incrédule sous l'inspiration dominante du Protestantisme se trouvaient en définitive avoir été remplies par un travail de destruction universelle. Car si les nations calholiques devaient tomber les premières, la sape avait attaqué tout l'édifice européen.
Mais sous les avanies de la tribune et de la presse et sous les tracasseries de l'administration, pendant ces trente-cinq années, le Catholicisme avait vécu, et lui aussi il avait travaillé. Au milieu des ténèbres du moment, il apparut tout à coup et à tons les yeux comme l'élément constitutif de Tordre, comme la lumière sur la
roitte de salut. Si sa main perse véramment affaiblie n^élait pas la seole force qui pAt aauver le monde, le monde reconnut du moins que sans cette aiain il ne sauverait pas un bien qui se trouvait c^mpramis ayvc tous les autres et plus que tous les autres, k liberlé.
U y a dans l'humanité déchue un esprit destructeur de Thu- . manité, un caractère de Satan qui est la haine de Dieu et la haine de l'homme comme œuyre de Dieu ; et c'est là le trait distinctif de la RéTolution. La, Révolution est saicmque, disait Joseph de Maistre* Toutes ses Toies aboutissent & la destruction, elle y tend par toutes ses entreprises, et son entreprise la plus chère, parce qu'elle y reconnaît sa voie la plus prompte, est d'anéantir l'Église de Jésus-Christ, par laquelle seule l'homme peut vivre dans la justice et dans la liberté. De li son perpétuel effort contre le ch^f ▼isîble de cette Église, son perpétuel dessein de l'ôter de Rome pour l'dter ensuite de la vie.
L'année 1848 fut un des moments déjà si nombreux dans l'histoire où la Révolution crut avoir enfin frappé te coup décisif. Elle se voyait à peu près délivrée du Pape. Le P&pe avait dû abandonner Rome , fuyant devant ces libérateurs du genre humain qui commencent par la trahison leur œuvre d'af&anchissement, et qui la terminent par l'assassinat. Il était à Gaêie, en exil, et la tempête victorieuse agitait le monde.
Mais à Gaëte le Pape n'était pas seul. Sous l'humble toit qu'il habitait, dans cette frappante image de la petite frêle barque de Pierre, les Bâtions catholiques, représentées par leurs ambassa-* deurs, étaient venues, animées d'un mouvement filial, se serrer autour du Vicaire de Jésus-ChriA. Et là, comme soudain réveillée de son sommeil plus que séculaire, l'intelligence politique des
fiaii<»ii8nctti]M»Uqiiii«ae:SMi0iiva.JHle oosiprit, elle ^i4ff8vit loul «B oMW'que^etia nacelle :Uiméemitt'eeB{g^ loin
dauBila ioer ëlait paariani le dknBier^fthfritâerftuIdrité, le dersuer woQpaiH de la okilJBatàoD^ l'umque wl oà k piedjhumat&âs pûl poser arec sécurité.
L'Espagne, la première, éleva la voix et indiqua la résistance efficace au despotisme révolutionnaire, comme elle avait, la première, quarante années auparavant, donné Texemple de la résistance efficace au despotisme militaire. Elle convoqua les nations àrla défense dâisol^acré/s'fiffrantipmrcombattffe seule, a*il le&llait, afin^le^nnnenar le Bère commun des Fidâe» dans leMoetaêitt de ta grande patrie catbatigue*
Depuk longtemps, a^eune pro^osilion deia diplcmfiiîe m'avait ûbien répoada aux vw^ux de la ûmacienfia laâ^RHirile.ffitttae'Qtt f0iiiFeni6i»eiit« des pays ^oatholiques si lonni^Dps-diiFifiés il n'y ;ecEt pilas 41^0 i'^émuladon d'éife U preaûer à tirer Pierre de son exil ei à le ramener trkunpfaant au siège deaa palenaelleet di- ^neaojiiKefainelé. La France eibtittt cet honneur. En permettant que la Fra&ce devint ^la Ubénbtsice du Pap€^ Dûsu humiliai! piiis profondément les démagogues de Rome et les protestants -de loua les pa]« que Vil àxsàt élu ipoiur icette miasieii >n'iinparie quel attire petifle.
un peut «oi^e^er ^aujourd'hui sur les prévisions cachées qui se trouvaient dès lors au fond des conseitedu gouvemeoieoi; mais'oe^tti œ&it.l-ûbjet d'aucun dou4e, c'est Vasseûiiment eo^ pressé de la nation elle-*43ïèm6« .La ^raoee ne lieniMdait pas que le pouvoir du Pape fût reâiiaufé pour teidûninuer ptos iard^ elle ne posait pae de jCondi^iQiis«;<ellein'eAt »pas ioaa^é que l'arméeâftnçaise dût entner è-Oome pour 7 être, après douze ans^ le Sourcier de VictOF-EBamamiel et de Garihsaldi, eomaie l'ont osé Téeemment :pi!oposer., en^ine assemblée, eeux qui furent aJ^^rs vaincQB avec CfarUMddi.
