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LE TÉMOIGNAGE DE LA PRESSE

Je l’ai déjà fait dans une occasion, mais en vain ; mais les honorables députés de la province de Québec

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savent que toute la presse de leur province, à l’exception d’un journal, est opposée à cette loi des liqueurs. Tous les journaux déclarent que c’est une infraction aux droits provinciaux. La Minerve, qui est rédigée par l’honorable député d'Ottawa (M. Tassé), disait le 18 février :

Il est certain que les lords du comité judiciaire du Conseil privé ont déclaré dans leur dernier jugement qu’on avait mal interprété celui qu'ils avaient rendu dans la cause de Russell et qui a servi de base à la loi de 1883. Sir John A. Macdonald a déclaré à ce propos, au commencement de l4 présente session, qu’il avait été trop loin l’année dernière, en ajoutant que, du reste, il ne prétendait pas à l’infuillibilité en matière de droit constitutionnel.

La signification qui a été donnée l’année dernière au juge. ment rendu dans la cause de Russell était d'autant plus mal. heureuse, qu'elle sapait par la buse nos institutions provin. ciales, et que la loi nouvelle aurait pour résultat de faire perdre au gouvernement de Québec en particulier—gouvernement déjà si pauvre—un revenu d’une centaine de mille piastres, ainsi que l’a dit M. Robertson à Sherbrooke.

Dans ces conditions, il est heureux que le Conseil privé reconnaisse, ou qu'il s'était mal exprimé, ou qu'on a mal inter prété ses paroles. Cela nous permet de traitsr la loi de 1883 en conséquence,

Un autre journal de notre province, le Canadien, du ler mars, s'exprime ainsi:

Quand, par exemple, à propos de cette loi des licences— mesure d'empiètement incontestable—on en appelle à nos liens de parti, à notre sentiment d2 loyauté envers sir John, nous avons raison de répondre que notre lien le plus sacré est celui qui nous rattache à notre province, et que le manque de loyauté viendrait de ceux qui persisteraient à vouloir nous ravir nos droits.

L'acte des licences et le projet de franchise électorale— que depuis deux sessions sir John essaie d’imposer—indiquent avec trop de clarté le but vers lequel il tend pour qu'il soit possible à ceux qui sont opposés à l’union législative de garder plus longtemps le silence.

Je pourrais multiplier ces citations, mais celles-ci suffisent pour faire voir les tendances du parti conser-

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vateur dans la province de Québec. Je ne parle pas à mon propre parti. Je m'adresse aux honorables messieurs de l’autre côté, et je leur demande de défendre la constitution. En parlant comme je le fais, je ne veux pas passer pour faire de la politique de clocher. Je ne veux pas faire appel aux intérêts de localité, ni dans cette vccasion, ni dans aucune autre. Je ne fais pas appel à l’esprit de clocher quand je demande à mes collègues de la province de Québec de voter en faveur de la motion de l'honorable député de Maskinongé. (C’est

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