N'AURAIT PAS COUTÉ CHER AU GOUVERNEMENT
et cependant elle a été refuste !
Laissez-moi vous citer une autre lettre du P. Audré, adressée à Sir John Macdonald lui-même, et datée du 10 juin 1883 :
Je vous écris dans le but d'attirer votre attention sur la position pénible, embarrassée où se trouveuc :es Métis Français des rives sud de la Saskatchewan. Suivans tre vieille coutume du Manitoba, ils ont taillé leurs lots sur un iargeur de dix chaines en front et deux milles en profondeur ; 1ls espéraient que le gouvernement suivrait la règle déjà établie et ferait arpenter ces terres en lots de dix chaines de front sur deux milles de profnndeur, On peut imaginer leur surprise lorsqu'ils virent qu’on avait divisé les terres, le long de la Saskatchewan, par carrés de quarante chaines, sans tenir compte de leurs justes réclamations et protestations. Quel est le résultat de cette division anormale. Nos Métis sont accablés de difficultés au sujet de leurs terres, et cette procédure va désormais semer la désunion et la discorde parmi notre population et va rendre le gouvernement odieux à leurs yeux, considérant qu'il se rend coupable d’une grave injustice à leur égard. Cet arpentage embrouille lamentablement les choses. Quelques-uns y perdent leur terre, qui se’ trouve englobée par leurs voisins ; les autres voient le fruit de leurs industrie et de leur travail gaspillé. On pourrait aisément mettre fin à ce malheureux état de choses en prêtant l'oreille à leurs réclamations. Et comment pouvez-vous refuser cela quand vous avez accordé une faveur analogue À Prince-Albert ? Toutes les terres le long des branches nord de la Saskatchewan ont été arpentées de cette manière, tout le monde a été satisfait, et l’on n'a pas entendu la moindre plainte au sujet de l'arpentage, Je ne puis comprendre, monsieur, pourquoi vos arpenteurs auraient deux méthodes différentes pour morceler le domaine public, l'une pour Prince-Albert, dix chaines de front sur deux milles de profondeur, que nous approuvons et réclamons comme un droit,voyant que vous l'avez accordée à Prince-
Albert ; l'autre qui consiste à fuire des carrés de.40 chaines sans prendre en considération la disposition de la rivière ni les limites actuelles des colons. Nous protestons solennelle. ment contre cette dernière méthode, et vous supplions hum. blement, monsieur, d'ordonner un nouvel arpentage et de valider ainsi notre requête. Déjà tout le peuple de cette colonie vous a adressé une pétition à ce sujet, mais la réponse qui leur a été faite sous votre direction n'est pas calculée pour leur inspirer l'espoir de vous voir redresser le tort dont ils se plaignent. Connaissant la situation difticile où se trouve notre population, j'ai résolu de tenter un nouvel effort qui, je l'espère, aura des résultats heureux, et j'ose espérer que vous vous ren. drez à leur juste demande, et que pas plus tard que l'été pro: chain vous ordonnerez un nouvel arpentage des terres sur la branche sud de la Saskatchewan. En dannant votre généreux concours à cette affaire, vous ferez un acte «de justice envers notre population et lui rendrez un service pour lequel elle vous sera éternellement reconnaissante, J'ai l'honneur d'être, monsieur, votre humble serviteur, PÈRE AND É, Supérieur de St Laurent, TN. U, Grondin P, 0, Au très honorable Str Jonx À. MacboxaAL», Ministre de l'Intérieur, Ottawa.
Voilà l’une des pétitions envoyées par les Métis. Vous admettrez qu’elle est conçue dans les termes les plus courtois, dans le langage le plus sensé, et qu'elle ts les faits de la manière la plus positive. Cependant,