iMBM&AdnStiooft de ESettâesceBdirart wr la FVaofce. &ès qa'elte eut pris la résolution de rétablir le Pape chez hu, la -France cmnoimça ck tedefenirniatireflBe ifbez elle. LeIO décembre 1*848, elle âisait pour Piésideiii le cafadidat qoi wàH ajouté ï son profvsmme'politiftietaille'par^ pleine de sens et de promesses :
La^owerainetéteinporëfeâtt chef ^ifénéretble de rÉglise est « eiaeftiieBaamit ^ée à Téelat du callioUeÎBme> commet la li- 'H kmé etè risdé|iefidanee de niâliei» QtKlqnesDDrcnB plos turd, deméiM^idoee'dte^nait le cheS du parti de Tordre en Bmrope , ien dsant ^ts^rinplefi motft ^ depuis lon^mps inouïs dans une faoïicbe «GOverBine: « Il est temps quelles bons se rassurent^ que lee mécliants tremblent r> L*ordre matériel faisait mieux que rânat^e, il était déjà le 'plus fort, et Im France mardhait à une pv^pmdéranee qui u'^flfntyait plus uucunintérât légitime, mais fui, «u^ontralref les rassurait tous.
La FvMee assiégeait Rome pendaiit le mois de juin. Elle y efitfttle â juillet. C'était^ à quelques jours près, Tanniversaire de ^nMerloo, elee jour-là le désastre des nations catboliques fut pk» et mieuai: que vengé : VœuTre essentielle du congrès de ^D», l'iBuvre pmtestonte parut renrersée.
ffite Tétait, en effi^t, mieux que par totftes les ruptures de traités et tous "les remaniemeirts de territoire; elle était renversée par -le triomphe d'une Idée, YvXic catholique ; et rien ne pQVfait empêcher que celte idée, organisée à son tour, si on P$mh rmïhxy ne idominàt lémionde.
'On vit 6*euiTir une trop courte piériofte où les doctrines d'autovilé'fiireBt en^progi%8 pacifique partout. Dans les pays catholiques piafticulièrement la monarchie parut renatlre. La monarchie , eetle forme antique et quasi révélée de fordre politique ! 11 suffit
d'indiquer ce mouvement général de l'Europe et les événements qu'il suscita de i849 à 1855^ c'est-à-dire depuis la campagne de Rome jusqu'au moment où la présence et l'influence impertinentes du Piémont dans le congrès de Paris ramenèrent à l'horizon des orages plus terribles que ceux dont les révolutions de 1848 et 1849 l'avaient purgé.
La paix et l'amitié régnaient entre les nations qui s'étaient réunies à Gaëte, les prospérités pleuvaient sur chacune d'elles, et toutes étaient heureuses en leurs desseins. Les Deux-Siciles vivaient tranquilles, comblées de biens temporels sous un roi populaire et respecté. L'Autriche, pacifiée entièrement, se serrait dans la main de son jeune empereur : en rétablissant la liberté de l'Église, François-Joseph préparait à son empire une unité morale que ne réalisera jamais l'unification bureaucratique, et des conquêtes ou plutôt des additions territoriales que la guerre réalisera encore moins. L'Espagne goûtait une paix inespérée; une fille de TEspagne régnait en France, et le choix qui l'avait élevée au trône, sans aucunement rappeler les combinaisons matrimoniales de l'ancienne politique, ne laissait pas de ménager entre les deux nations une alliance d'ailleurs conforme à leur génie et pleine d'avenir. La France enfin, qui avait pris la grande part dans l'action réparatrice, recevait aussi la grande récompense. Depuis le jour où par ses mains le Pape était rentré dans Rome, elle avait vu successivement l'anarchie disparaître, un gouvernement régulier s'élever, une dynastie s'établir, et avec elle la paix civile jeter des racines vigoureuses dans le sol si remué et devenu si désastreusement mobile. Le présent était beau, l'avenir souriait ; de terribles épreuves avaient été franchies. Sédition, peste, famine, guerre, tout avait passé, et il ne restait do tout que l'espérance voisine de la sécurité et la gloire. Sans doute, en France comme ailleurs, bien des choses rebtaient à désirer, bien des choses étaient à craindre. Mais tous les vœux légitimes pouvaient se faire entendre et rien ne paralysait di-
rectement et âécidément Ténergie qui voulait tendre au bien.
