A L'ASSEMBLÉE LÉGISLATIVE, QUÉBEC
Le vice de la dualité des mandats législatifs, aujourd'hui reconnu par les deux partis, n'avait alors frappé qu’un petit nombre d'esprits. Dès les premiers jours de la session de IST, l'honorable F, G. Marchand revenait à la charge et déposait un projet de loi décrétant l'abolition du double mandat. Cette proposition fut repoussée par une majorité de cinq voix seulement, sur le vote suivant : ;
Pour le maintien du double mandat:-Beaubien (commis: saire des Terres), Bellerose, Bellingham, Brigham, Cartier, Cauchon, Chauveau, De Beaujeu, Dorion, Dugas, Eddy, Fortin, Gendron, Gill, Gosselin, Houde, Irvine (solliciteur-général), Lalonde, Langevin, Lavallée, LeCavalier, Locke, Lynch, Malhiot, Méthot, Ouimet (procureur-général}, Peltier (de l'Assomption), Picard, Poupore, Robertson (trésorier), Robhitaille, Sawyer, Trudel et Verrault.—31.
Contre : — Bachand, Cassidy, Chapleau, Daizle, David, Esinhart, Fournier, Gér n, Hearn, Holton, Joly, Laberze, Lafontaine, Laframboise, Larochelle, LaRocque, LaRue. Tauier, Maillsux, Marchand, Moilaur, Pelletier (de Bellechasse ), Pozer, Rhéaume, Robert, Roy, Sanders, Sylvestre et Tremblay.—29.
Ce demi-éche?, qui m't le gouvernement à deux doigts de sa perte, se produisit à la suite d'un débat vigoureux, au cours duquel M. Laurier conquit de nouveau l'admiration générale par un discours “ remarquable par le fond et la forme ” et supérieur encore à sa harangue sur l'adresse, disait le lendemain l'Evénement, alors conservateur. C'est ce discours que nous allons reproduire,
MOXSIER L'ORATEUR,
La ligne de conduite adoptée par le gouvernement sur la question à l'ordre du jour justifie pleinement le reproche que je lui adressais naguère de n’oser pas aborder franchement la situation du pays.
Si je réitère aujourd'hui ce reproche, ce n’est pas que je sois mu par aucun sentiment d’hostilité contre le gouvernement, ce n’est pas non plus di veuille lui faire une opposition systématique et déloyale; noi, mais je ne saurais, je ne puis pee oublier que je forme ici partie du jury populaire et que sur chaque question qui se présente j'ai à rendre un verdict consciencieux sans acception de personne ou de parti.
Si je réitère aujourd’hui ce reproche, c’est qu’il m'est impossible d’être satisfait de la politique du gouvernement en cette occas ion, et je crois qu’il sera également impossible à quiconque voudra se placer au-dessus des considérations de parti, d’être satisfait de cette