L'INTENTION DE FORMER UN PARTI CANADIEN- FRANÇAIS
indépendant de tout autre parti dans la Chambre, et ne reconnaissant d’autres intérêts que les intérêts de race.
Je proteste contre une telle assertion. Cette assertion n’est pas fondée, elle est faite dans le but de nuire et contraire à la vérité. La formation d’un tel parti scrait l’anéantissement des Canadiens-Français.
Aussitôt que les citoyens d’origine française, qui sont en minorité dans la Chambre et dans le pays, se seraient organisés en parti politique à part, ceux qui sont d’origine différente et qui sont en majorité feraient de même, et le résultat serait désastreux pour nous,
Ici, il n’y a qu'une façon de former des partis. ne peut et il ne doit y avoir en jeu que des questions de régie et d'administration dans le gouvernement de notre pays, et les Canadiens-Français, qui ont pri part au mouvement, n’ont jamais eu d’autres intentions que des’organiser sur la base des partis existants, et non autrement.
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Pour établir ce fait d’une manière péremptoire, jene puis mieux faire que de citer les paroles prononcées par l'honorable député de Hochelaga (M. Desjardins) à l’assemblée qui a eu lieu récemment à Longueuil. Je crois que c’est au mois de janvier qu'on a tenu cette assemblée. M. Benoît, le député de ce comté, y avait été invité, mais s'était abstenu d'y paraître, et le fait avait été le sujet de commentaires de la part deceux qui adressèrent la parole alors. Voici comment s’exprima M. Desjardins :
M. Bénoit a peut-être mieux fait de s'abstenir, car j'ai hésité moi-même, en lisant en tête de l'invitation que j'ai reçue les mots : Parti National. Si on entend par ces mots un autre parti que ceux qui existent déjà, je ne suis pas de ce parti ; mais si on comprend par là que les libéraux et les conservateurs doivent s'unir dans une même idée et présenter un front uni chaque fois que leurs intérêts nationaux sont en danger, Je suis de ce parti. Le mouvement actuel n’a pas pour but de faire échapper un criminel à la mort parce qu’il est canadien: français ; mais nous voulons que des deux coupables, Jackson et Riel, si l’un devait avoir la vie sauve, l’autre l’eût aussi, Nous ne voulons rien de plus ; quelle que soit notre force, nous désirons Ja justice pour tous.
Des cœurs froids ont dit que l’exécutivn de celui que ses amis regardaient comme un insensé, fût-elle injuste, ne justifiait pas cette explosion de sentiments dont Québec a été le théâtre lors de la mort de Riel. Je ne suis pas de cette opinion. A notre époque, au point de civilisation où nous sommes parverus,