Les salions protestantes, celles qui avaient vaincu à Waterloo et fait prévaloir leurs volontés et leurs intérêts dans le congrès de Vienne, étaient loin de cette paix dans la gloire, plus loin de cette espérance dans la prospérité. L'Angleterre n'avait pas eu Vhonneur de la guerre de Crimée, et elle voyait tout à coup fondre sur elle les angoisses de la guerre des Indes. La Russie était battue, humiliée, déchue du long prestige de la force; sa défaite la livrait à de nombreux embarras intérieurs ; le redoutable czar Nicolas, poussé soudain dans 1& tombe , avait eu le temps d*y voir descendre avec lui tout Vouvrage et tout l'effort de son règne dur et sanglant. La Prusse n'était plus en Allemagne que le type de l'ambition intrigante et Irrésolue.
La seule paix des nations catholiques entre elles, et dans chacune d'elles le seul respect de la liberté de l'Église, constituait pour l'Europe protestante le plus grand peut-être de tous les dangers. Il n'est point de grand État hérétique qui ne tienne sous le joug un peuple ou un tronçon de peuple catholique. L'Angleterre a l'Irlande, pour ne nommer ici que cette victime ; ia Prusse a son duché de Posen et ses provinces du Rhin; la Russie a le plus lourd lambeau de la Pologne.
Or l'oppression et le mépris des populations catholiques avaient été possibles aussi longtemps que tous les gouvernements européens, ceux des pays catholiques comme les autres, s'étaient fait ut)e règle d'opprimer et de mépriser l'Église, d'étouffer sa vie, de la dénoncer comme l'ennemie du genre humain, de la livrer eux-méines à la dérision et à la haine des peuples. Alors l'Anglais, le Prussien et le Russe pouvaient se permettre contre le raya catholique tout ce que le Turc s'était longtemps permis contre le raya chrétien ; non contents de lier et de bâillonner le sacerdoce, ils pouvaient aspirer à Téteindre entièrement, acheter à leur gré l'apostasie ou l'installer par la fraude et par la force. Ainsi avait fait la Russie, au mépris même des traités comme de
la justice nalurelle, sans aucune ûpposition des autres gouyernementSy avec la complicité de toute la presse; elle pouvait continuer, etjes autres y suivant leurs besoins et leurs aptitudes, pouvaient Timiter jusqu'au jour où les populations catholiques seraient enfin assimilées ou annulées. Mais, en présence de quatre nations dans le sein desquelles TÉglise, pure et savante, vivait libre et honorée, deux choses devenaient également impossibles : la première, de poursuivre et d'achever cette tâche barbais; la seconde, d*en faire oublier les excès anciens et récents. Désormais donc rAngleterre, la Russie et la Prusse étaient condam^nées envers leurs sujets catholiques à cette situation vengeresse, de ne pouvoir maintenir le système de compression sans exciter la révolte, ni le relâcher sans exciter le mépris. Ainsi, après moins d*un demi-siècle, ces protestants victorieux de 1815 se troavaieQt priis dans leurs pièges si habilement tendus : par la seule force des choses, par sa crue naturelle et iovincible, en dépit de tous les obstacles, sans leur avoir livré un combat, k Ctth^lir cisme qu'ils avai^Qt industrieuâement moi^elé et omié reiiwt, les domipait, les débordait partout.
Moins d'un demi^siècle après Waterloo, quelques a^es. après la prise de Rome, la grande France catholique se voyait Tarbibre de l'Europe, et il n'existait pas dans le monde un peuple opprimé qui n'errât d'elle la délivrance, et qui ne. fût déjà de quelque manière son protégé.
YI
Hous avons négligé de pnmoncer te nom de.deux oatiws pu plutôt de deux gouvetnements catholiques, qui, en 1849». ne s'a* talent pas associés aux vceux et aux efforts :des aiitree peqr délir vrer le Pape. Le gouvem^Mnt belge se souvint ti^op qu'il est Toué à la neutralité, ei la nation., négligeant le plus saiat
usage qu*tin peuple puisse faire de la liberté, ne sut point eiiger sa place daus la croisade. Le gouvernemeot piémontais, déjà subjugué par la Révolution, protesta contre l'initiative espagnole, et invoqua le principe de non-intervention. Ce sacrilège encore timide fut signé par un roi catholique, contre-signe par un prêtre excommunié.
On dira que la Belgique n*en est pas moins prospère, et que le P^mont, s*il n'a pas encore prospéré, a du moins grandi. Je me contente d'observer que les prospérités delà Belgique ne sont point sans mélange. Qui voudrait garantir les destinées de la Belgique? Quant au Piémont, Dieu n*a pas dit son dernier mot; mais il n*a pas laissé de parler d'une voix assez menaçante. Les grandeurs du Piémont sont encore moins affermies que les prospérités de fo Belgique.
Après avoir refusé de s'associer au dévouement des autres puissances eatholîques pour le Pape, et refusé d^une manière qui n'avait rien de catholique ni rien de royal, Charles- Albert, battu, estillé se cacher pour mourir; ^n ministre, sifflé, a été trouvé mort dans un lit d'auberge; son petit État, qu*il avait vu riche, tsauquilie, très*honoré et qui pouvait attendre d'un avenir prochaiades accroissements brillants et légitimes, est tombé soudain aux mains d'un prince inexpérimeaté, qui l'a laissé choir dans celles de la Révolution. Je sais que le Piémont est devenu ritalie* Cela est fait... sur le papier-, n^ais le papier souffre des ratures 1 En attendant que Tltalie, qui n'est qu'un fait décrété, soit un fait accompli, la situation aujourd'hui certaine- de l'État et de la dynastie de Charles- Albert se résume en deux mots : deux proviBoes de moins, et deux milliards de dette de plus.
Sila Belgique «vait été moins indifférente aux plans de ceux qui se proposaient, dès 1848, d'exproprier le Pape, elle pourrait nQkûiBë craindre aujourd'hui d'être elle-même incorporée.
Si le Piémont avait été simplement italien au lieu d être révolutioDuaire , s'il avait sknplesieiit voulu faire l'Italie et non
défaire la Papauté, peut-être que le Piémont aurait grandi d'une manière plus pure et plus sûre.
Mais si la Belgique et le Piémont, qui ont été indifférents ou contraires en 1848 au sort de la Papauté , peuvent dès à présent passer pour punis , que dirons-nous de Tétat plus lamentable de la Papauté elle-même, et de quelques-unes des nations catholiques qui Tout secourue? Nous voici bien loin, en effet, de la scène et des horizons de 1855. Ultalie brûle ; quatre nationalités distinctes, Modène, Parme, Florence et Naples ont disparu dans Tincendie ; Rome, plus importante que toutes les autres, Borne qui est la nationalité italienne elle-même, semble à la veille de disparaître aussi et ne subsiste plus matériellement que par une force qui de plus en plus se déclare fatiguée. Avec Rome disparaîtra l'Italie catholique pour faire place à une Italie révolutionnaire, protestante de fait, gouvernée par des mains brutales qui se donnent mission de supprimer le chancre de la Papauté*. C'est le programme de Garibaldi.
L'Autriche, malgré la force et la fidélité de son armée qui glace encore d'effroi la valeur garibaldienne , subit une crise dont les meilleurs esprits doutent qu'elle se puisse tirer : la Révolution la presse au dehors, la déchire au dedans, la livre aux juifs, aux protestants, aux sectaires ;de tout genre. Contre tant d'ennemis, on ne lui voit que des conseils'sans sagesse et des mains sans vigueur. Qu'arrivera-t-il de l'Autriche? Restera-t-il une Autriche en Italie, restera-t-il même une Autriche en Allemagne? Et si l'Autriche succombe, il n'y a plus d'Allemagne catholique, comme il n'y a plus d'Italie catholique, Rome une fois tombée.
En France aussi l'aspect est bien changé. Non que la France
ait subi jusqu*à présent aucune diminution de cette prospérité matérielle qui s'est si magnifiquement relevée après la campagne de Rome; non que sa force matérielle inspire moins de respect ou moins de crainte au reste de TEurope ; non qu'elle ait matériellement tourné son bras puissant contre le Catholicisme, dont elle se proclame, au contraire, plus que jamais la protectrice dans le monde. Mais la France ne jouit plus de cette sécurité d'allégresse qui l'enivrait, lorsqu'au bruit des mêmes salves et des mêmes fanfares, elle recevait tous les ambassadeurs de l'Europe qui venaient signer la paix, et le légat du Pape qui venait baptiser le fils de l'Empereur. Ce bel horizon s'est chargé de tempêtes, les astres propices ne brillent plus, aucun vent ne s'élève qui n'épaississe encore les lourds nuages d'où tant de foudres sont déjà tombées. Que deviennent les espérances des peuples, de ceux qui souffrent la persécution et la mort, de ceux qui appelaient la liberté, de ceux qui comptaient conserver la paix ? Le Liban aura vu passer l'épée de la France, et ne sera point délivré. La Pologne s'est relevée sur ses genoux, et montrant son linceul plein de sang, elle a cru que Ton verrait qu'elle est encorevivante. Le Moniteur lui a dit : Recouche-toi I
Pologne ! non, le ciel n'est pas trop haut pour entendre tes plaintes désespérées, et la France ne serait pas trop loin pour te secourir. Ce n'est pas le bras de la France qui est loin, ce n'est pas même son cœur; c'est sa politique. Et parce que tu t'es laissé séduire aux promesses de la politique révolutionnaire, tu apprendras par une prolongation de martyre que ce ne sont pas les chemins de fer qui rapprochent les peuples, ni les programmes de liberté qui les délivrent. Les peuples sont frères et s'assistent en frères, lorsqu'ils servent et adorent en commun leur père qui est aux cieux; et alors un homme qui marche pieds nus va et rassemble des armées» et apporte la délivrance. Recouche-toi, Pologne !
VHl
Mais c'est surtout à l'égard de l'Église que le changement sovveDU en France est considérable. L'on se souvient des vives acclamations de TÉpiscopat convoqué et présent au baptême du Prince Impérial : les paroles et les actes qui inspiraient cette manifestation solennelle n'avaient certes pas annoncé cette suite de menaces toujours plus âpres, lancées l'une sur l'autre pour imposer silence à la conscience tourmentée des évèques. Le Piémont dépouille l'Église sans perdre pour cela le patronage de la France ^ le chef de l'Église, dans sa détresse, est officiellement accusé en France d'entêtement et d'ingratitude ; un prince tourne en dérision les douleurs de l'Église, et les bravos concédés à son élocution facile sont admiaistrativement signalés à la France comme un succès de la dynastie. Et lorsque l'on voit accumuler ces choses étranges et effrayantes, en même temps, sous pei!be de procès, d'amende, de prison, de bannissement, il est enjoint aux évéques de ne rien craindre, et dans tous les cas de ne rien dire. Jamais, . depuis un demi-siècle, la liberté d'écrire ne fut aussi restreinte, et jamais on ne vit paraître et circuler un si grand nombre de mauvais écrits. Des spéculateurs en librairie réimpriment Voltaire à l'usage du peuple, et des prêtres vénérables sont traduits en justice pour avoir colporté quelques pages de réfutation. Tous les jours cent valets de presse,. insolemment dénués de décence et de culture, se lâchent sur l'Église, diffament ses dogmes, sa morale, ses institutions^ ses ministres^ ses œuvres, se donnent impunément carrière contre la foi de leurs concitoyens, traitent impunément de vermine les Petites Sœurs des Pauvres et les Sœurs de Charité, demandent cyniquement qu'on leur applique des lois de proscription; et cependant les
journaux catholiques ne publient qu'au risque d*un aTerlisse* meut tes graves et nobles enseignements des évéques. Plus d'un eMé la licence se déchatne, plus de l'autre les freins sont serrés. Par une nouyeauté peut-être inouïe dans l'histoire des journaux, il y a des écrivains sur qui pèse Finterdit, quoique aucune indignité .légale ne leur soit imputée. Leur indignité , c*est d'être catholiques; pour ce seul délit , ils se voient fermer la publicité commune. L'administration ne leur reconnaît pas « l'esprit de conciliation 9 qu'elle requiert des citoyens, — quand bon lui semble^ — avant de les admettre au droit constitutionnel d'écrire tous les jours. On leur tolère encore la brochure et le livre; malheur au journal qui oserait les recevoir dans sa rédaction! Mais le citoyen qui traite de vermine les Sœurs de Charité, celui-là ne reoeontre aucune entrave et n'expose son journal à aucune mésaventure, celui-là possède suffisamment l'esprit de conciliation.
La presse approuvée est à peine plus retenue dans la même voie ennemie. Pour elle aussi les catholiques sont maintenant des déricttUXy et celte appellation empruntée des journaux révolutionnaires belges devient l'un de ses arguments favoris. On comprend les volontaires en apparence indisciplinés du Siècle^ de r Opinion nationale^ cherchant à relever, sous le nom de parti diricaly l'ancien et stupide épouvantail que les libéraux de i828 appelaient le />ar/t prêtre. Mais dans quelles vues les réguliers du Constitutionnel, de la Patrie et du Pays reçoivent-As mission d'évoquer ce fiintôme du parti clérical, et pourquoi le voit-on paraître jusque dans les communiqués ? Car les plumes anonymes de TËtat elles-mêmes font à la religion cette injure, qui est surtout une injure à l'histoire, à la vérité et à la langue, et plus encore une injure pour le gouvernement. Étymologiquement et historiquement , parti clérical signifie parti de la science et parti de la religion. Un clerc a toujours été un homme instruit ; le clergé, puisqu'il s'agit ici du clei^gé catholique, a tou-
jours <été la première, la plus pure et la plus durable des forces sociales. Les chefs laïques du parti clérical ont été les David^les Goûstantin, les Théodose, les Charlemagne, les saint Louis ; ses écriyainsy depuis les Pères de TÉglise jusqu'aux Bonald, aux Joseph de Maistre et aux Donoso Cortès, peu?eut soutenir la comparaison ayec les écriyains des partis contraires; et s'il fallait prononcer les noms cléricaux les plus insultés du moment, il nous semble que les Gerbet, les Parisis, les Pie, les Guibert, les Plautier, les Montalembert et d'autres encore ne représentent ni moins de talents, ni moins de probité, ni moins de patriotisme, ni ne jouissent de moins de considération que tout ce que Ton connaît ailleurs d'employés de plume et de parole, même en ne choisissant que dans les hauteurs... Quelle singulière manie de vouloir que le clergé soit un parti, et la foi catholique une opinion séditieuse ! et quelle naïveté à ces escouades illettrées de croire qu'elles vont déconsidérer ce qu'elles se flattent d'injurier ! Par le temps qui court, c'est grand'honte en effet de se trouver comme citoyen derrière toutes ces robes et toutes ces voix cléricales ! On ira chercher ailleurs de plus nobles exemples de cou* rage civique et de zèle généreux pour les droits que l'on doit garder et les intérêts que l'on doit défendre!...
Mais le but que se prpposent les inventeurs et les dénonciateurs du parti clérical commence à se dévoiler; des sévices récents le découvrent avec trop d'évidence. La presse prétendue libre et la presse ouvertement serviable travaillent à faire des suspects, afin que plus tard, s'il y a lieu, toute rigueur se puisse exercer sans paraître faire des opprimés. Bientôt, quand nous réclamerons la liberté de la charité, on nous répondra comme le National de 1845 : La liberté à vous ! rien ne vous est dû que l'expulsion ! Mais les républicains, l'extrême libéralisme et l'Université poussaient seuls ce cri sauvage; le gouvernement se laissait provoquer, la presse officielle avait la pudeur de se taire, et la presse religieuse ne portait pas le bâillon*
RésumoDS-nous sar l'état général des nations catholiques qui, par leur concours aui rétablissement du trône pontifical en 1849, ayaient pris une si noble et si politique revanche des conséquences de la bataille de Waterloo, conséquences protestantes , désastreuses pour le Catholicisme , plus désastreuses pour ces nations elles-mêmes.
L'esprit qui les avait réunies à Gaête a cessé de souffler entre elles, et sauf l'Espagne, heureuse interprète de cet esprit généreux et supérieur, toutes ont vu les bénédictions de 1849 se retirer d'elles plus ou moins. Naples est tombée, VAutriche chancelle; la France, étonnée de l'irrésolution de sa conduite extérieure , se remplit intérieurement d'angoisses.
On dit à la France qu'elle est la protectrice de Rome, et elle se voit la patronne et l'auxiliaire du Piémont ; on lui dit qu'elle est la gardienne des intérêts catholiques, et elle a tout lieu de se croire l'alliée dévouée de l'Angleterre, à moins qu'elle ne soit l'alliée dévouée de la Russie ; on lui dit qu'elle veut et qu'elle impose la paix, et de quelque côté qu'elle tourne l'oreille elle n'entend que des bruits de guerre ; on lui dit qu'elle est la seule nation qui combatte pour les idées, et elle sent qu'on la retire de la seule grande idée qu'elle ait représentée dans l'histoire, au moment où cette idée est la seule aussi qui soit frandiement opprimée sur toute la surface de la terre; on lui dit qu'elle est tranquille, et on la fatigue du danger que lui font courir les « vieux partis, i» Cherche-t-elle où sont ces fameux vieux partis, qui n'empêchent nullement le pouvoir de faire ce qu'il veut, qui ne jettent pas une contradiction de vingt voix dans le scrutin définitif des assemblées, qui ne produisent nulle part une émotion quelconque? On lui explique alors, de fort
mauvaise grâce, qu'en effet elle est tranquille , contente, unanime, mais qu'il faut néanmoins serrer tous les freins, dompter toutes les résistances et ajourner Téclosion de toutes les libertés à l'époque indéterminée de l'extinction de tous les vieux partis. Eft ^somme, la Fraace ne se connati pas une route, ne se {ffésroit pas en lendemain, n'est ass;iirée m de ses alliance» ni de soa induslrie» ni de Tespaee que ses institutions laissent à k liberté, ni de l'indépendance de son culte.
Quant aux autres peuples catholiques, l'Italie reste daiu le feu, la Pologne dans le tombeau, la Belgique daiss la pe^ le Portugal dans lafaoge; plus malheureux, le Piémont reste le bras armé du sacrilège.
En esquissaiit ce tableau lamentable, je cherche & préciser les faits, je n'ai pas la prétention d'en révéler toutes 1^ causes. L'histoire contemporaine n'est jamais bien connue des oontem* porains, et parmi les ressorts que la Providence emploie, il en est qui ne seront jamais visibles aux yeux mortels. Dieu seul a tout le secret de ses justices, connaît tout le trésor de ses clé<mences, mesure toute l'étendue de ses desseins. Il sait pourquoi il punit, comment il sauvera. La chute actuelle de Naples et le triomphe actuel du Piémont forment un de ces contrastes que l'obscur et imparfait sentiment de l'équité humadue peut malais sém^ii accepter. Oooi 1 le jeune et pur François II et le trône catholique des Deux-Siciles écrasés dans Gaete, sur cette pierre où dix: amsées auparavant le vicaire de Jésus-Ghrist avaift reposé sa tôle proscrite! Oui, ainsi Dieu l'a permis; Dieu qui met quand il le veuft la vie dans les tombeaux, qui abaindonne à ceux qui le baissent l'empire du monde, comme un présent de nul prix, dit Bossoet; Dieu qui abat et qui relève! Et rien ne prouve eneoreque le sanglsfnt débris de Gaète soit un tombeau, et que M. de Cavour saura installer quelque part, transformé en 4r6ne, l'escabeau qu'il a déménagé de Tuiin.
Hmsans essayer de pénétrer des mystères trop au-dessus de mis regards ^ et sans même aborder certains secrets plus accès*sât>le8 ipie la prudence interdit de sonder, n<»us ne sommes pas cependant tout à fait privés de Tue suor la cause profonde et sur le sensTrai des érénemeots ax^tuels. La lunnère du passé les éclaire jusque dans ravenir.
Ea présence de la désunion et du désarroi des nallons catho> liques, du péril dont quelques-unes sont euTeloppées, de la mort dont quelques-unes semblent frappées, de l'embarras croassant qui gêne la plus puissante, de Tisolement qui menace la plus épargnée; en présence du chef de l'Église seul et prisonnier sur un calvaire de détresse peut-être incomparable depuis le jour où le monde apprit que l'évêque Rémi venait de baptiser Clovis et le peuple franc, quelles nations voyons-nous debout, unies entre elles, ou du moins capables de cet accord violent que procurent une même haine et ime même passion de détruire la chose égar lement hns^l
Il y en a trois, la Russie, FÂngleterre et la Prusse; les trois nations qui en 1815, immédiatement victorieuses de la France, difitèreni les traités de Vienne contre la France et contre le Catholicisme.
Personne dans le public ne sait à fond ce qui s'est dit et ce qui a été déguisé dans les célèbres entrevues de Stuttgart, de Bade et de Yarsevifr; on ignore le mot décisif qui a été prononcé entre lord Palmerston et M. de Cavour. Mais le conseil et le triomphe de l'esprit uiticatfaolique sont assez visibles, on le reconnaît assez dans le stéicisme véritablement fanatiqueet implacable qui, malgré tant de liens, tant de droits, tant de pressants appels de
rhonneur et même de l'intérêt , a laissé le roi de Naples périr, abandonne Pie IX, et condamne rAutriche à bouillonner et à se dissoudre comme dans une cuve de fer entourée de brasiers.
Le rétablissement du trône pontifical , en 1849 , a été une revanche des nations catholiques contre les nations protestantes victorieuses à Waterloo; mais quelle défaite nouvelle Fhabileté protestante n'est-elle pas à la veille d'infliger aux nations catholiques en leur reprenant Rome par les mains du Piémont, qui n'a de mains que par le consentement de la France!
Et j'ose dire que la France, malgré ce consentement, si elle le donne — à cause de ce consentement même — sera encore la grande vaincue dans ce second Waterloo, plus désastreux que le premier; vaincue des mêmes ennemis , vaincue par suite des mêmes fautes.
Après la campagne de Rome et la campagne de Crimée, la France n'avait en face d'elleque l'Angleterre, comme en 1815,àla rencontre suprême du mont Saint-Jean, mais dans quelles conditions incomparablement meilleures ! La France était la force en qui l'ordre et la justice espéraient. Elle pouvait, comme nation victorieuse, choisir ses alliances parmi les gouvernements ; elle avait, à titre de nation catholique, des protégés parmi tous les peuples. Elle en avait en Russie jusque dans les neiges les plus perdues, elle en avait aux deux extrémités de la Prusse, elle en avait en Angleterre ; l'Italie tout entière était sous sa protec* tion. A l'intérieur, personne alors ne parlait des vieux partis.
L'Angleterre, humiliée en Crimée, inquiétée dans l'Inde et partout, sentait ce contraste, contemplait cette gloire et cette paix, songeait à l'avenir.
Tout à coup, un vieux parti| qui u'avait jamais bien disparu, il est Trai, se réveilla et se manifesta. Il ne se manifesta pas par un article de journal pbilippiste ou bourbonoien ou catholique, ni par un mandement d*évèque| mais par une effroyable tentative de régicide; c*est dire le nom de ce parti. Les assassins Tenaient d'Angleterre. On n'accuse pas TAngleterre de les avoir envoyés, mais enfin ils venaient de là, de Ttle des Saints du Protestantisme, et Vile en renfermait d'autres. Un cri s'éleva : Il faut vider le repaire! Ce fut le cri de la France; même, un journal du vieux parti clérical le prononça le premier. Cependant l'Angleterre ne voulut pas vider le repaire. Naples et Rome, souillées de Bourbons, de cardinaux, de prêtres, c'étaient là les repaires, disait-elle, qu'il fallait vider, comme depuis longtemps elle en pressait la France et l'Europe. Mais pour le repaire de Londres, le repaire d'assassins, les lois de l'Angleterre et l'honneur anglais exigeaient qu'on le respectât. La France insistait; il y avait lutte d'écrits, de discours, de notes diplomatiques. Au fond, il s'agissait d'autre chose, et le monde ne l'ignorait pas. Il s'agissait de savoir à qui serait l'influence directrice dans les affaires générales de Thumanité, plus rassemblée matériellement qu'elle ne le fut jamais; il s'agissait de savoir si la civilisation du dixneuvième siècle serait française ou anglaise; c'est-à-dire, avec l'esprit dont la France était en ce moment visiblement animée, si la civilisation serait catholique et monarchique, ou protestante et révolutionnaire.
Je crois que le poids et même le nombre des vœux n'étaient pas pour l'Angleterre, ni en France, oCi l'Angleterre a cependant son parti, ni dans le reste du monde, oh je ne conteste pas que l'Angleterre a aussi ses protégés, d'une autre espèce que les protégés français. Il ne semblait donc pas que le succès pût manquer A la France; elle avait d'ailleurs tout le temps et tous les moyens de soutenir le combat.
Le Piémont parut alors sur la scène. Était-il appelé? Gela
serait di£BciIe à comprendre. S'ofFrail-îl4ô lulHOiâaie? L'impertiaence ne lui manque pas, et touteEdis cette impertinence semblerait forte. Ëst^e qu*i] sut persuader qu'il^j^or tait norsecours? Autre problème di'une explication laborieuse. L'bislx>ire éclaircJura ces myjstèresy lorsque tous les aveux seront faits et qu'elle aura en main tous les papiers. Ge qui est certain, c est que le Piémont parut et que tout changea d'aspect. L'Angleterre fut soudaÎA proclamée une alliée solide; soudain la France et l'Autriche apprirent avec un égal étonnement qu'elles étaient ennonies.
Et bientôt l'épouvante £e répandit dans ie. monde catholique^ parce que Ion vit que laroyauté, c'est-àncUre l'indépendance dn chef de l'Église, n'était plus en sûreté.
Je ne puis m'en défendre : ce.Piémont, que l'on prend pour un ami et pour un renfort, me rappelle l'arrivée de6.Prussiens sur le champ de bataille de Waterloo, la droite de l'armée catholique dégarnie, et la bataille perdue.
Je ne l'ignore pas et je ne le conteste pas, une défaite de ce genre n'offire rien dont^ puisse alarmi^ le patiioUsmie ravalée imprévoyant de. nos contemporains. Pour un trop grnnd nombre d'entre eux, la patrie catholique n'existe plus, ou elle eat abjurée; ils sont insensibles à ses malheurs, incapables de comprendre comment ces malbeurs pourraient avoir d^ «uitœ dums ei funestes pour leurs mesquines prospérités. D'autres, aveuglés par lapréTœtion anticathdique, sont plus portés. à se réjouir qu'à s'afQig^r des avantages du Protestantisme. Point d'échec ^ur le drapeau, point de< perte de territoire, et tooi au contraire, «n nous laissant l'honneur entier de nos récentes mtoires, ies événements s'c^hemioent à nous dmn^ peui-étre l'Ue daâattlaigBe
et les mes du Rhio. Avec cela riDdépeodance « spirituelle » du Saint-Père assurée dans les domaines du roi d'Italie par les stipulations des diplomates et la parole d*honneur la plus sacrée du loyal et chrétien comte Cavour ! Combien d'esprits salueraient une telle défaite , dût le gain charger un peu la conscience y dussent l'Angleterre, la Prusse et la Russie y trouver leur compte, comme Garibaldi et nous I
Et néanmoins la bataille serait perdue; et néanmoins, même dans les conditions brillantes que je viens de poser, ce second Waterloo serait plus formidable que le premier. En décapitant l'Europe catholique, il atteindrait pleinement le résultat que les diplomates russes, 'anglais et prussiens de 1815, les diplomates protestants, avaient voulu préparer de loin, et que l'œuvre si généreuse et si politique de 1849 pouvait renverser à jamais.
Le premier Waterloo fut une catastrophe , le second serait un cataclysme.
Je ne veux pas essayer ici le tableau de cette destruction. Il n'y a plus rien à dire après tant de voix éloquentes qui se sont élevées depuis deux ans. La science sacrée, la science politique, la conscience, la raison ont parlé tour à tour. Ceux qui les ont entendues ont appris à aimer la justice et à croire que Dieu seul est puissant et éternel. Ceux qui leur ont fermé l'oreille entendront le tonnerre. Hélas ! ce qui fait l'angoisse de nos cœurs, à nous fils catholiques de la France, ce n'est pas la crainte que Dieu ne soit point vengé.